LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
vent faire rejeter les pierres sur lesquelles elles se trou- |vent en assez grande quantité.
« La pierre de Châteauroux est excellente pour l’é-criture, mais elle est généralement remplie de tachesUo rouille, de marne et de trous, ce qui empêche d’enfuire usage pour le crayon. Elle est très cassante.
a Celle de Bellay est trop dure et cassante ; celle del'Aube est de mauvaise qualité.
o Toutes les pierres françaises, d’une couleur saleou terne, sont mauvaises. »
Moyen de reconnaître les qualités d'une pierre litho-graphique. Pour s’assurer des qualités d’une pierre, ilfaut passer sur toute sa surface une éponge mouillée ;si elle renfenne des taches ou des tissures elles appa-raissent aussitôt.
On juge alors de l’homogénéité de la pâte à l’unifor-mité de sa couleur, qui doit être sans nuances.
La pâte serrée se reconnaît à la dureté et aupoids delà pierre. A volume égal, la pâte serrée est beau-coup plus lourde que la pierre tendre.
Pour juger de la qualité spongieuse, on verse quel-ques gouttes d’eau sur la pierre, et l’eau doit être ab-sorbée de suite. Lorsque l’argile est en grande propor-tion dans la pierre lithographique, elle retient l'eauplus longtemps, tout en l’absorbant ; cest la meilleurequalité. Les veines et les nuances dans la couleur de lapierre étant toujours d’une intensité différente du tonlocal, les variations qu’elles occasionnent s’expliquentpar ce que nous venons de dire sur la qualité dure outendre. Ainsi, le crayon ne restera pas fixé sur les veinesdures, qf, il pénétrera trop dans les veines tendres.
« Dressage des pierres. Lorsqu’une pierre n’a pas servi,il faut, avant de la dresser, prendre une lime, et arrondirles angles de la pierre dessus et dessous : dessus, afinque, pendant le dressage ou grainage, il ne se détachepas d’éclats qui pourraient faire des raies très pro-fondes ; pour que l’éponge ne se déchire pas en s’ac-crochant aux angles, et afin que les bords ne prennentpas le hoir et ne coupent pas le rouleau ;
« Dessous, pour que l’artiste et l’impriineur ne courentpoint les risques de se blesser en portant la pierre,et qu’elle ne coupe pas les cartons sur lesquels on lapose dans le chariot pour imprimer.
« Cette opération terminée, on met la pierre sur latable à grainer ; et, avec un tamis de toile métallique,on passe du grès jusqu’à ce quelle en soit couverte ;puis on mouille le grès avec un peu d’eau ; ensuite, ouprend une autre pierre de même dimension que Tonmet dessus, et on les frotte en tournant jusqu’à ce quele grès soit usé ; on lave ensuite les pierres, et on recom-mence huit ou dix fois la même opération, en ayantsoin de changer les pierres à chaque nouveau grain,c’est-à-dire de mettre dessous celle qui était dessus, etainsi de suite.
a Quand les pierres ont été ainsi préparées, il fautles laver et les mettre sécher, afin de voir si elles sontbien droites, ce qui a toujours lieu lorsqu’elles n’ac-crochent pas pendant le dressage, et si leur surfaceprésente un grain égal. Il est bien essentiel de fuireune marque aux deux pierres que Ton dresse ensemble,afin de ne pas les confondre; car il arrive fort souventque des pierres très droites ne le sont plus lorsqu’ellessont grainées avec d’autres.
« Ponçage. Quand une pierre est dressée, ilfautla frot-ter d’un bout à l’autre avec un morceau de pierre-poncepréalablement uni à la lime, et que Ton mouille detemps en temps. Il faut, avant de poncer, laver lapierre,afin qu’il ne reste aucun grain de sable, autrementelle serait rayée ; et il faudrait recommencer.
« Grainage. Après que Ton s’est assuré, au moyend’une règle servant de niveau, que la pierre est droite,il faut prendre du sable passé dans un tarais, très tin,que Ton saupoudre bien également sur la pierre; on !c
mouille avec uue éponge que Ton exprime avec b»main. Le reste de l'opération s'exécute comme pour ledressage, en ayant soin seulement de ne pas appuyersur la pierre qui est dessus.
