3o 'ETABLISSEME NS ET TRAVAUX
jer voulussent pas les souffrir; mais, comme il me laissait entre-MÉMOIRE. voir la possibilité de lever par la suite cet obstacle, je pris unautre parti, celui de placer d’abord mes apprentis à Londres ,dans l’atelier d’un assez bon artiste, nommé Adams, d’originefrançaise, faisant des affaires avec Paris , et qui ne répugnaitpoint à recevoir des ouvriers français . De là, après s’êtrefamiliarisés avec la langue et les mœurs anglaises, mes jeunesgens devaient passer chez les frères Strougton, les plus habilesde Londres après Ramsden , chez qui ils finiraient par seprésenter, et seraient reçus d’autant plus facilement, qu’ilsseraient alors déjà connus parmi les ouvriers anglais , qu’ilsparleraient la langue du pays, et se trouveraient plus exercésau travail et à la manière anglaise. Je résolus préliminaire-ment de disposer à ce voyage deux jeunes gens chez qui jereconnaîtrais les dispositions requises; je devais, dans lecours d’une année, leur faire apprendre l’anglais , leur fairedonner des leçons de dessin, de géométrie et d’astronomiepratique; leur procurer enfin toutes les instructions prélimi-naires capables de les tirer de la classe des ouvriers ordinaires,et de les élever à celle d’artistes dignes d’être les élèves d’ungrand maître tel que M. Ramsden. Le sieur Hautpoix, jeunehomme plein de zèle et de bonne volonté, ayant même destalens déjà éprouvés dans la construction des instrumensd’astronomie, vint s’offrir. C’était déjà se montrer digne demon choix, que de sentir tout le prix du cours d’instructionque je voulais lui procurer, et d’apprécier l’avantage certainqu’il devait en tirer en tout état de choses. Je le présentai auministre, qui m’autorisa à lui donner les maîtres nécessaires ,et à chercher encore un sujet pareil et propre à remplir nosvues. Je désirais trouver quelque fils cl’artiste auquel, aprèsune année d’instruction préliminaire, j’aurais dit comme ausieur Hautpoix : Partez pour l’Angleterre, on vous paiera