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GALVANOPLASTIE.

GALVANOPLASTIE.

dessinés. S’il y a des parties où les traits soient moinsnombreux que dans d’autres, on doit les abriter du con-tact de l’acide pendant un certain temps, afin d’obtenirde runiformité dans les creux ; on peut obtenir le mêmerésultat en recourbant la plaque négative, de manière à1 éloigner des parties de la plaque à graver que l’onveut épargner. En employant comme pôle négatif uneverge ou un fil en cuivre, qu'on présente en face des dif-férentes parties de la plaque, on peut foncer les ombreset dégrader les teintes à volonté.

Avec ce mode de gravure, on obtient donc de grandsavantages qui peuvent se résumer ainsi : on évite lesexhalaisons nitreuses qui se dégagent dans le procédéordinaire ; 2® l’action est plus uniforme qu’avec l’acide :3® les creux viennent plus rapidement et avec une plusgrande perfection, et on peut leur donner n’importequelle profondeur ; 4° les traits sont d’une grftnde net-teté ; 5° il ne se dégage aucune bulle de gaz, tandis quedans le procédé ordinaire des bulles nombreuses ad-hèrent au métal et amènent une inégalité d’action. Lesgraveurs apprécieront parfaitement tous ces avan-tages.

M. Spencer conseille de procéder, de la manière sui-vante, qui, pour le résultat et la manière d’opérer, nediffère pas d’ailleurs essentiellement de la méthode pré-cédente, mais qui a l'avantage de permettre de graversur une planche d’acier, parce que la planche ne trempepas dans le sulfate de cuivre. Nous copions unè lettre dece savant physicien au docteur Mohpde Coblentz :

« Lorsqu’une planche en métal doit être gravée àl’eau-forte par voie galvanique, on commence par lacouvrir en entier avec une couche légère de vernis, puison décalque et on trace le dessin à la pointe, de ma-nière à bien découvrir sur tous les traits la surface na-turelle du métal. Dans ce cas, le mode d’opérer est ab-solument le même que celui qu'on met en nsageordinairement pour la gravure à l’eau-forte. Mais ar-rivé à ce point, on fixe un fil à la planche qu’on faitcommuniquer avec l’extrémité positive d’une batterie,ou avec un seul couple voltaïque, puis on complète eton ferme le circuit de la manière suivante t

« Soit A (fig. \ 067) le couple électromoteur composé

4067,

d’une tige de zinc Z et d’un cylindre ou vase de cuivreK, rempli en partie avec de l’acide sulfurique étendu.Soit en outre la caisse B, divisée en deux cellules parune cloison poreuse tn, consistant en une vessie, du fortpapier ou de l’argile cuite.* Dans la cellule 2 on suspendla planche préparée P et sur laquelle on veut mordre,dans une solution faible de sel commun, et on la met encommunication par un fil avec l’élément cuivre ducouple électromoteur. Dans la cellule 1 on suspend uneplaque Q de cnivu*e nu dans une dissolution de sulfate decuivre, et on la met en communication avec l’élémentzinc dudit couple.

« Aussitôt que le circuit est fermé, il se dégage de l’oxy-gène sur la plaque P, tandis que celle Q donne de l’hy-drogène ; et cela, en quantités proportionnelles à l’hydro-

gène qui apparaît en K, et à l’oxygène qui se combineavec le zinc Z. L’oxygène qui se combine avec P rendle métal soluble dans l’acide, et il en résulte un creuse-ment à la surface de la planche ; l’hydrogène de Q ré-duit une quantité correspondante d’oxyde de cuivredans la cellule 1, et réduit autant de métal 6ur Q qu’ilen a dissous sur P, en supposant toutefois que P soitune planche en cuivre ; car s’il en était autrement, laquantité de cuivre déposée sur Q, serait un équivalentde celle du métal enlevé par l’acide à la planche P.

a On fait marcher l’opération jusqu’à ce que les traitsdu dessin soient suffisamment profonds ; et en établis-sant avec exactitude la distance et l’angle suivant les-quels les plaques en regard se présentent, on peut ré-gler à volonté la profondeur de ces traits, et même lamodifier localement, comme lorsque, dans un paysage,par exemple, le premier plan a besoin d’être plus coloréque les plans postérieurs. De même, lorsque les coups deforce, quand il s’agit d’une rosette, d’une étoile, d’uneétiquette, ont besoin de ressortir sur un fond moins coloré, on peut, par un rapprochement local et par la position des plaques en regard, amener ce résultat de lamauière la plus certaine. En un mot, il n’y a pas dorapport possible qu’on ne puisse déterminer par l’obser-vation attentive de ce principe, et par des manipulationsfort simples. »

§ 10. Galvanographie,

La galvanographie a été imaginée par le profes-seur Kobell de Munich . Elle consiste à reproduireavec du cuivre précipité, par voie galvanique, desdessins, des images au pinceau dans le genre du la-vis ou de l’aqua-tinte, exécutés sur une plaque d’argentou de cuivre, de manière à constituer des planches decuivre qui servent à multiplier les images, comme sielles eussent été gravées, et dont on peut tirer desépreuves nombreuses.

a II était aisé de prévoir, dit M. Kobell, que si onparvenait à rendre conductrice une surface vernie, onformerait ainsi une couche cuivreuse d’une grande fidé-lité ; mais les méthodes usitées pour peindre et vernirdes surfaces unies, et dans lesquelles on fait usage desubstances grasses ou résineuses, s’opposaient à ce qu’onpût obtenir des couleurs ou des vernis conducteurs, eton conçoit qu'il n’est guère possible d’étendre au pin-ceau, sur ces surfaces, une couche de graphite ou d’au-tre substance analogue, sans détruire les demi-teinteset les nuances les plus délicates des images.

« J’ai donc cherché, sans ce moyen, à recouvrir decuivre une image peinte sur argent ; j’ai pensé que c’é-tait uniquement une question de temps que de recouvrirde cuivre les parties non conductrices, interrompues etentourées par celles qui le sont.

« L’expérience a répondu à mon attente. »

Voici comment M. Kobell conseille d’opérer dans sonouvrage sur la galvanographie. L’image est tracée aupinceau avec une couleur encaustique dont l’excipientconsiste en une solution de cire et d’un peu de résinede Damara dans l’essence de térébenthine, sur une pla-que de cuivre doublée d’argent et, polie, de telle façonque les places blanches du métal produisent les plusforts effets de lumière, et que les couches les plus char-gées et les plus épaisses en constituent les ombres.

M. le prince de Leuchtenberg, qui s’occupe aussi avecsuccès de galvanographie, a substitué à la résine de Da-mara de la gomme laque ordinaire, et la couleur qu’ilemploie est l’oxyde rouge de fer, ou colcothar obtenupar la calcination du sous-sulfate de ce métal.

La couleur qu’on travaille avec une dissolution decire brute ne doit recevoir que la quantité d’excipientnécessaire, pour qu’après sa dessiccation elle paraissemate, mais adhère fortement à l’argent. Lorsque l’i-mage doit avoir des ombres très intenses, les points où