bon et le médiocre, et ne préfèrent que le meilleur marché!
Je vais en citer un exemple frappant et qu’on aura peut-être MÉMOIREpeine à croire.
Lorsqu’en 1790 on eut arrêté le projet de détruire toutesles anciennes subdivisions de provinces, de généralités, depays d’États, pour faire une nouvelle division de la Fiance en départemens, il était a croire que notre carte généraleserait la première et même la seule à laquelle le comité dedivision aurait recours pour une opération de cette impor-tance : point du tout. La plupart des membres qui compo-saient ce comité étaient si peu instruits en géographie, qu’ilsignoraient les travaux que l’on avait faits depuis un sièclepour la description du royaume, et ne connaissaient pasnotre atlas. Ils allèrent d’abord se fournir de toutes les vieillescartes de leurs provinces qu’ils purent trouver chez les petitsmarchands, dont quelques-uns eurent enfin la bonne foi deleur dire que ce qu’ils avaient de mieux à faire était deprendre les cartes de l’Observatoire. Ce fut alors qu’ils mefirent l’honneur de venir s’adresser à moi, et de m’avouer quenos cartes leur paraissaient supérieures à celles qu’ils avaienttrouvées sur les quais et chez les marchands d’estampes. Dès-lors il fut décidé que ce grand travail de la division nouvelleserait exécuté sur notre atlas (i)j et j’ose dire qu’il eût étéimpossible sans lui de venir à bout de cette opération. C’estce qui fut authentiquement reconnu en 1790, et plus entiè-rement oublié en 1793, comme on le verra ci-après.
L’on voit donc que notre ouvrage n’a jamais été connucomme il devait l’être, sur-tout dans les commenceinens. Iln’aurait pu être généralement répandu qu’après son entièreexécution. La connaissance qu’en avaient prise les députés
(i) Cela fut même décrété par l'Assemblée nationale.
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