GARANCE.
GARANTIE.
elles ne chargent pas les blancs comme cette dernière,et le blanchiment des étoffes garancées devient alorspresque nul.
Les nuances obtenues par la garancine sont plusbrillantes et plus vives que celles fournies par la ga-rance ; cependant toutes les garancines ne donnent pasles mêmes nuances avec la même richesse et le mêmeéclat.
M. Léonard Schwartz de Mulhausen a pris un brevetde 1 o ans, en 18 lo, pour la fabrication d’une garancinepréparée avec les résidus de garance qui a déjà servià la teinture; ce produit qu’il a nommé garanceux, estbeaucoup moins riche en principe colorant que lesbonnes garancines ordinaires, il a à peu près la mêmevaleur tinctoriale que les garances, et son prix d’achatest de 2 fr. 25 c. le kilogr.
M. Steiner a pris aussi la même année un brevet enAngleterre, pour la préparation de la garancine avecles résidus de garance ; son procédé a une grande ana-logie avec celui de M. Schwartz, voici du reste com-ment il opère : En dehors des bâtiments où se trouventles cuves de teinture on établit un grand filtre en creu-sant un trou dans la terre et en garnissant cette ca-vité, au fond et sur les parois, de briques sans mortierpour les unir. Sur les briques du fond on met une cer-taine quantité de pierres et de graviers, et sur ces der-niers on pose une grosse toile à voile. Au dessous dufond en brique on a disposé un canal qui sert à évacuerles eaux de filtration. Près du filtre, se trouve dans untonneau de l’acide sulfurique étendu d’eau et d’unpoids spécifique de 405, cdlui de l’eau étant 4 00.
Des cuves de teinture, la garance est dirigée, par unconduit, dans le filtre, tandis qu’en même temps on verseune certaine quantité de l’acide étendu, dans le mêmeconduit : la garance se colore alors en jaune orange, etl’acide précipite la matière colorante qui était dissouteet l’empêche de fermenter. Une fois que le filtre a séparéles liquides des matières en suspension, on enlève cesdernières pour les mettre dans des sacs qui sont ensuitepressés entre les plateaux d’une presse hydraulique.Ces sacs perdent par cette pression une quantité d’eauégale à la moitié et quelquefois aux deux tiers de leurpoids. Le résidu retiré des sacs est brisé, puis tamisé, età cette matière, qu’on met dans une cuve en bois doubléede plomb, on ajoute le cinquième de son poids d’acidesulfurique à 6ܰ qu’on répand uniformément sur lagarance à l’aide d’un arrosoir en plomb. On brasse lemélange : quand le contact a été bien établi, on retirela garance pour la mettre dans une autre cuve sur undouble-fond en plomb percé de trous ; sous le faux-fondon introduit un courant de vapeur qui traverse ce faux-fond et imprègne la matière.
Pendant ce travail qui dure deux heures au plus, ilse forme une substance brune qui est composée d’unmélange de garancine et de matières organiques car-bonisées. Ce te substance est alors étendue sur le soloù elle ss refroidit, après quoi on la jette sur un filtreou on l'épuise par l’eau froide jusqu’à ce que l’eau delavage ne soit plus acide. Remise en sacs et pressée denouveau, cette garancine est séchée à l’étuve et réduiteen poudre, puis passée au tamis.
Pour la neutraliser complètement, M. Steiner ajouteà cette substance la vingt-cinquieme partie de son poidsde carbonate de soude sec qu’on y mélange le plus inti-mement possible. C’est à cet état qu’on emploie cettegarancine.
Le produit commercial connu sous le nom de colorine est le résidu de la distillation des teintures alcoo-liques provenant du traitement du charbon sulfuriquepar l’alcool. Le résidu qui est de l’alizarine mêlée d’unpeu de matières grasses est retiré de l’alambic pourêtre délayé dans l’eau, puis pressé dans le but d’enéliminer la matière grasse; cela fait on le dessèche et
on le réduit en poudre; la poudre qu’on obtient C3tjaune d’ocre, elle est saus odeur ni saveur marquées etpossède toutes les propriétés chimiques de l’alizarine.
