JUSTIFICATIVES.
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guère mieux été distribué relativement à son véritable usage, celui desobservations astronomiques.
Il paraît que l'architecte, qui avait présidé à l’ordonnance et à ladistribution de l’Observatoire, n’avait qu’une faible notion de la pra-tique des observations, et qu’il avait fort peu consulté les astronomessur les commodités qu’il devait leur procurer. 11 crut sans doute avoirtout fait pour l’astronomie en lui bâtissant un vaste édifice fort, élevé,d’une belle masse et d’un style d’architecture sage, sévère et convenableau genre de la science ; mais ce n’était rien de tout cela qu’il fallait. Lahauteur et l’étendue de l’édifice n’étaient qu’un inconvénient d’autantplus considérable que, dans quelqu’endroit que l’on pût se placer, lamasse du bâtiment dérobait à la vue la plus grande partie du ciel. Amoins de monter et de rester en plein air sur la plate-forme, on nepouvaitsuivre le cours d’un astre élevé depuis son lever jusqu’à son cou-cher ; et, pour observer au levant ou au couchant, il fallait lansporterun instrument d’un bout â l’autre du bâtiment; déplus, les voûtes mas-sives, qui couvraient toutes les salles , ne permettaient de découvrir leméridien depuis le zénith jusqu’à l’horizon, dans aucun endroit del’Observatoire ; enfin, ce qui paraîtra fort singulier, on n’avait pasménagé une seule place d’où l’on pût prendre des hauteurs correspon-dantes sans déranger considérablement l’instrument.
Quoi qu’il en soit, l’Observatoire, avec tous ces défauts, servit telqu’il était jusque vers 1730, où les progrès et l’état de l’astronomiepratique, exigeant des instrumens plus exacts et autrement disposésqu’ils ne pouvaient l’être dans le grand bâtiment, 011 fut enfin obligéde faire construire extérieurement un petit cabinet auquel, par lasuite, on en a joint plusieurs autres qui, insensiblement, ont formé unnouvel Observatoire infiniment plus commode que l’ancien, dont lebâtiment dès-lors fut négligé, et, se dégradant de jour en jour, n’aplus été que de très-peu d’utilité à l'astronomie. L’administration desbàlimens s’obstinant même depuis long-tems à ne faire aucune desréparations nécessaires à l’entretien et à la conservation de l’édifice,les eaux insensiblement pénétrèrent toutes les voûtes et les détério-rèrent au point que les pierres se détachant et tombant de tous côtés,la plus grande partie de l’édifice devint inhabitable.