Aussi ce mélange ajouté à des os neufs ou des débrisanimaux donne-t-il, par une calcination en vases clos,un excellent charbon animal
C* résidu s’emploie également pour la préparationdu phosphore, et, comme nous l’avons dit, en parlantdes engrais, son emploi est très convenable pour fer-tiliser le sol, surtout dans la culture des céréales.
La dissolution gélatineuse fournie par ce procédépeut renfermer jùsqu’à 40 grammes de gélatine parlitre, on l’évapore rapidement dans des chaudières peuprofondes en ayant soin de ne pas trop élever la tem-pérature; le degré de concentration une fois assez éle-vé , on laisse déposer et on met en moules, on diviseet on sèche comme par l’antre procédé.
Quant à la graisse qui s’écoule des cylindres et quivient se figer à la surface de la dissolution de gélatine,elle peut remplacer le beurre comme aliment et lamoelle de bœuf dans la confection des pommades.
Il nous reste à parler encore de la préparation de lagélatine alimentaire.
Gélatine alimentaire. Ce fut immédiatement après ladécouverte de son nouveau procédé d’extraction, queM. d’Arcet appliqua à la nourriture de l’homme lagélatine extraite des os par le moyen de l’acide hy-droclilorique ; mais le prix élevé auquel se vendaitalors cette matière empêcha son emploi pour cet usage.C’est ce qui conduisit ce chimiste distingué à re-prendre les expériences de Papin, et ce qui l’amenaà imaginer l’appareil dont on fait encore usage au-jourd’hui.
L’expérience ayant appris qu’il fallait au moinsquatre jours pour extraire, à l’aide de la vapeur à faibletension, la matière animale que renferment les os lors-qu’on tient à l’avoir de bonne qualité, M. d’Arcet com-posa son appareil de quatre vases d’égale capacité, entout semblables à celui dont nous avons donné la des-cription et le dessin précédemment.
Les os s’épuisant en quatre jours de travail continu,on conçoit qu’en chargeant d’os un cylindre chaquejour, et en recevant dans un même vase, à chaque ti-rage, les liqueurs qui s’écouleront en ouvrant à la foisles robinets de vidange des 4 cylindres, on arrivera àobtenir un ordre de travail régulier au bout du qua-trième jour de marche et le service de l’appareil con-sistera simplement alors à remplir chaque jour un pa-nier d’os concassés, à ouvrir le cylindre où les os sontrestés quatre jours exposés à l’action de la vapeur, à euretirer le panier en toile métallique chargé d’os épuisésqu’on remplacera par des os neufs préparés d’avance, àremettre ensuite ce panier dans le cylindre en fontedont on referme alors l’entrée après* avoir toutefois re-mis le tuyau d’injection d’eau froide qui doit augmenterla condensation. Cela fait, on laisse de nouveau arriver lavapeur en même temps qu’onou\re le robinet d’eau froideet celui de vidange. Pendant les deux premières heures,la graisse seule s’écoule ; on la recueille à part.
Quant à la dissolution gélatineuse, qui sort après, onla porte immédiatement dans un endroit frais.
Dans la préparation de la gélatine alimentaire, lesos de bœuf sont seuls employés, il faut qu'ils soientpropres et frais. Les os de veau, de porc et de mouton,mêlés aux précédents, nuisent à l’aspect ou à l’odeur dubouillon.
On a soin d’enlever, avant de les concasser, tout cequi adhère aux os, car les cartilages, la peau, etc.,troubleraient la dissolution de gélatine.
On doit obtenir 90J litres de dissolution pour 60kilogr. d’os traités pendant 24 heures dans un des cy-lindres. La préparation de ces 900 litres de bouillonexige 144 kilogr. de houille.
La dissolution gélatineuse obtenue pour la confec-tion des bouillons doit contenir 10 à 12 grammes degélatine par litre, elle doit en outre être sans saveur
ni odeur quand les appareils sont propres et construitsen métaux salubres. M. d’Arcet a conseillé pour la conserver de l’acidifier légèrement avec du vinaigre oumieux de l’acide citrique ou tartrique, ce qui en mêmetemps faci ite sa prise en gelée quand on la concentredavantage.
La graisse recueillie an commencement d’une opéra*tion est fondue avec des oignons coupés eu tranchesminces et qu’on y fait frire; puis une fois toute l’eaupartie, on ajoute une croûte de pain grillé qui enlèvel’odeur : elle est alors de bonne qualité.
A Reims , pour préparer 400 litres de bouillon doviande au moyen de la dissolution de gélatine telle qu’onl’obtient au sortir de l’appareil de M. d’Arcet, on em-ploie :
Dissolution gélatineuse. 400 litres.
Viande avec ses os.20 kilogr.
Carottes épluchées. . . 10
Porreaux épluchés. 5
Navets. 2,5
Céleri. 0.5
Sel. 8,0
4 clous de girofle.
Quelques carottes roussies.
On met toutes ces matières dans une marmite d’unecapacité de 450 litres et on les chauffe pendant 5 heures.On obtiendrait nn excellent bouillon si, au lien d’em-ployer seulement 5 p. 100 de viande, on en employait
25 p. 100.
La préparation des légumes au gras se fait en cuisantpendant 2 heures, dans une marmite :
Pommes de terre.100 kilogr.
Eau, sel, herbes.42
Graisse d’os.6
Pour donner à ces légumes les qualités de ceux cuits
an bouillon, on remplace l’ean par la dissolution géla-tineuse : on emploie volumes égaux de dissolution et delégumes.
Le bouillon de gélatine obtenu, la soupe se prépareen prenant :
Bouillon. 0,566 kilogr.
Pour une portion, . . . 0,642
A Reims , la ration revient à moins de 6 centimes, etsi on retranche le prix de la viande, à 5 centimes seu-lement.
Quand on veut préparer de la gelée, on fait subirquelques changements à la marche de l’opération.
Le cylindre chargé d’os neufs est enveloppé d’une«ouverture de laine, l’injection d’eau froide est suspen-due et le robinet de vidange n’est ouvert que d’heureeu heure, sans lui permettre toutefois de laisser échap-per de la vapeur.
On obtient, à l’aide de ces précautions une dissolutionplus concentrée qui peut se prendre en gehe et qu’onclarifie avec des blancs d’œufs battus; on acidifie lasolution, comme nous l’avons déjà dit, avec un peu d’a-cide citrique.
La moyenne de onze années de travail de l’appareilde l’hôpital Saint-Louis a donné les résultats suivants,pour le rendement de 100 kilogr. d’os secs.
Graisse.7,216
Résidu osseux pouvant servir à la fa-brication du noir animal. . . . 64,580
100,000
Les os employés renferment en moyenne 30 p. 100de gélatine et 10 p. 100 de graisse ; on voit combien àl’aide de cet appareil on est près d’arriver à la limite.