ï 9 o PIÈCES
viendrais à remeure l'Observatoire de Paris sur un pied convenable etde niveau avec les premiers Observatoires de l’Europe ; mais j’osaimême faire le projet d’y former un établissement qui rendît son utilitésupérieure à celle de tout autre de ce genre.
J’avais entrepris depuis plusieurs années de rassembler les observa-tions faites à l’Observatoire dans le cours d’un siècle , à dater de i G-ÿ i,et dont la plus grande partie n’avait été ni publiée, ni calculée. Cetrat ail, dans ses immenses détails, inc donna lieu de reconnaître toutce qui avait manqué à l’établissement et ce que j’avais à faire pour enformer un aussi utile qu’il pouvait l’être à l’astronomie. Les fautes deceux qui nous ont précédés doivent être pour nous l’instruction la plusprécieuse.
Le premier reproche que je trouvai à faire à l’ancien établissementfut de m’avoir laissé dans le cas d’entreprendre l’ouvrage que je pro-jetais, et qui eut dû se trouver tout exécuté, si annuellement on eûteu soin d’extraire des registres de l’Observatoire toutes les observa-tions susceptibles de quelque usage, et qu’on les eût publiées (i) ;je pensai ensuite qu’il ne suÜisait pas de donner ces observations pureset simples, mais qu’il fallait en même tems les réduire, les calculer eten présenter les principaux résultats ; sans quoi toutes ces grandescollections d’observations ( à l’exception des plus rares et des plusimportantes ) courent risque de rester long-tems oubliées et inutiles,parce qu’il se trouve rarement des astronomes qui se livrent à l’ennuiet au dégoût de calculer les observations d’autrui (2). Je remarquai
(1) Pourquoi, me dira-t-011 , vos ancêtres ne l’ont-ils pas fait? La réponse estsimple : Parce qu’ils n’en ont pas eu les moyens. Un tel ouvrage demande descoopérateurs et des frais , soit de rédaction , soit d’impression ; or, on se rappel-lera qu’il n’y avait aucun fonds affecté à l’Observatoire , ni pour cet objet, nipour d’autres plus essentiels encore.
(2) Ajoutons que celui qui a fait les observations est aussi celui qui est le pluspropre îi les calculer; étant le seul qui puisse bien connaître les circonstancesqui les ont accompagnées . il sait mieux que tout autre faire le choix de celles quisont le plus digues de confiance : d ailleurs , le premier calcul de l’observateuroffre toujours une vérification bien avantageuse pour quiconque , par la suite ,veut calculer et employer les mômes observations.