FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL.
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météorologiques. Les yeux sans cesse vers le ciel, ils (levaient j ersuivre le cours de toutes les planètes, rechercher les comètes, MÉMOIRE,observer les étoiles, épier tous les phénomènes astrono-miques et physiques qui pouvaient avoir lieu, rendre comptede l’état et de la température de l’atmosphère, des variationsdes vents, et des mouvemens de l’aiguille aimantée pendantle cours de la journée. En un mot, je voulais que dansl’Observatoire royal, devenu le temple d’Uranie, le feusacré, comme dans le temple de Vesta, brûlât sans cesse.
Toutes les parties de l’astronomie devant être ainsi menéesde front, et toutes les observations possibles devant êtrefaites sans interruption , il ne pouvait qu’en résulter, pourla science, la plus riche collection qui eût encore été ras-semblée; et pour les astronomes dispersés, l’avantage pré-cieux de retrouver là le complément des observations quileur auraient échappé, et de se procurer un point de compa-raison ou de vérification pour celles qu’ils auraient faites deleur côté.
Je me proposais encore d’établir à l’Observatoire une écoled’astronomie pratique, où les marins et les personnes quise destinaient à des voyages lointains, pussent venir se formerà la pratique des observations, ce dont la géographie eût tiréles plus grands fruits. Enfin, je désirais y faire le dépôt et lelieu d’épreuve des montres marines et des boussoles (i).
Tel fut l’ensemble des projets que je présentai au Gouver-nement en 1784 : mais les diverses parties qu’il renfermaitne regardaient point alors le même département. Il fallut
(1) Toutes ces diflérentes vues furent l’objet de plusieurs Mémoires présentésaux divers ministres qui se succédaient. Tous accueillaient d’abord mes demandes,mais finissaient par n’y donner aucune suite. Deux seulement m’ont secondé detout leur pouvoir; je ne pourrai jamais assez rendre à leur mémoire l’hommagede ma reconnaissance, ni faire trop connaître ce que je leur dois.
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