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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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PIÈCES

§ III.

Moyens de procurer à V Observatoire toute l utilité dont il estsusceptible relativement à lastronomie et à linstruction pu-blique.

Je ne crois pas quil reste à ajouter beaucoup de choses au nouvelétablissement relativement à lastronomie : tant que lactivité des élèveset la surveillance du directeur seront maintenus, tant, que la nationsecondera leur zèle en procurant toujours à lObservatoire nationalles instrumens les plus parfaits, on peut être sûr que la pratique delastronomie ne pourra guère être mieux cultivée nulle part ailleurs (i);

(i) Je lai déjà fait sentir plus haut, lavantage de notre établissement sur tousles autres de ce genre tient à cette réunion de trois observateurs au directeur, quimet celui-ci dans le cas de pouvoir toujours entretenir une grande activité et unegrande suite dans les observations. Lexemple des cent années qui ont précédéle nouvel établissement nous prouve que lorsquil ny avait à lObservatoireaucun chef, lorsque plusieurs académiciens réunis y observaient chacun commeils le voulaient, sans être assujétis à aucun plan, les observations ont été peunombreuses, souvent incomplètes, fréquemment interrompues; et je mets enfait que si lon veut comparer les derniers registres aux anciens, on trouvera plusdobservations faites pendant les sept années du nouvel établissement que pendantvingt des années précédentes. Mais dira-t-on, peut-être, anciennement, sanstant dobservations, lastronomie a fait des progrès rapides et lon a fait des décou-vertes; mais depuis votre établissement en a-t-on fait une seule? Aucune, jolavoue ; et jajouterai, ce qui peut-être étonnera bien des personnes, que ce ne sontpoint du tout les découvertes présentes qui ont été le véritable but, ni lobjet prin-cipal de rétablissement. Expliquons ceci. Les arts et les sciences, au sortir doleur berceau, ont, comme les corps physiques, une adolescence, une jeunesse,pendant laquelle ils prennent un grand accroissement et font les progrès les plusrapides ; mais , parvenus à une certaine maturité , ce nest plus quimperceptible-ment et par des pas insensibles quils atteignent leur dernier degré délévation.Cest alors quil faut des efforts bien plus grands quauparavant pour produire deseffets beaucoup moindres et sur-tout bien moins brillans. Lastronomie est parti-culièrement dans ce cas. Lorsque le ciel nétait encore, pour ainsi dire, quà moitiédébrouillé, lorsque les théories nétaient québaucliées, lorsquil nétait questionfie déterminer les mouvemens des planètes quà la précision de quelques minutes,