1 er
MÉMOIRE.
34 ETABLISSEMENS ET TRAVAUX
y trouver aucune prise. L’exposé que je fis au successeur deM. le baron de Breteuil de l’état des choses, lut reçu dansune première audience comme je m’y étais attendu, c’est-à-dire avec beaucoup de témoignage d’intérêt, de bonne volontéet d’assurance de protection. Mais bientôt, dans les entretienssuivans, j’entendis mettre en avant ce prétexte ancien et banalde réforme, d’économie, sous lequel on avait jadis si long-temps écarté les sollicitations de mon père et les miennes.Enfin il me fut prescrit de ne plus aller en avant sur tout cequi n’était point consommé. En conséquence, l’envoi desapprentis en Angleterre, leur instruction préliminaire, lesprojets de travaux à l’atelier et à la fonderie de l’Observatoire,tout fut ajourné indéfiniment. Ce qu’il y avait de plus embar-rassant et de plus affligeant pour moi, c’était l’arrivée dumalheureux ouvrier anglais qui, sur ma parole, avait quittésa verrerie, et qui 11e trouva plus rien de ce qu’011 lui avaitpromis en dédommagement. J’eus infiniment de peine àobtenir une indemnité pour les frais de son voyage. Je trem-blais pour la demande des instrumens faits en Angleterre :j’eus cependant la consolation de la voir, non-seulementadoptée par le nouveau ministre , mais même confirmée parune délivrance de fonds qu’il me chargea de faire passer àcompte à M. Ramsden. Ce succès avait remonté mon courage.On se croit un moment heureux, lorsqu’ayant craint de toutperdre 011 peut sauver quelque chose. En adressant ces fonds,je crus que la lunette des passages allait enfin arriver, et jeme consolais dans l’espérance de jouir bientôt d’un instrumentplus parfait qu’aucun de ceux que j’avais eus jusqu’alors entreles mains, et qui allait donner à mes observations et à cellesde mes élèves une précision digne de nos peines et de nosveilles. 11 y avait déjà six mois que M. le baron de Breteuilavait écrit à M. le marquis de la Luzerne, ambassadeur de