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LIN.

LIN.

Le mouvement de rotation des broches leur est donnépar le tambour N qui porte la corde o, qui embrasse lagorge de la petite poulie ou noix p, que porte la broche.

La bobine porte à sa base une autre petite poulieautour de laquelle est enroulée nue ficelle qui porte unpetit poids H, qui sert à retarder le mouvement de la bo-bine à mesure que son diamètre augmente par l’enrou-lement du ruban de façon à régulariser autant que pos-sible le mouvement de la bobine.

Le fil se trouve doublé ici comme cela a lieu au tra-vail des bancs à broches pour le coton (1).

Les rubans enroulés sur les bobines sont portés auxmétiers qui ont pour but de finir le fil. Ces métiers nesont plus garnis de peignes pour guider le fil; le dou-blage n’a plus lieu. Ces machines portent spécialementle nom de métiers à filer.

Les métiers à filer le lin sont aujourd’hui de deuxsortes : Les métiers à filer à sec et les métiers à eauchaude.

Les premiers servent spécialement à filer les fils com-muns et grossiers dont la finesse ne dépasse pas le n° 25du titrage des fils de lin.

Le métier à eau chaude sert aux fils qui dépassent len° 25. Cette finesse est obtenue par l’intermédiaire del’eau chaude.

On opérait naguère encore le filage à l’eau froidepour les numéros intermédiaires, mais on ue paraît pasavoir trouvé d’avantage par cette méthode ; nous nousbornerons donc à la description des deux systèmes quenous venons d’indiquer.

Le filage, soit en gros, soit en fin, a.lieu pour le linsur des métiers qui, pour la disposition et les organesmécaniques, ont la plus grande analogie avec les mé-tiers dits continus, employés dans certain cas pour filerle coton; la seule modification importante consiste dansl’emploi de l’eau chaude pour les fils de lins tins. Le filpasse dans une eau chauffée à une certaine températureavant de s’çnrouler sur la bobine

C’est encore à Philippe de Girard qu’est due la pre-

(0 Lorsqu’on a besoin de bancs à broches avec un plusgrand nombre de broches, on emploie les bancs à broches àmouvement différentiel décrits pour le coton.

mière idée de l’application de l’eau chaude pour pou-voir arriver au filage en fin.

Les causes qui ont motivé l'emploi de l’eau chaude setrouvent clairement indiquées dans la description dubrevet d’invention pris par de Girard an mois de juillet4810, et publié dans le Recueil des Brevets expirés,tora. XII, page 114. Nous ne saurions mieux faire quede laisser parler l’inventeur lui-même en donnant l’ex-trait suivant de la description de son brevet :

« Les brins de lin ne sont qu’un assemblage de peti-tes fibres collées l’une contre l’autre, se recouvrant mu-tuellement et dont les plus longues n’ont guère que 9à 40 centimètres de longueur, et la plupart beaucoupmoins.

« La substance qui unit ces fibres peut être facilementenlevée par divers agents. L’eau pure la ramollit etla dissout avec le temps, surtout si l’air se joint à sonaction.

« Les lessives alcalines chaudes l’enlèvent presque constamment ; il suffit même de plonger un brin de lin dansune parcelle de lessive pour le rendre divisible presqueà l’infini. Si après cette opération on le tire par sesdeux extrémités, on le sépare sans effort sensible endeux parties qui glissent l’une sur l'autre avant de se sé-parer, et qui se terminent en pointes très effilées. En sai-sissant l’extrémité d’une de ces pointes et en tenant lereste du brin à 0“,40 ou 0“,42 de distance, on retireune fibre extrêmement fine, qui quelquefois peut se di-viser encore de la même manière que le brin primitif. Encontinuant ces divisions, on obtient enfin des fibrespresque imperceptibles, qu’on ne peut plus diviser qu'enles cassant, et qui opposent une résistance beaucoupplus grande qu’on ne l’avait attendue de leur ténuité.On s’aperçoit alors qu’on est arrivé aux fibres que l’onpourrait appeler élémentaires, et qui n’ont que de 0 W .04 à0“,06 de longueur.

« La facilité avec laquelle les parties d’un même bringlissent les unes sur les autres avant de se séparer, leurténuité extrême, et par conséquent leur multiplicité,offrent le moyen d’étirer, d’allonger presque indéfini-ment un brin sans le casser, et à plus forte raison unassemblage de brins. La forme des fibres élémentairesparaît faciliter le succès de cette opération. Leurs ex-trémités effilées sont propres à rendre leur jonction convenable et à être retenues dans le fil, tant par l’effetde l’entrelacement que par celui de la torsion.

« Si l’on prend un fil quelconque, pourvu qu’il ait étélessivé, qu’on en détourne un bout de 0“,40 à 0“*'l 2.qu’on essaie de le casser, il n’oppose qu’une très petiterésistance ; si on le mouille, en répétant l’expérience, larésistance devient absolument nulle, ce qui prouve quecelle qu’on éprouvait d’abord u’était qu’un frottementdes fibres entrelacées et tortillées ; l’humidité en lesrassemblant les redresse, et fait cesser cette résis-tance.

« Telle est la base sur laquelle repose le nouveau pro-cédé. »

On voit toute la théorie sur laquelle le premier in-venteur avait basé ses procédés, qu’il exécuta en consé-quence, comme il est facile de s’en convaincre, par lesplans joiuts au même brevet. Depuis lors la filature finedu lin s’est constamment faite à la décomposition parl’emploi de l’eau chaude, mais la dépense de ce modede filage, les inconvénients qu’il entraîne naturellementen ont fait limiter l’emploi aux numéros élevés.

Le filage à sec s’est maintenu pour les numéros ordi-naires.

Mais il est facile de se convaincre que ni l’un ni l'au-tre de ces deux modes de filage n’est arrivé à la per-fection.

Le filage en gros qui a lieu sur un ruban qui n’estplus soutenu par les peignes, ni agglutiné par l’eauchaude, se file irrégulièrement, parce que l’étirage se

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