FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL.
outils furent disposés pour la construction du quart de iercercle de 7 pieds et demi de rayon, instrument important, à MÉMOIRE,l’exécution duquel tendaient tous nos efforts. Sa composition,sa suspension devaient être d’un genre absolument nouveau.
Pour éviter les défauts résultans de la multitude de pièces etd’assemblages employés dans la fabrication des instrumensordinaires, nous avions adopté l’idée de fondre et de couler lacarcasse en cuivre d’un seul morceau, d’un seul jet. Par cemoyen, plus devis, plus d’assemblages, parfaite homogénéitéde la matière , et dans toutes les parties solidité extrême, quin’aurait point exclu la légèreté, puisqu’elle aurait permis dediminuer infiniment, l’étendue des surfaces , d’oii devaientrésulter de grands avantages relativement à la dilatation et auchangement de figure de l’instrument.
L’entreprise était hardie, la réussite douteuse ; et si l’onéchouait, la dépense devenait plus considérable (1). Mais, ilfaut en convenir , ce n’est pas avec de la timidité et uneétroite économie qu’on obtient des succès dans les arts. D’ail-leurs , les grands essais, lors même qu’ils ne réussissent pasaussi complètement qu’on s’y est attendu, manquent rarementde procurer quelque connaissance nouvelle, quelque perfec-tionnement utile qui dédommage au moins en partie celuiqui a tout osé. C’est ce que je fis sentir au ministre, en luiproposant l’établissement à l’Observatoire d’une fonderie quidevait être le complètement de notre atelier. Il y donna sonagrément, et se chargea même d’engager le directeur desbâtimeus à ne pas différer d’ordonner la construction desfourneaux nécessaires. M. d’Angivillers ne montrait pas moinsde bonnes dispositions que M. de Breteuil à seconder nos
(1) Sans doute : mais, dans la supposition contraire, on devait gagner les deuxtiers sur la main-d’œuvre et plus encore sur le tems.