4 ETABLISSEMENTS ET TRAVAUX
jer Le cours d'observations une fois mis en activité, je ne
MÉMOIRE, lardai pas à m’occuper de la fabrication de mes nouveauxinstrumens , et de l’établissement de l’atelier (i). Parmi lesartistes de la capitale , il en était plus d’un cpie j’aurais désiréattirer à l’Observatoire et mettre à la tète de mes travaux;mais ils se refusaient à abandonner une maison de commerce,mi état fait, pour se livrer à une nouvelle entreprise. Unjeune homme se présenta, il avait déjà donné des preuvesd’un talent plus qu’ordinaire; il y joignait le zèle et l’activiténécessaires au succès d’un nouvel établissement. C’étaitl’homme qu’il me fallait, et je n’hésitais à le prendre cjueparce que je n’étais pas aussi sùr de la tenue de scs bonnesdispositions que je l’étais de sa capacité. Plus le ministrem’honorait de sa confiance et m’assurait de son acquiesce-ment à tout ce que je voudrais entreprendre, plus ma délica-tesse s’effrayait de la responsabilité. Je ne me déterminaidonc en faveur du jeune artiste qu’avec le cautionnementd’un de mes confrères qui était son protecteur. Je lis mêmepart au ministre de cette précaution dont je me sus bon grépar la suite.
Notre première opération fut de préparer tous les grandsmoyens d’exécution. Deux marbres, l’im de 7 pieds et demide surface carrée, l’autre de 4 > après avoir été taillés, dresséset polis à la manière des glaces, furent assis sur une fortevoûte dans la tour occidentale de l'Observatoire, au milieude l’atelier, où ils étaient destinés à la vérification du plandes grands instrumens. Trois règles d’acier corroyé, de 8 piedsde longueur, furent travaillées et usées pendant plusieursmois l’une sur l’autre, pour obtenir une parfaite ligne droiteet servir au tracé des rayons et des divisions. Tous les grands
(1) Les travaux y commencèrent le 9 avril 1785,