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hasard, elle le portait à ne faire, pour ainsi dire, aucun cas deses propres talens et de ses connaissances, qu’il s’étudiait àcacher aux autres, qu’il voulait ignorer lui-mème. Ce caractèredistinctif de l’académicien dont nous faisons l’éloge, va setrouver justifié par des faits, qui, dans le cours d’une viepleine, mais trop tôt interrompue, ne nous donneront quel'embarras du choix.
Le jeune Bocliart avait à peine deux ans lorsque son pèremourut. La mère la plus vertueuse, la plus tendre et enmême tems la plus éclairée, après avoir prodigué ses soinsaux premières années de son enfance, eut le bon esprit deconfier sa jeunesse et la direction de son éducation à son beau-frere Elie Bocliart, chanoine de Notre-Dame et conseillerclerc à la Grand’Chambrc. Ce magistrat jouissait dans soncorps de la plus haute considération, tant pour ses talens quepour son exacte probité. 11 sentit toute l'importance du dépôtremis enii - c scs mains. 11 connut tout ce qu il. avait a fairepour remplir ses engagemens envers une mère et envers lepublic; car l’une devait lui redemander un fils digne de satendresse, et l’autre un magistrat qui lui rappelât les vertuset les talens de ses ancêtres.
Ces litres et ces professions héréditaires, avouons-le, avaientalors un avantage bien réel, celui d’inspirer une vive émula-tion , un noble orgueil, et pour ainsi dire un esprit de famille,dont chaque génération nouvelle se sentant animée, cherchaità surpasser ou du moins à égaler en mérite et en gloire cellequi l’avait précédée. D’ailleurs l’héritier d’un beau nom,celuiqui, dès sa naissance, était appelé à un honorable emploi,recevait dès le berceau toutes les impressions, toutes lesimpulsions conformes a sa destinée. Sans cesse entouré degrands exemples, nourri de bons préceptes, instruit desdevoirs qu’il devait remplir un jour, encouragé par la faveur