Buch 
Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
Entstehung
Seite
177
JPEG-Download
 

JUSTIFICATIVES.

177

un pays et dans un lieu capables d’en connaître le prix, dignes de lesposséder. J’ai osé en assurer M. le baron de Brcteuil, mais, comme ilsait le grand nombre des demandes qui vous sont faites, il a imaginéun moyen de vous mettre en état de le satisfaire plus tôt et d’accélérerla construction de nos instrumens. Il vous propose d’envoyer chez vousdeux ouvriers français qui seraient sans cesse occupés à travailler sousvos yeux, sous votre direction, aux instrumens de l’Observatoire royal,et qui prendraient en même tems les leçons précieuses d’un si grandmaître.

Le premier instrument dont nous sommes le plus pressés est cettegrande lunette méridienne que vous avez bien voulu me promettre pourle mois d’août prochain (1). Le second serait un grand quart de cerclemural de 8 pieds français de rayon, monté, comme celui de M. leduc de Marlborough, sur un châssis tournant ; et en place du contre-poids, je vous proposerais d’appliquer de l’autre côté du châssis uncercle entier. Cette réunion des deux instrumens serait très-curieusepar la comparaison qu’elle offrirait entre le cercle et le quart de cercle;je la crois digne d’aiguillonner votre génie.

J’attends, Monsieur, votre réponse avec la plus vive impatience :i° Pouvez-vous, d’ici à environ deux années, livrer pour l’Observa-toire royal de Paris la lunette méridienne, le quart de cercle muralet le cercle ci-dessus mentionnés ? 2 0 Permettez-vous que le Gouverne-ment envoie chez vous deux artistes entretenus à ses frais pour prendredes leçons d’un art que vous possédez au suprême degré, et qu’ils seferont gloire d’avoir appris de vous? Vous voudrez bien joindre àvotre réponse l’aperçu, à quelques mille livres près, de la valeur deces instrumens, et demander telles avances et conditions qu’il vousplaira.

J’ai l’honneur d’être , etc.

Signé } Cassini.

Le 6 janvier 1788,

(1) Promise pour le mois d’août 1788, elle n’est arrivée à Paris que seizeannées après , en 1804.