JUSTIFICATIVES.
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trouvait sans filets , sans stries, et non gélatineuse; il rendait le reste.Actuellement, je 11e sais par quelle fatalité on 11e peut plus trouverdans les plus grandes masses de matière un seul bon morceau. C’estce qui fait le désespoir des opticiens, même anglais , qui en font unvif reproche à leurs manufactures de verre et aux manufacturiers, quisans doute ont changé ou la forme de leurs fourneaux, ou leur mani-pulation , ou les matières premières. Or, voilà ce qu’il s’agit deretrouver. Etes-vous en état de le faire ? vous rendrez un grand serviceeux sciences, vous mériterez beaucoup de votre patrie, et vous ferez,à coup sûr, une grande fortune.
Je suppose que dans ce moment-ci, sans avoir le secret de com-poser le flintz-glass tel que nous le désirons , vous ayez celui de fairede très-beau verre d’Angleterre qui est un objet actuel de commerceconsidérable ; vous aurez un avantage encore très-réel à venir enFrance , où nous n’avons qu’une manufacture de ce genre qui com-mence à imiter le verre anglais , et vous aurez une grande supérioritésur des gens qui n’en sont encore qu’aux essais. 11 vous sera facile detrouver des actionnaires qui vous mettront en état de lever unemanufacture , et le Gouvernement ne pourra voir qu’avec intérêt laconcurrence et la rivalité qui s’établira entre vous et les autres.L’avantage que vous avez d’avoir été élevé et d’avoir fait votre appren-tissage dans la belle manufacture de., vous donnera sans doute
des moyens supérieurs et vous attirera la vogue et le débit. C’est alorsque vous vous trouverez plus en état, sans nuire à vos associés, defaire des essais particuliers et des recherches pour découvrir laméthode fixe de faire ce beau flintz-glass que les grands manufacturierspeuvent seuls trouver et trouveraient s’ils voulaient s’en occuper ets’en donner la peine.
J’ai voulu m’étendre un peu et raisonner avec vous sur cet impor-tante matière. C’est à vous , d’après cela , à calculer vos forces, vosmoyens, et a déterminer le parti que vous avez à prendre : en rentrantdans le sein de votre patrie, vous ne pouvez qu’y être bien reçu; yvenant avec des talens , vous ne pouvez qu’y être encouragé, protégé ;y obtenant des succès dans votre art , vous êtes sur d’y être récom-pensé. Quant à moi, je serai toujours prêt à vous rendre les services