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HOUILLE

HOUILLE.

tailles menées dans les couches épaisses, suivant la di-rection ,sont réunies, au fur et à mesure que l’on avance,par de petites galeries transversales qui servent à laventilation.

La meilleure méthode pour l’exploitation des cou-ches épaisses et très inclinées, celle du Creusot parexemple, où on l’emploie avec succès, est celle dite parcuvrage en travers.

On fonce un puits dans le mur; parvenu à une cer-taine profondeur, on rejoint la couche par une galerieà travers bancs. Dès qu’on l’a atteinte, on ouvre unegalerie d’allongement contre le mur; à l’extrémité decette galerie prolongée, à une grande distance de lagalerie à travers bancs, on perce dans lo charbon unegalerie horizontale, du mur au toit, à laquelle on donnemême hauteur qu’à la galerie d'allongement, puis on laremblaie en revenant du toit au mur. Ou abat ainsisuccessivement une série de tranches de charbon en re-venant vers la galerie à travers bancs. Au -dessus de cesremblais, on exploite un nouvel étage, exactement demême, et ainsi de suite, de sorte que l’on parvient à ex-ploiter entièrement la couche, sans abandonner le char-bon. La principale difficulté qu’offre cette méthode, estcelle de sc procurer des remblais : tantôt on en amènede la surface, tantôt on s’en procure en ouvrant degrandes excavations en cloches dans le toit ou le muret faisant ébouler.

On commence également à exploiter les couches trèsépaisses et peu inclinées, par une méthode analogue;on exploite d’abord les assises inférieures en remblayant,puis les assises supérieures en montant sur les remblais :les tailles suivent alors le mur au lieu d’être percéesdu mur au toit.

Lorsque plusieurs couches de houille se trouvent pla-cées les unes au-dessus des autres, et séparées par desbancs de rochers épais et consistants, on commence parexploiter les couches inférieures. Le charbon des cou-ches supérieures devient un peu plus fragile ; mais sou-vent aussi il s’exploite avec plus de facilité.

Quand les bancs de rocher n’ont pas une grande épais-seur, ou qu’ils sont peu consistants, on commence parles couches supérieures.

fransport de la houille dans l'Intérieur de lamine. Letransport de la houiile du fond des tailles au puits d’ex-traction, s’opère de diverses manières. Quelquefois en-core il se fait à dos d’hommes, d’autres fois en brouette,mais le plus souvent on emploie des bennes placées surdes plates-formes portées sur des roues très basses rou-lant sur des rails plats en fonte ou saillants, en fer mé-plat, et traînées ou poussées par des enfants, du fond dela taille aux galeries principales : arrivé à l’une decelles-ci, on transporte les bennes, au moyen de petitesgrues, sur de nouveaux chariots semblables aux pre-miers, mais de plus grandes dimensions, de sorte qu’onpeut y placer 2 à 4 bennes ; un cheval traîne ordinaire-ment un ou deux chariots à la fois, portant en tout 8 à10 quint, inétriq. de houille. On se sert alors de railssaillants, en fer méplat, ou à champignon comme ceuxdes chemins de fer établis à la surface.

Lorsque la pente de la couche est forte, le transportdu charbon à la galerie principale, se fait ordinairementau moyen de plans auto moteurs, munis de freins poiirrégulariser la vitesse : l’excès de poids des chariotspleins descendants fait alors remonter les chariotsvides.

Dans certaines mines, le transport souterrain s’exé-cuteen partie dans des canaux placés àdifférents étages.

Extraction par les puits. Le charbon est élevé au jourpar des roues hydrauliques, ou, le plus souvent, par desmachines à vapeur, qui font touruer des tambours surlesquels s’enroulent les cordes ou câbles plats, en chan-vre ou en fil de fer, auxquels la charge est suspendue;on emploie quelquefois aussi à cet effet des balances

d'eau, ce qui est très convenable lorsque la dispositiondes lieux le permet.

Le plus souvent les bennes, en arrivant à la placed’accrochage, sont suspendues par deux, l’une au-dessusde l’autre, au câble, par des crochets et des boutschaîne. Quelquefois on amoncèle le charbou sur unplancher ou plate-forme suspendu au câble et guidé pax2 ou 4 longuerines verticales.

On divise souvent les puits d’extraction en deux com-partiments, par une cloison, afin d’éviter le choc de?bennes, paniers ou plates-formes, montante et descen-dante.

Parvenue à l’orifice du puits, la houille est passée aucrible, afin de la classer par grosseurs, dont le prix etle nom varient avec les localités.

Aérage des mines de houille. La combustion des lu-mières, la respiration des ouvriers et surtout le dégage-ment d’acide carbonique ou d’hydrogène carboné del’intérieur du charbon, exigent que l’on détermine dansl’intérieur de la mine, un courant d’air suffisant pourdélayer et entraîner ces gaz au dehors au fur et à me-sure qu’ils se dégagent.

L’acide carbonique se rencontre surtout dans les ter-rains bouleversés par des roches ignées, et, à cause de sadensité, sc rassemble dans les parties inférieures dela mine et des galeries montantes (fig. 1194); le con-traire a lieu pour l’hydro-gène carboné on grisou (fi-gure 1195). Ce dernier, mé-langé avec l’air en certainesproportions donne nais-sance à des mélanges ex-plosifs dont l’inflammationproduit trop fréquemmentencore des accidents terriblés ; on s’oppose à l'inflammation du mélange déton-nant par l’emploi de lampes de sûreté , mais lemeilleur moyen est encore de prévenir la formationdo ces mélanges par une ventilation suffisammenténergique. C’est surtout à l’approche des failles etdes anciens travaux que l’on rencontre le grisou avecle plus d’abondance; il s’y accumule et suit les varia-tions de la pression atmosphérique; ainsi, lorsque Jebaromètre est bas, il sort des anciens travaux par tou-tes les issues : aussi est-il nécessaire d’interroger le ba-romètre pour régler la ventilation.

Lorsque des puits ou galeries (fig. 1196), dont les ori-fices se trouvent à des niveauxdifferents, sont mis en commu-nication par des galeries souter-raines, comme la température deces puits et galeries est sensible-ment constanteaux mêmes points,variable du reste avec la profon-deur, et généralement différente

1196.

de celle de l’air extérieur, il arrive qu’un courant d’airs’établit naturellement entre ces puits ou galeries quiconstituent de véritables syphons renversés à branchesinégales. Cette circulation d’air se produit encore lorsmême que les puits ont leurs orifices au même niveau,parce que jamais la température et par suite la densitéde l’air ne sont parfaitement égales dans l’un et dansl’autre. L’air étant plus froid en été et plus chaud enhiver dans l’intérieur de la mine qu’à l’extérieur, lecourant suit un sens dans l’une de ces saisons et le sensinverse dans l’autre; il est d’ailleurs plus actif en hiverqu’en été.

L’aérage naturel est souvent insuffisant pour ventilerconvenablement les mines de houille où il se présentedes dégorgements d’acide carbonique ou de grisou. On ysupplée alors, soit en plaçant sur l'un des puits une ma-chine aspirante, soit au moyen d’un foyer placé ordi-nairement au fond de l’un des puits; qui raréfie l’air dans