200
PIÈCES
§ III.
Moyens de procurer à V Observatoire toute l utilité dont il estsusceptible relativement à l’astronomie et à l’instruction pu-blique.
Je ne crois pas qu’il reste à ajouter beaucoup de choses au nouvelétablissement relativement à l’astronomie : tant que l’activité des élèveset la surveillance du directeur seront maintenus, tant, que la nationsecondera leur zèle en procurant toujours à l’Observatoire nationalles instrumens les plus parfaits, on peut être sûr que la pratique del’astronomie ne pourra guère être mieux cultivée nulle part ailleurs (i);
(i) Je l’ai déjà fait sentir plus haut, l’avantage de notre établissement sur tousles autres de ce genre tient à cette réunion de trois observateurs au directeur, quimet celui-ci dans le cas de pouvoir toujours entretenir une grande activité et unegrande suite dans les observations. L’exemple des cent années qui ont précédéle nouvel établissement nous prouve que lorsqu’il n’y avait à l’Observatoireaucun chef, lorsque plusieurs académiciens réunis y observaient chacun commeils le voulaient, sans être assujétis à aucun plan, les observations ont été peunombreuses, souvent incomplètes, fréquemment interrompues; et je mets enfait que si l’on veut comparer les derniers registres aux anciens, on trouvera plusd’observations faites pendant les sept années du nouvel établissement que pendantvingt des années précédentes. Mais dira-t-on, peut-être, anciennement, sanstant d’observations, l’astronomie a fait des progrès rapides et l’on a fait des décou-vertes; mais depuis votre établissement en a-t-on fait une seule? Aucune, jol’avoue ; et j’ajouterai, ce qui peut-être étonnera bien des personnes, que ce ne sontpoint du tout les découvertes présentes qui ont été le véritable but, ni l’objet prin-cipal de rétablissement. Expliquons ceci. Les arts et les sciences, au sortir doleur berceau, ont, comme les corps physiques, une adolescence, une jeunesse,pendant laquelle ils prennent un grand accroissement et font les progrès les plusrapides ; mais , parvenus à une certaine maturité , ce n’est plus qu’imperceptible-ment et par des pas insensibles qu’ils atteignent leur dernier degré d’élévation.C’est alors qu’il faut des efforts bien plus grands qu’auparavant pour produire deseffets beaucoup moindres et sur-tout bien moins brillans. L’astronomie est parti-culièrement dans ce cas. Lorsque le ciel n’était encore, pour ainsi dire, qu’à moitiédébrouillé, lorsque les théories n’étaient qu’ébaucliées, lorsqu’il n’était questionfie déterminer les mouvemens des planètes qu’à la précision de quelques minutes,