HYDROGRAPHIE.
HYDROGRAPHIE.
rarement, et seulement lorsqu’il s'agit de fixer laposition de un on plusieurs points isolés. On tâcheautant que possible de réunir sur le même lieu plusieursbâtiments que l’on mouille à des distances calculéesles uns des autres, lorsque l’on a de grands espaces àsonder. Ces bâtiments, dont on fixe la position enles joignant par une triangulation, et dont on déter-minera longitude et la latitude, servent ensuite à fixerles sondes faites par les embarcations de la mememanière que les points saillants du rivage.
Il n’est pas possible, du reste, de décrire, si ce n’estd’une manière très générale, toutes les opérations aumoyen desquelles on peut parvenir à lever et à dresserune carte marine; car elles varient nécessairementsuivant les circonstances et les moyens dont peut dis-posef l’hydrographe. Lorsque le pays dont on veutlever la carte marine laisse toute facilité pour y péné-trer et y établir un réseau géodésique, toutes ces opé-rations hydrographiques s’y rattachent facilement, eton peut espérer arriver à des travaux aussi parfaits quepossible. Le travail hydrographique des côtes de France ,exécuté de nos jours par les ingénieurs hydrographesde la marine, peut servir de modèle en ce genre; c’estle travail le plus complet que l’on connaisse en hydro-graphie. Mais il arrive aussi que le navigateur ne peutaborder nulle part sur la côte qu’il lui importe de re-connaître, et alors tout le travail doit s’exécuter de lamer avec des procédés beaucoup moins parfaits.
Dans les cartes hydrographiques, la profondeur deseaux est exprimée par des chiffres. Sur les anciennescartes, ces chiffres indiquent des brasses et des piedsde France ; mais aujourd’hui les indications sont don-nées en mètres et en décimètres, lorsqu’il importe auxmarins de connaître le bràssiage avec beaucoup d’exac-titude. Pour reconnaître la nature du fond, les in-génieurs hydrographes qui vont sur les lieux empor-tent de longues barres en fer appelées lances, surmon-tées d’un poids considérable, et garnies d’échancruresdestinées à retdhir des petites parties du terrain danslequel elles ont pu pénétrer. Enfin, afin de faciliterau marin la possibilité de reconnaître le point sur le-quel il veut atterrir, un grand nombre de cartes marinessont garnies de projections orthogonales, espèces depanoramas où la côte est représentée avec ses formes,telle qu’on la voit de la mer à une distance déterminéeet dans une direction ou rhumb de veut fixe. Eu géné-ral , les détails topographiques que l’on ajoute auxcartes marines n’ont point pour but de figurer d’unemanière exacte, par des courbes de niveau, le reliefdil terrain, comme dans les cartes géographiques ; onexagère avec intention tous les points saillants du ri-vage qui s’aperçoivent de la mer; car ce sont les seulsqu’il importe au navigateur de connaître.
Pour les cartes géographiques, on a adopté depuislongtemps des échelles fixes; les cartes marines nesauraient être astreintes aux mêmes règles d’une ma- inière absolue. D’abord les cartes réduites n’ont jamais Id’échelle uniforme; les distances égales sont toujours ;projetées suivant des lignes inégales et dépendantes dela latitude. Les cartes plates et les plans ne sont em-ployés que pour donner avec beaucoup de détails lesparties de la mer, telles que les entrées des ports, lesembouchures de rivières, où les écueils sont nombreux,les passages souvent étroits et sinueux. Par suite, l’é-chelle de proportions ne saurait être fixée d’une ma-nière précise a l’avance ; elle est d’autant plus grandeque la carte doit comporter plus de détails.
Il est toujours difficile de contrôler à l’avance l’exac-titude d’une carte marine, et souvent ses défauts nesont constatés que par des accidents graves. Aussipresque de tout temps le gouvernement, en France ,s’est réservé le droit exclusif de les publier. Toutes lescartes marines, dressées au dépôt général de la marine,
sont livrées au commerce à un prix tellement modiquequ’il couvre à peine les déboursés faits pour le tirageet l’achat du papier. Le corps des ingénieurs hydrogra-phes s’occupe exclusivement de leur construction. Plusde mille planches en cuivre, sur lesquelles sont gravéesles cartes marines formant le Recueil de l’hydrographiefrançaise, composent le matériel de l’imprimerie dudépôt de la marine : elles embrassent l’étendue entièrede toutes les mers du globe ; et à mesure qu'un dangerou une découverte quelconque pouvant intéresser lanavigation se trouve signalé, on se hâte de l’inscriresur la planche en cuivre de la carte. Plusieurs nations,telles que l’Angleterre et l’Espagne , possèdent aussides dépôts hydrographiques; mais, dans aucun paysdu monde, le commerce ne peut se procurer des cartesà un prix aussi bas qu’en France , grâce à la libéralitédu gouvernement qui en fait les frais.
Voici les priucipaux signes conventionnels adoptéspar les ingénieurs hydrographes de la marine, et em-ployés pour les cartes et plans du nouveau Neptunefrançais :
Les profondeurs de l’eau sont rapportées au niveaudes plus basses mers observées sur les principaux pointsde la côte.
Les élévations des plages, ainsi que celles des dangersisolés qui couvrent et découvrent au-dessus du niveaudes basses mers, sont toujours exprimées par des chiffressouligués. On écrit les élévations des petits dangersisolés, entre parenthèses, près de leurs positions.
Les diverses natures du fond de la mer sont ex-primées ordinairement au moyen des abréviations sui-vantes :
S. (. — Sable fin.
S. bl. — Sable fin blanc.
S. gris — Sable fin gris.
Gai. — Galets.
Pi. — Pierres.
g. Pi. — grosses Pierres.
H. inég. — Roches inégales.
Il déc. — Roches qui sont en état de décomposition,et que les marins nomment roches pourries et ro-ches molles.
Ard. — Ardoises ou roches schisteuses.
Mad. — petits Madrépores ramifiés de couleur rouge,que l'on trouve ordinairement sur les fonds ar-gileux.
Mad. j. — petits Madrépores roulés et décolorés, for-mant une espèce de gravier jaunâtre.
Coq. — petites Coquilles.
g. Coq. — grosses Coquilles.
Coq. br. — Coquilles brisées.
Coq. moul. —Coquilles moulues.
Nota. On indique l’espèce des coquilles rapportéespar le plomb de sonde, lorsque la même espèce setrouve en masse sur une grande étendue du fond de lamer.
Arg. — Argile bleue compacte.
V. — Vase verdâtre.
V. j. — Vase jaunâtre.
V . n. — Vase noirâtre.
V. d. —Vase dure.
V. m — Vase molle.
jr. v. — Fange verte ou vase molle fétide.
F. n. —Fange noire.