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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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DE LA CARTE DE FRANCE . 119

toute la gestion, et ayant reconnu que l’état de gêne de la yecompagnie ne venait absolument que du défaut d’acquit des MÉMOIREpayemens et engagemens sur lesquels elle avait du compter,ainsi que de la lenteur d’un débit fort au-dessous de ce qu’onl’avait estimé 5 S. M. résolut de venir au secours d’une entre-prise qu’elle affectionnait particulièrement, et qui, à mesurequelle avançait, procurait de nouveaux avantages aux diffé-rentes branches d’administration du royaume. Les bureauxde la guerre, des intendans, des ponts et chaussées, tousconvenaient de l’utilité dont leur était la nouvelle carte dela France; M. de Trudaine , se déclarant un de nos plus zéléspartisans, proposa au Roi qu’a raison de cette utilité univer-selle toutes les généralités du royaume contribuassent pourune somme totale de 1 56 ,000 livres, qui serait partagéeentr’elles proportionnellement à leur étendue. Plusieurs paysd’États avaient été volontairement les premiers à donnerl’exemple de cette contribution aux travaux de la carte deFrance ; il parut juste que les généralités le suivissent. Cettesomme de 1 56 ,000 livres, à prendre sur les excédens de capi-tations , et payable en quatre années, était bien peu de chosepour les généralités ; c’était meme un faible secours pour uneentreprise qui aurait exigé une mise en avant de 80,000 livrespar an, si elle eut été menée comme elle aurait du l’être;mais, en nous assurant des rentrées fixes, elle nous donnaitles moyens de nous relever et d'attendre les ressources dudébit et du retour des créances arriérées.

Ce nouveau secours fut donc pour la carte de France unevéritable régénération. L’ouvrage fut repris avec une nou-velle activité, qui l’aurait bientôt amené à sa fin, si elle eûtpu se soutenir, et si une espèce de fatalité, attachée à toutesles mesures que l’on prenait, n’en eût fréquemment détruitles effets.