JUSTIFICATIVES.
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mais ce qui est entièrement à faire, c’est de le rendre plus directementutile à la marine, à la navigation, et de le lier avec l’instruction pu-blique.
Il y a déjà long-tems que j’avais désiré établir une correspondanceactive entre l’Observatoire de Paris et les principaux ports du royaume,sur-tout depuis l’invention et le succès des horloges marines qui ontrendu si simple et si facile la solution du problème des longitudes.Ne devrait-il pas être établi que toute horloge marine, commandée parle Gouvernement pour l’usage des vaisseaux de haut bord , seraexaminée et mise pendant un certain tems en expérience à l’Obser-vatoire pour y être jugée avant d’être achetée par le ministre et envoyéedans les ports ? Le directeur en délivrant son certificat serait tenu d’yannexerle tableau de la marche de la machine pendant toute l’épreuve ;et sur le plus ou le moins de régularité reconnue de ses mouyemens,elle serait acceptée nu refusée.
Il ne serait pas moins avantageux qu’un certain nombre déboussolésdestinées pour les ditlérens vaisseaux et répandues dans les principauxports, fussent également mises en expérience et comparées aux pareilsinstrumens qui sont.à l’Observatoire pour établir leur conformité ouleur différence, ce qui assurerait la justesse des observations ultérieures
chaque observation nouvelle procurait un nouveau résultat, une nouvellecorrection , une espèce de découverte. Le ciel était un champ fertile où l’onétait toujours sùr de trouver quelque chose à moissonner, c’était un pays neuf oùl’on faisait à chaque pas une découverte. Mais aujourd’hui il n’en est plus demême : les grandes découvertes sont faites, tout est connu; les théories sonttellement perfectionnées qu’il faut plus de tems , de recherches , de travaux etpeut-être de génie pour corriger de quelques secondes un élément quelconque,qu’il n’en a fallu pour la première détermination de ce même élément. Les obser-vations anciennes se trouvent même actuellement, dans bien des cas , trop peudélicates pour nous servir de bases , de sorte qu’il s’agit d’en rassembler de plusparfaites en nombre assez grand et pendant un tems assez long pour nous procurerune masse des matériaux les plus excellens , les mieux choisis. Jusqu’ici, nousn’avions construit pour ainsi dire qu’avec de la pierre, c’est du marbre aujour-d'hui qu’il nous faut. Or l’on voit présentement le vrai but de notre établisse-ment, et l’on conviendra que si dans le moment il ne procure pas des découvertes,Ü aura bien concouru à celles qui se feront par la suite.
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