divisée en 180 parallélogrammes égaux ou carrés longs de y*4o,ooo toises de largeur sur 2^,000 toises de hauteur, formant MÉMOIRE,chacun une carte séparée. L’atlas général de la France devaitdonc être composé de 180 feuilles grand-aigle, avec uneéchelle d’une ligne pour 100 toises. Mais, comme vers lesfrontières et les côtes il devait se trouver beaucoup de vicie,on pouvait estimer à 160 feuilles pleines la superficie à lever.
Un ingénieur ne pouvait guère faire par au plus d’une demi-planche, de sorte qu’en portant à 3o le nombre des employéson devait obtenir i5 planches à la fin de chaque année; il nefallait donc que dix à onze ans pour avoir la description entièrede la France . Estimant actuellement à 4000 livres les frais delevée et de vérification de chaque feuille, a 900 liv. la gravureduplan, et à 3oo livres celle de la lettre, la totalité de l’ouvragedevait monter à la somme de 83a,000 livres, sans compterles frais d’administration, d’impression, les achats d’iustru-mens et autres dépenses accidentelles et imprévues; le Gou-vernement, d’après ce devis, eut donc à compter sur unemise de fonds en avant de 90,000 livres annuelles pendantdix ans. Il n’en fut point effrayé, et cette destination de fondsfut ordonnée. Qu’était-ce en effet qu’une si petite dépensepour une entreprise qui devait être si utile aux différentesbranches d’administration (1) d’un grand Etat? Hâtons-nousmême de faire observer qu’il n’était question ici que d’unprêt, d’une avance, que le produit de l’ouvrage devait unjour rembourser avec usure. C’est ce qui sera évidemmentprouvé ci-après.
A la vérité, il en fut de ce premier devis comme de tous
(1) Combien noire carte, par sa précision et ses détails, a-t-elle été précieusepour le tracé des routes et la direction des canaux, pour le mouvement destroupes, pour des projets d’administration de toute espèce.'