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LIN.

LIN.

fait sur une distance trop éloignée sans être maintenue;comme les filaments ne sont qu'enchevêtrés, ils se sépa-rent facilement aux points les moins soutenus, et parconséquent à ceux qui s’écartent le plus des points d'ap-pui ou cylindres étireurs; aussi les produits fournis parces métiers sont-ils très imparfaits et loin de pouvoirrivaliser pour la force et la régularité avec les fils pro-duits à la main.

Quant aux fils produits par l’eau chaude, ils ont, ilest vrai, un aspect plus régulier que ceux filés au rouet,mais ils sont en réalité moins résistants, et l’on n’estd’&illeurs parvenu encore à pousser leur finesse très loin;tous les fils extra fins pour la belle batiste et les den-telles se filent encore à lu main et conservent un aspectbrillant qu’il a été impossible jusqu’ici d’obtenir pourles fils à la mécanique.

Ces raisons d’imperfection du filage du lin par lesmachines qui ne sont pas controversées a donné lieu àde nombreuses recherches et à bien des tentatives pouraméliorer les procédés en usage; elles ont presque tou-tes échoué. Jusqu’ici une seule cependant vient deprendre naissance et paraît être appelée à un long etbrillant avenir, nous voulons parler de l’importante mo-dification apportée au filage à sec par MM. Decosterfrères.

Avant d’en faire la description, nous croyons devoirdire quelques mots des tentatives qui ont été faites enAngleterre, en 4 835, par MM. Hope et Dew Hurt, dans lebut d’améliorer le filage. Leurs moyens étaient à la foisde nature chimique et mécanique. Le moyen chimiqueconsiste à faire séjourner le lin dans une dissolutiond’acide sulfurique d’une certaine force et pendant uncertain temps proportionné à la qualité de matière fi-breuse ; le lin le plus grossier exige une action plusintense.

La matière gommeuse et l’écorce extérieure du liu6e trouvent dissous par ce moyen, et se détachent fa-cilement. On doit ensuite faire passer le lin entre descylindres de compression, le rincer avec soin, et le fairebouillir dans une dissolution de savon et d’eau pendantquelques heures, et finalement le faire passer de nouveauentre les cylindres. On doit répéter ces opérations jus-qu’à ce que le lin ait acquis le lustre qu’on désire, et queles fibres se soient séparées les unes des autres. Ensuiteon le bat et ou le passe une fois ou deux sur un peigneordinaire ou sur une brosse rude.

La deuxième partie du procédé des inventeurs ou leurmoyen mécanique est représenté par les fig. 4 454 à4 458. La fig 1454 offre une section en élévation d'unepartie de la construction de la broche, de la bobine etdes ailettes proposées pour filer toute sorte de lin ou dechanvre. La fig. 1455 représente l’instrument destiné àfiler les tors les plus grossiers ; la fig. 4456 montre com-ment on doit filer les fils de trame et comment ils doi-vent être enroulés sur ce qu’on appelle une bobine àcanettes.

a a, est la broche ou axe fixe de la throstle ou métiercontinu ordinaire, laquelle est entourée du tube b b, etfixée à la poulie c, par laquelle l’ailette d est entraînée ;l’ailette est aussi munie d’une petite tige centrale quila supporte, et qui circule dans un petit creux pratiquéau sommet de la broche stationnaire a ; elle se trouvefixée avec l’ailette au tube b b, lequel est entraîné avectous ses accessoires par le mouvement de rotation quelui imprime la poulie c.

On peut voir par la fig. -1458 que la poulie e et letube b s’adaptent ensemble vers leurs bases au moyende deux demi-emmanchements; c’est afin de pouvoirfaire glisser de bas en haut le tube b sur la broche et depouvoir enlever plus promptement la bobine lorsqu’elleest chargée de fil, sans avoir besoin d’arrêter toute labrocha, de retirer le fil de la poulie e, dont le tubetourne dans le trou ou godet h fixé sur la traverse d’ap-

pui près de la base du métier continu. Le passage de labobine par le haut s’effectue exactement de la mêmemanière que dans les continus ordinaires, c’est-à-dircen soulevant et en abaissant le barreau « qui, dans cecas, supporte la bobine. Dans la fig. 4454 l’ailette estconstruite de manière à avoir deux fois la longueur dela bobine, afin de permettre à celle-ci de s’élever et deretomber librement dans l'intervalle qu’elle lui offre;elle est retenue au sommet par une mince traverse, afind’empêcher que les bras de l’ailette ne s’écartent parl’effet de la force centrifuge, lorsqu’elle tourne avecune grande vitesse. L’ailette des broches destinées à filerles gros numéros exige qu’il y ait un tube extérieur kpour soutenir la broche.

Les bobines s’appuieut sur une rondelle 1l. La brochoest disposée de manière à pouvoir tourner légèrementsur elle-même parle frottement du poids mm; on a

4455. 4456. 4457. 4 454.

pratiqué dans ce poids un trou ayant un de ses côtésaplatis, ainsi qu’on le voit dans la fig. 4458.

Une autre modification avait été proposée parM. Somes Koy de Preston; elle consistait dans lamacération de la mèche dans l’eau chaude avant lefilage; les fonds des pots qui recevaient les rubansétaient adaptés à des boîtes percées comme des passoires ;ces boîtes plongeaient dans les baquets d’eau chaude ;à mesure que les rubans arrivaient des cylindres lami-noirs , ils tombaient dans des boîtes où ils étaient tas-sés par une espèce de piston ou plongeur analogue àceux employés pour le coton dans certaines filaturesanglaises.

Ces procédés n’ont jamais été employés en Fi ance, etnous ne pensons pas qu’on leur ait donné suite en An-gleterre.

En résumé, nous donnons dans les fig. 1459, 1460et 4 464, les trois systèmes de métiers en présence au-jourd’hui dans la filature du lin et du chanvre.

La fig. 1459 représente une coupe verticale des élé-ments qui constituent le métier à filer à sec.

La fig. 4460, une coupe semblable du métier à eauchaude.

La fig. 4461 donne une coupe verticale aussi du nou-veau métier Decoster.

Les fig. 4467 et 4 468 sont, la première, une vue decôté, et la seconde une vue de face de ce nouveau mé-tier.

Si nous examinons et comparons les fig. 1459 et 4 460,qui donnent les deux systèmes encore généralement eni‘ ployés, nous remarquons que tous deux possèdent une