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PIÈCES§ I".
Fondation de VObservatoire ; ce qu’il a été depuis 1671jusqu’en 1785.
Le ci-devant Observatoire royal de Paris a été fondé parLouis XIV , sous le règne duquel ont été élevés tant d’utiles etsuperbes monumens. Le plan de l’édifice et de l’établissement engénéral fut grandement conçu ; on se proposait de réunir dans lemême lieu tout ce qui avait rapport aux sciences ; l’Académie devaity tenir ses séances. L’immense édifice actuellement subsistant, dis-tribué en longues galeries et en vastes salles d’une élévation consi-dérable , était destiné seulement aux observations astronomiques, et àservir de dépôt à toutes les machines et au modèles de mécaniquesprésentés à l’Académie ; au-dessous de la terrasse qui règne devant lafaçade méridionale du bâtiment, on avait commencé à construire desfourneaux et des laboratoires de chimie ; enfin, tout autour du terrainoù l’Observatoire est situé, on se proposait de bâtir des logemensparticuliers pour tous les astronomes de l’Académie et les autres savansattachés à l’établissement projeté.
Mais une partie de ce qui devait être ne fut point. En effet, la tenuedes assemblées de l’Académie des Sciences dans un lieu aussi éloignédu centre de la capitale , ne pouvait guère avoir lieu ; le mélange desobjets d’astronomie, de mécanique, de chimie, n’eût causé que gêneet confusion; enfin, le rassemblement de tous les astronomes obser-vant dans le même lieu avec les mêmes instrumens, eût peut-être étéplus nuisible qu’utile aux progrès de l’astronomie. Ces réflexions,sans doute, jointes à d’autres circonstances, firent changer le premierprojet; il 11’y eut d’exécuté que le principal édifice où l’on se réduisità rassembler les instrumens d’astronomie et quelques observateurs.Mais le bâtiment n’ayant été construit que pour des salles d’observa-tions , on eut de la difficulté à y pratiquer un petit nombre de loge-mens commodes pour les astronomes de l’Académie , qui nom jamaispu y être réunis qu’au nombre de trois ou quatre en même tems.Disons de plus, pour ne rien taire de la vérité, que le bâtiment n’avait