GRUE.
GRUE.
phares, des ports, etc., et en général de tous les travauxqui exigent l’emploi de lourds matériaux. Dans ce cas,la grue a une grande hauteur pour éviter son remplace-ment à mesure que la construction s’élève.
Daus ces derniers temps, elle a été mise de côté, etl’on a employé de préférence un système que nous de-vons décrire ici. On l'emploie particulièrement -dans laconstruction des ponts; il se compose d’un chariot com-posé de deux fermes verticales en charpente, servantde support à un plancher solide situé à un niveftu supé-rieur à la plus grande hauteur de la construction àétablir. Ce chariot est mobile dans un sens longitudinal,sur un chemin de fer ; il repose sur des galets ou sur desroues de waggon. Le plancher supérieur qui est de la lar-geur de la construction, est garni d’un petit chemin defor dont l’axe est perpendiculaire à l'axe longitudinalsur lequel marche le chariot principal. Sur ce plancheret sur ce chemin de fer repose un treuil mobile qui sertà élever le» matériaux, en sorte que ceux-ci peuventêtre portés à l’aide de cet appareil à tous les points dela construction, soit dans le sens longitudinal, soit dansle sens transversal. On voit donc que ce système estdestiné à élever les fardeaux et à les transporter d’unpoint à un autre. U remplirait donc une partie des con-ditions qui rentrent dans la définition de la grue ; maisil en diffère essentiellement en ce qu’il n’est pas com-posé d’une charpeme en porte-à-faux pouvant tournerautour d’un axe central. Nous avons décrit cet appareilparce qu’il a généralement remplacé les grues, depuisquelques années, daus la construction des ouvragesd’art.
Quelque variées que soient les dispositions desgrues, on peut, d’une manière générale, les diviser endeux classes principales, savoir : 1° les grues à simplevolée; 2° les grues à double volée.
Grues à simple volée. Tous les systèmes de grues àsimple volée peuvent être ramenés à trois genres, quisont les sufvants :
-1” Grues à arbre tournant sur pivot et sur tourillonsupérieur ;
2° Grues à arbre tournant sur pivot inférieur et dansun collier;
3° Grues à arbre fixe.
L’énoncé seul de ces trois genres suffit pour en fairecomprendre la disposition. Nous les décrirons succincte-ment :
I. — Les parties essentielles d’une grue de premiergenre, sont : l°un arbre vertical qui tourne sur un pivotdont la crapaudine est fixée dans un dé en pierre ; à lapartie supérieure, cet arbre porte un tourillon tournantdans un support fixé, soit à une poutre, soit à un mur :
2“ Un ou deux tirants perpendiculaires ou inclinés àl’arbre et solidement assemblés avec lui ;
3° Un ou deux bras assemblés d’un côté avec les ti-rants, et de l’autre, soit directement avec l’arbre, soitau moyen d’un système de pièces fixé solidement àl’arbre.
Le fardeau à soulever s’attache h une corde qui passesur la poulie de tête et vient s’enrouler, sur un treuil,qui est à double ou à simple engrenage, suivant les far-deaux que l’on a à soulever.
Nous ferons remarquer ici que dans ce genre de grue,comme dans tous les autres, l’arbre, les tirants et lesbras doivent former un triangle invariable.
Ce premier genre de grue est simple et généralementemployé lorsque l’on peut se procurer un point d’appuisupérieur.
II. —Les grues du deuxième genre ont une partie deleur arbre logée dans une espèce de puits réservé dansun massif de maçonnerie, le pivot de l’arbre tourne dansune crapaudine scellée dans la maçonnerie, le dessus dupuits est couronné par une forte plaque à collier en fonte^baissée intérieurement et scellée solidement sur le mas-
sif ; à la hauteur du collier, l’arbre de la grue porte unmanchon alésé extérieurement. Ce manchon est placésur l’arbre concentriquement avec le collier de la pla-que de fonte; des galets cylindriques, dont les axes sontmaintenus par deux cercles en fer placés dans l’espacequi se trouve entre la plaque et le manchon, diminuentle frottement qui aurait lieu par suite de la rotation dumanchon sur les colliers.
Ce genre de grue est principalement employé sur lesquais, dans les entrepôts et magasins et généralementpartout où l’on ne peut avoir un point d’appui supérieur.On peut étudier à l’entrepôt du Marais, à Paris , unesérie de grues de différentes constructions. Nous avonspensé qu’il convenait de donner un dessin de grue de cesystème, parce, qu'il est le plus fréquemment employé(fig. 4127j. L’examen seul de la figure suffit pour fairecomprendre comment fonctionne cet appareil.
III.— Les grues du troisième genre ont un arbre fixeencastré dansun massif de maçonnerie à sa partie infé-rieure ou ayant deux points d’appui ; c’est autour de cetarbre fixe que tourne la charpente, en porte-à-faux, surdes galets a axe vertical formant collier sur cet arbre.Ces grues sont fréquemment employées dans les fonde-ries, elles coûtent moins cher d’établissement que lesprécédentes. Les bras et l’arbre se font généralementen bois et les tirants en fer. Si l’on avait à construireune grue de ce genre destinée à lever de lourds fardeauxon pourrait adopter une disposition consistant en unbâti en fonte disposé en deux fiasques tournant autourd’un arbre fixe. Sur ce bâti viendraient s’assembler lesbras et les tirants de la grue. Quant au mouvement derotation on pourrait l’opérer au moyen d’un petit cheminde fer disposé circulairement, le poids de la grue se re-porterait sur 3 ou 4 roues en fonte.
Grues à double volée. Une çruc à double volée se com-pose de deux grues à simple volée fixées sur un mêmearbre et diamétralement opposées; les deux volées pré-sentent l'avantage de se faire équilibre mutuellementet permettent do n’opérer qu’une demi-révolution poureffectuer uu chargement ou un déchargement, car lepoids peut être appliqué à l’une quelconque des poulies,puisque les 2 cordes s’enroulent en sens inverse sur letambour; on peut même dans ces grues employer lapression d'un poids descendant pour en élever unautre.
Quand la grue ne fonctionne pas, les deux volées sefont naturellement équilibre; mais quand on soulèveun fardeau il faut l’équilibrer au moyen d’un contre-poids suspendu à la seconde volée.
Les grues à double volée sont toutes à arbre fixe ; lemoyen employé pour donner un mouvement de rotationà la charpente en porte-à-faux autour de cet arbre estvariable suivant les cas; Nous en donnerons quelquesexemples r
M. Albert a construit sur le quai d’Orsay une grue àdouble volée du premier genre dans laquelle le moded’application des hommes est le plus avantageux possi-ble. Cette grue est toute en bois, les hommes agissentsur les chevilles d’une grande roue de 3 mètres de dia-mètre; de cette manière on n’a plus les frottementsd’engrenage. La double volée est mobile autour de l’ar-bre au moyen d'un chariot à galets.
La grue de Saint-Ouen est de ce genre, seulement lescharpentes en porte à-faux au lieu d’être en bois sontcomposées de deux flanques en fonte.
La grue de Maudslny a le même mouvement de ro-tation, seulement le système repose sur un plateau surroulettes qui permet de transporter l’appareil en unpoint quelconque de l’atelier.
Au lieu de faire reposer la double volée sur une plate-forme. inférieure à galets à axe horizontal, on peut utfaire tourner autour de l’arbre, soit au moyen de galetsà axe vertical, soit à l'aide d’un collier, ou bien uu peut
! r> i