DE L’OBSERVATOIRE ROYAL.
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servatoire fût aussi propre à remplir sa destination qu’il aurait nedû l’être. Sa distribution avait été l’ouvrage d’un architecte MÉMOIRE,plutôt que d’un astronome (1). Dominique Cassini , sur lesplans qui lui avaient été communiqués en Italie , l’avait fortimprouvé. En arrivant en France , il la trouva encore plusdéfectueuse $ mais il n’était plus tems : le batiment était déjàélevé au premier étage, il fallut continuer comme on avaitcommencé. Aussi, lorsqu’en 1 ■ÿ 3 1 il fut question de faireconstruire un quart de cercle mural de six pieds de rayon, ilne se trouva aucun lieu, dans tout le grand bâtiment, oùil prit être placé (2) ; il fallut donc faire bâtir exprès un cabinetextérieur et attenant à la tour orientale. (Voy. Planche F"llet Vexplication. ) On eut le même embarras en 1742 pourplacer le quart de cercle mobile de six pieds 5 un secondcabinet fut ajouté au premier pour ce nouvel instrument.
Enfin, plusieurs années après, on joignit en avant du pre-mier cabinet une petite tourelle à toit tournant pour l’obser-vation des hauteurs correspondantes, qu’on ne pouvait fairedans le grand bâtiment sans traîner l’instrument d’une fenêtreà l’autre. Ce fut dans ces trois petits cabinets que se firent
(1) Il faut en convenir, un architecte, principalement occupé, dans ses con-ceptions, de beau style , de grandes masses, d’accord et d’harmonie dans lesproportions, a bien de la peine à se plier à des convenances , à des commoditésparticulières, et à des demandes qui rompent ses lignes, détruisent son ensembleet blessent l’œil du spectateur. II suffisait à Perrault d’avoir imposé à la façadeet à la masse de l’Observatoire ce caractère grave et grandiose convenable à sadestination; c’était-là le cachet que son génie était jaloux d'y imprimer ; c’était cequi devait frapper et flatter l’œil du curieux , du voyageur. Du reste , peu lui im-portait que l’astronome put y observer un peu plus ou un peu moins commodé-ment. Beaucoup de ses confrères auraient pensé de même.
(2) Des murs de six pieds d’épaisseur et des voûtes fermées ne permettaientpas de se procurer une ouverture par laquelle on pût découvrir le méridiendepuis l’horizon jusqu’au zénith, ce qui était indispensable pour un mural.