« On use trois sables (plus ou moins) : les deux pre-miers jusqu’à ce que les pierres restent adhérentes,pour étendre le gros grain occasionné par le grès, et ledernier un peu moins, selon la qualité que Ton veutdonner au grain.
« Après avoir lavé les pierres avec de l’eau très propre,on les met égoutter dans un endroit où elles ne puissentrecevoir de taches, et, lorsqu’elles sont bien sèches, onpasse sur la surface grainée une brosse en blaireaupour en faire disparaître les grains de sable ; puis al’aide d’une loupe, on regarde si le grain est aussi finqu'on le désire. S’il en est ainsi, on pose sur les pierresune feuille de papier de soie, une autre de papier gris ;et on les enveloppe soigneusement jusqu’au moment deleur emploi, en évitant de les déposer dans un endroithumide.
« Effaçage des pierres dessinées. L’effaçage des dessinsdiffère peu du mode de dressage ; mais il est très im-portant de les bien effacer, surtout si elles sont desti-nées à recevoir un dessin au crayon ; faute de cette pré-caution, l'ancien travail reparaîtrait sous le nouveauet le dessin serait perdu.
« Il faut, pour éviter cet accident, continuer d’effacerjusqu’à ce qtfon ne voie plus de traces de l’ancien des-sin; il n’est pas rare d’user de trois à quatre grèsavant d’obtenir ce résultat, car, tant que Ton voit surla pierre la marque du dessin, comme uue tache blanche,c’est signe qu’il n’est pas effacé parfaitement.
« L’essence de térébenthine qui dissout l'encre, sonà faire disparaître les faux traits ; mais elle n’est pustoujours suffisante. » (Extrait du Manuel de Vlmpri -meur-lithographe , par Auguste Bry, .
2° ENCRES ET CRAYONS LITHOGRAPHIQUES, liU *•composition. — Nous avons déjà décrit (voyez encre) lacomposition et le mode de fabrication do l’encre litho-graphique de M. Lemercier, en y joignant des observations, dans le but de guider les idées théoriques etpratiques sur le choix et l’emploi des matières ; maiscette encre n’étant bonne que pour, l’usage du pinceau,nous indiquerons quelques compositions nouvelles, dontla manipulation, du reste, est exactement la même quepour celle que nous avons décrite.
Composition de Vencre lithographique , publiée dans leManuel de M. Auguste Bry , 1835, page 4-4 : 93 gram.de savon animal; 125 gram. de cire \ierge ; 62 gram.de suif de mouton ; 93 gram. de gomme laque blonde,ajouter du noir de fumée calciué, en poudre, jusqu’à cequ’elle soit bien noire.
Cette encre se délaie à chaud ou à froid, mais préférablemem. à chaud.
Composition de Vencrede M. Desmadryll ainé, dessina-teur lithographe au ministère de la guerre, décrite parfeu Engelman père dans son Traité complet de la Litho-graphie , 1842, page 249 : 40 parties de cire vierge pure,ouà son défaut do cire jaune, 40p# de mastic en larmes;28 p. de gomme-laque; 22 p. de savon blanc; 9 p. denoir de fumée léger.
Encre lithographique de MM. Chevalier et Langlume(voir leur Manuel, 1838, page 57): 4 parties de cire ;4 p. de suif de mouton ; 4 p. de savon ; 3 p. de gommelaque; noir pour colorer suffisamment.
crayons lithographiques, leur nature et leurspropriétés. — Dans son Traité do lithographie, édi-tion 1834, M. Tudot a publié une bonne recette decrayons, comme étant celle de M. Lemercier. Cette re-cette, qui a été transcrite depuis dans le Manuel de Li-thographie de MM. Chevalier et Langlumé, p. 223, estla suivante :
32 parties de cire jaune; 4 p. de suif épuré; 24 p t
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