MM. Pariset, Gastard et Fauquet de Rouen furentles premiers qui firent l’application en teinture de lacolonne; mais l’emploi véritablement manufacturierde ce produit est dû à MM. Girardin et Grelley. Cettenouvelle matière colorante portera, sans aucun doute, .une grande simplification dans l’industrie des indiennes,et accélérera surtout les procédés d’impressions.
La colorine de ces messieurs se vend à Rouen 40 fr.le kilogramme.
Comme tous les produits commerciaux dont le prixest élevé, les garances sont l’objet d’une foule de frau-des qu’il est bon de signaler. Tantôt on mélange à lapoudre de garance des substances minérales, telles quela brique pilée, l’ocre rouge et jaune, le sable et l’ar-gile jaunâtre; tantôt, au contraire, c’est avec des sub-stances végétales qu’on altère les garances, et on asoin de choisir celles dont la couleur se rapproche de lanuance de cette racine. On emploie souvent de lasciure de bois, des coques d’amandes, du son, del’écorce de pin, du bois d’acajou, du bois de santal, etc.Ces poudres étrangères non seulement diminuent d’au-tant la valeur des produits tinctoriaux, mais encoreabsorbent de la matière colorante, aussi nuisent-ellesbeaucoup plus à la teinture que les matières minérales.
Pour reconnaître l’adultération des garances, on estobligé d’essayer ces matières. Notre but n’est pas icid’entrer dans les détails des procédés chimiques em-ployés pour reconnaître ces fraudes et faire l’essai desgarances; nous nous contenterons de renvoyer noslecteurs aux procédés très simples dus à M. Girardin,et qui se trouvent décrits dans la Technologie de lagarance, mémoire dont nous avons déjà parlé.
GARANTIE. Les matières d’or et d'argent, sousauelque forme qu’elles paraissent dans le commerce,doivent porter l’empreinte de leur titre, c’est-à-dire dela quantité proportionnelle de fin qu’elles renferment,c’est ce qu’on nomme la garantie , parce qu’en effet cetteempreinte est dans la circulation le signe de reconnais-sance, le gage de la fabrication qui garantit les droitsentre l’acheteur et le vendeur.
La matière est brute ou fabriquée : brute, elle estprésentée en lingots sur lesquels on inscrit avec un poin-çon le nom de l’essayeur ou des essayeurs, car l’ache-teur et le vendeur emploient le plus souvent chacunleur essayeur, pour faire vérifier la teneur en argent ouen or fin. Si les essayeurs, qui sont des officiers de com-merce, ne sont pas d’accord entre eux, on peut avoirrecours à un essayeur de la garantie, qui est un officierde l’administration; et enfin, dans le cas où les partiesne s’en rapporteraient pas à ce dernier, l’administra-tion des monnaies est appelée à juger en dernier res-sort, en faisant faire l’essai dans les laboratoires : toute-fois elle n’intervient que pour contrôler les opérationsdes essayeurs de la garantie, qui sont des agents soussa dépendance, et non celles des essayeurs du commerce,qui exercent une profession libre, et qui ne sont soumisqu’à obtenir préalablement un brevet de capacité. Lamatière fabriquée constitue les monnaies et les objetsd'orfèvrerie ou de bijouterie , et doit toujours être soumise, avant là mise en circulation, à une garantie lé-gale, et ne peut donc, par conséquent, être contrôléeque par les seuls agents de l’administration, par lesessayeurs de garantie. Les titres voulus par la loi, ainsique la manière de procéder aux essais des matières d’oret d’argent, ayant été indiqués avec détails à l’articleessai, nous n’y reviendrons pas ici, et nous rappelle-rons seulement que la garantie est régie par la loi du49 brumaire an vi.
GAUDE ( angl . weld, ail , wau). Plante herbacée quicroît naturellement dans toute l’Europe , mais particu-