FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. 29
rience de M. Herschell pour vaincre les difficultés de l'assem-blage et des mouvemens des pièces d’un télescope d'une aussigrande dimension.
Nous partîmes de Slough avec le regret de n’avoir eu ni letems ni le loisir d’examiner dans un plus grand détail desobjets aussi intéressans. Nous aurions sur-tout été fort curieuxde pénétrer dans l’atelier de M. Herschell, de voir la manièredont il montait et travaillait ses grands miroirs, d’en con-naître la composition ; mais la discrétion nous fut commandéepar la reconnaissance. En effet, il n’est point d’accueil plusgracieux que celui que nous reçûmes de cet homme célèbre,dont les talens, l’honnêteté et la modestie méritent le respectet l’admiration de tous ceux qui ont occasion de le connaître.
E11 repassant à Londres , je convins avec M. Ramsdenqu’aussitùt mon retour en France je lui ferais une demandeofficielle de tous les instrumens que je désirais avoir pourl'Observatoire. Arrivé à Paris au mois de décembre 1787, jene tardai point à voir le ministre et à lui rendre compte dema mission. Ayant réussi à lui communiquer l’enthousiasmeque m’avaient inspiré les ouvrages de M. Ramsden, je par-vins aisément à lui faire adopter mes idées, et je le décidaià commander en Angleterre deux instrumens capitaux. J’eusordre d’écrire aussitôt à' M. Ramsden , et dès les premiersjours de janvier 1788, je lui demandai de la part du Gouver-nement, pour l'Observatoire royal, une lunette des passageset un quart de cercle mural de huit pieds de rayon, tournantcomme celui du duc de Marlborpugh (r). La réponse deM. Ramsden lut telle que je pouvais la désirer. 11 hésitaitseulement sur la proposition que je lui faisais d’envoyer dansson atelier deux Français , dans la crainte que ses ouvriers ne
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MÉMOIRE
(1) Voyez Le lire h M. Ramsden, et sa répons»; Pièces justificatives, ÎS° L I