LIN.
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et que nous avions raison de dire que dans l’état actueldes choses, la filature du lin à la mécanique ne parais-sait pas être complètement dans le vrai. Ce qui nousfortifie surtout dans cette pensée, c’e6t de voir que lesplus beaux fils de lin, comme les plus solides, sontproduits par la modeste fileuse au rouet, sans autre se-cours qu’un peu d’eau fraîche lorsqu’elle ne se borne pasà la salive.
Voici maintenant le système proposé depuis quelquetemps par M. Decoster, et dont nous avons vu desproduits aussi remarquables par la solidité que par larégularité.
Un coup d'œil sur la fig. 4 461, qui représente unecoupe verticale de sa machine, nous persuadera promp-tement que cette machine ne possède aucun élément quenous ne connaissions parfaitement déjà.
Tout le mérite de ce système consiste donc dans sonheureuse application. On voit en effet que cette ma-chine possède les cylindres étireurs et la broche que pos-sèdent les systèmes décrits.Toute la modification consistedans l’établissement des peignes ou Gills I, /, fig. 4462et 4 463 , entre les cylindres délivreurs ou étireurs ,pour maintenir régulièrement et parallèlement toutes lesfibres de la mèche pendant son trajet entre les pointsd’étirage : leur distance peut être considérée comme ne1462.
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4463.
1465. 1466.
dépassant pas celle entre deux peignes successifs. Lerésultat immédiat de cette modification a permis desupprimer la préparation au banc à broche, et de sou-mettre de suite au filage les rubans provenant des têtesd’étirage. Outre les avantages de la perfection du fil, ildoit donc aussi y avoir économie de force motrice parla substitution de cette méthode aux précédentes.
Les fig. 4467 et 1468, qui représentent le métier deface et de côté, démontrent que la forme générale etl’emplacement exigé ne présentent rien de particulier.
M. Decoster ne produit jusqu’ici que des métierspour la filature ordinaire et commune. Par ce nouveausystème serait-il impossible d’en tirer davantage ? Nousne le pensons pas. Il est probable que M. Decoster yapportera de nouvelles modifications, tant dans le but
d’arriver à filer des numéros plus élevés, que pourpouvoir établir rassortiment au meilleur raarebé pos-sible.
Nous laissons aux personnes compétentes et inté-ressées dans la question, le soin de s’édifier par elles-mêmes des avantages de ce perfectionnement en exami-nant les machines et les résultats, comme nous l’avonsfait chez l’inventeur, dont l’obligeance est au-dessus del'éloge que nous pourrions lui donner.
Nous croyons devoir, avant de terminer cet article,ajouter quelques données pratiques sur la compositiondn mobilier industriel d’une filature mécanique de lin,cette spécialité étant nouvelle encore, et les renseigne-ments de ce genre moins répandus que s’il s’agissaitd’une industrie de vieille date.
Une fois que l’on a déterminé la localité et l’emplace-ment où doit se trouver l’usine, ainsi que son impor-tance, d’après des considérations basées sur la produc-tion de la matière première, sur les calculs des frais àfaire, sur la facilité des débouchés et la certitude d’ob-tenir rme population ouvrière convenable, toutes ques-tions dont la solution est indispensable pour un établis-sement de nature quelconque; il faut alors s’occuperde la composition de l’assortiment des machines. Cettecomposition dépend nécessairement du genre et desquantités de produits que l’on se propose de fabriquer.On sait que jusqu’ici pour la filature du lin il y a d’a-bord deux distinctions tranchées à établir dans lesméthodes dn filage, suivant que ce travail doit avoirlieu pour du fil ne dépassant pas une finesse du n° 15anglais, ou 9,000 mètres au kilogr., et pour les fi-! nesses dépassant ce titre. Dans le premier cas, le filage' se fait avec des machines qui filent«ans le secours del’ean.
Dans le second cas on file à l’eau chaude.
Le nombre des machines nécessaires à filer la mêmequantité de matière, dans les deux cas sera différent.
Le filage à sec, ne produisant que des fils ordinaires,peut travailler considérablement plus que le filage à dé-composition, qui atteint unefinesse pins grande et nécessite nue force plus considérable.
Pour donner de suite une idée des résultats du travailà sec et à l’eau chaude, disons qu’on compte générale-ment que la force d’un cheval mécanique de 75 kilogrammètres, peut faire marcher moyennement de 80 à 90 brocbes avec tous les accessoires et machines à préparer, etlorsque le peignage se fait totalement à la main, au lieude se faire en partie mécaniquement comme nous le supposons, on peut compter 100 broches par force de che-val.
Ces 100 broches fileront une quantité très variablede chanvre ou de lin, suivant la longueur des fils qu’ellesdevront produire par kilogramme.
Voici quelques nombres principaux sur ces varia-tions.
Pour du fil mécanique du n° 6 (1) anglais , 100 bro-ches pourront produire :
Par jour de 12 heures, en défalquant les heures
d’arrêt.90 kilogrammes.
Pour des fils, n° 42. . . . 48
— n° 46. . 34
— n° 30. . 20
— n° 60. . 40
Ce tableau démontre combien il est nécessaire d’êtrefixé au préalable sur le genre de fil à produire.
Mais il arrive très rarement qu’une usine n’ait qu’uneseule qualité de fil à produire. Les établissements étantmontés généralement pour filer les lins qu’offre le com-