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EXECUTION
V e de petits triangles appuyés sur les grands , mesurer des angles,MÉMOIRE, calculer des côtés, réduire les distances des objets à la méri-dienne et à la perpendiculaire, en un mot, faire en petit lesopérations qui avaient eu lieu pour les grands triangles etpour le canevas de l’ouvrage. Nos ingénieurs devaient doncjoindre à la pratique une théorie suffisante. La partie scien-tifique n’était quelquefois pas celle qui les arrêtait davantage ;plusieurs avaient encore de la peine à se former un coup-d’œil prompt et juste, capable de saisir l’ensemble des détailstopographiques 5 il s’habituaient difficilement il en réduirel’esquisse dans un cadre déterminé. Mon père fut obligéd’employer beaucoup de tems et de soins pour former lespremiers ingénieurs , les mettre en état d’opérer avec sûreté,et les amener au point de pouvoir en dresser d’autres à leurtour. O11 se doute bien que les premiers essais de ces novicesfurent plus d’une fois dans le cas d’être recommencés. Leserreurs dans les opérations géométriques se reconnaissaientfacilement ; elles se vérifiaient par elles-mêmes et au moyendes côtés des grands triangles sur lesquels elles s’appuyaient :mais il n’en était pas ainsi des oublis et des fausses configurationsdans les détails topographiques ; cet objet exigeait un renvoide vérificateurs qui fut suivi plus d’une fois d’une levée toutenouvelle. Ces inconvéniens eurent particulièrement lieu dansles commencemens de l’ouvrage , lorsque les ingénieursn’avaient point encore acquis une expérience suffisante ;l’envie de précipiter l’exécution de l’entreprise avait aussifait admettre des coopérateurs trop peu exercés.
Au premier coup-d’œil jeté sur l'ensemble de l’entreprise,sur les moyens, le tems et les frais nécessaires à son exécu-tion, on avait aperçu que la totalité de la superficie de laFrance , coupée du nord au sud par 20 perpendiculaires auméridien, et de l’est à l’ouest par 1 3 parallèles, se trouverait