FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. 33
lui inspirer la même confiance que celle dont j’avais joui sous j erson prédécesseur ? Ces pensées s’offraient naturellement à MÉMOIRE,moi et m’inspiraient une juste inquiétude.
La perte de M. le baron de Breteuil a été, j’ose le dire, uncoup funeste pour les sciences et pour les arts ; ce coup eût étébeaucoup plus senti et mieux apprécié, si celui dont ils furentfrappés dès l’année suivante, par la révolution de 1789, n’eùtété plus fatal encore, et même mortel. A cette époque oii l’onjugeait les opinions vraies ou supposées d’un homme plutôt quesa conduite, M. de Breteuil fut traité avec une extrême rigueurpar plusieurs de ceux dont il avait droit d’attendre plus d’indul-gence ; j’osai alors le défendre au péril de partager sa défaveur.
Je fais plus aujourd’hui, je le loue. En rappelant ce qu’il a faitpour les ciences, pour les savans, pour les artistes, pour l’Aca démie (1), j’appelle sur lui les éloges et la reconnaissance de tousles hommes justes et impartiaux; et reconnaissant ce qu’il afait de bon et de louable pendant son ministère, je dirai quedans cette foule de ministres qui, depuis le commencementdu règne de Louis XV jusqu’à ce jour, se sont si rapidementsuccédés, il n’en est aucun qui ait accordé une protectionplus franche et plus active aux arts et aux talens; il les amieux servis que beaucoup d’autres, dont ils avaient droit detout attendre, et qui n’ont rien fait pour eux ; il a donc plusde mérite qu’aucun d’eux, et doit en recueillir plus de gloire.
On peut juger de l’embarras où je me trouvai au milieudes entreprises commencées et non terminées dont j’ignoraisle sort futur. Heureusement je n’avais fait aucun pas, aucunedémarche, sans une autorisation par écrit du ministre ; mescomptes et ma gestion étaient tellement en règle, cpie par lasuite la haine révolutionnaire n’a pu, malgré ses recherches,
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{1) Voyez le troisième Mémoire _