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'LITHOGRAPHIE .

LITHOGRAPHIE.

de savon blanc-; I p. de 6el de nitre; 7 p. do noir cal-ciné et tamisé.

M. Tudot ajoute : « M. Lemercier a admis le sel deaitre dans son crayon sur l’avis qui lui en a été donné ;fauteur de cette innovation est resté inconnu. » M. En-gelraan père prétend que le premier emploi du sel denitre a été fait dans son établissement ; que la recette ducrayon Lemercier est la sienne, et qu’elle lui a été com-muniquée, sans doute, par quelqu’un de ses élèves.

Certes nous ne pouvons pas dire lcr nom de celui quieut le premier l'idée d’employer le sel de nitre dans lacomposition du crayon, mais d’après les règles établiesen pareille matière, le mérite de l’invention ou plutôt dela publication appartient à M. Lemercier. Nous pouvonsmême afiirraer que M. Engelman n’a pas dit un mot del’emploi du nitre dans les diverses éditions de son Manuelde Lithographie , publiées en 1823, 4 824 et 4 831. Seule-ment dans sou Traité complet de Lithographie, publiéen 4842, c’est-à-dire trois ans après sa mort, Engelmana commencé à donner quelques recettes relatives à l’art,mais de son vivant il n’a jamais rien dit de bien positifsur les procédés techniques de la lithographie.

Nous citerons cependant, comme lui appartenant enpropre, la note suivante, qui explique l’action du selde nitre sur les corps gras qui composent le crayon li-thographique :

« Quelques personnes mettent dans leurs crayons dela potasse, ou même encore de la soude. Dans nos ate-liers, nous préférons le sel de nitre (salpêtre ou chimi-quement parlant, nitrate de potasse), parce qu’il donneaux crayons-plus de dureté que la soude. Comme on lemet dans la matière, lorsqu’elle est parvenue à unehaute température, ce sel se décompose et cède sa po-tasse aux acides gras pour achever de les saponifier,•tandis que l’acide nitrique, se décomposant, a abandonnéune partie de son oxygène aux corps gras, a contribuéencore à les faire passer à l’état acide, et les a rendusplus facilement saponiHable6. De plus, une partie def eau qu’on introduit dans ce mélange, après la premièreet la plus forte flamme, y reste combinée, et donne auxerayons une élasticité qu’ils n’auraient pas sans ce mé-lange. »

Fabrication des crayons (recette de MM. Lemercieret d’Engelman). « Le feu étant plus aisé à conduirequand la quantité des matières est de plusieurs hecto-grammes, on réussira mieux en prenant par 34 gram.les proportions déjà rappelées ; cependant, avec de^attention, on pourra opérer sur une quantité moindre.Supposant ces parties par hectogrammes, il faut-unecasserole en cuivre ou en fonte, de 40 centimètres dediamètre et de 45 centimètres de profondeur environ ;il est nécessaire qu’elle ait son couvercle dont on se sortpour éteindre le feu après l’avoir mis au produit ; ondoit encore avoir une spatule en fer pour agiter lamasse ; on coupe par petits morceaux le savon pour enhâter la fusion. Le sel de nitre doit être, avec la pro-portion d’*eau, dans une petite casserole, pour être missur du feu lorsque l’opération sera commencée.

« Les préparatifs faits, on allume du charbon, et oncommence par faire fondre dans la casserole la cire,puis le suif; ensuite on jette peu à peu le savon-coupétrès mince ; il ne faut pas eu mettre beaucoup, car l’eauque contient le savon nouveau cause une tuméfaction-qui ferait répandre une partie de la matière, si on lemettait trop précipitamment (4) ; il faut donc en mettre.peu, et avec une spatule de fer agiter continuellement,àe manière à faciliter la fusion. Lorsqu’elle est com-plète, on remue plus doucement ; l’agitation est néces--saire pour rendre la chaleur égale dans toutes les par-ties de la masse ; en allant vivement,- on diminue

(4) On éviterait jusqu’à un certain point cet inconvénient,jCnx-rnpJoyant du savon très sec et réduit en poudre.

sensiblement cette chaleur, et en allant doucement onla laisse augmenter. Lorsqu’une fumée blanchâtresuccède à la fumée grise qui se dégage pendant la fu-sion du savon, ou retire la casserole du feu. puis oncommence à verser la dissolution de nitre. Quelquesminutes avant, on a dû mettre l’eau nitrée sur un peude feu, afin de l’avoir bouillante au moment de s’enservir; on a une cuillère à café pour prendre de ladissolution dans la petite casserole qui la contient ; oncommence par en laisser tomber quelques gouttes surla matière ; il s’opère une tuméfaction ; on continue àverser goutte à goutte, puis progressivement on enlaisse tomber davantage, et enfin on augmente jusqu'àce que le tout soit versé. Il est très important deprendre ces précautions pour faire entrer la dissolutiondans la masse, car, si on mettait tout à la fois, celaproduirait une explosion qui lancerait la matière detous les côtés si l’eau était froide, et lorsqu’elle estchaude la tuméfaction peut faire répandre tout leproduit.

« La dissolution versée, la tuméfaction vient quelque-fois jusqu’au bord de la casserole, suivant le degré de lachaleur où était la matière lorsqu’on a fait cette addi-tion d’eaù nitrée. Plus il est élevé, plus le gonflementest grand et mieux la dissolution s’incorpore. On remetensuite la casserole sur le feu, et avec une spatule onbat la mousse qui s’est formée pour la faire diminuer;la chaleur agissant à son tour, la matière redescend àson premier niveau ; on fait chauffer le produit jusqu’àce qu’en approchant l’extrémité d’un fer que l’on afait rougir au feu la matière s’enflamme. Quand eAe apris feu, on ôte la casserole de dessus le réchaud et oula laisse brûler une minute : alors on couvre la casse-role avec son couvercle pour éteindre la flamme etempêcher que la température ne s’élève trop ; immé-diatement après, on lève le couvercle et on laisse lafumée se dégager, puis en agitant la masse avec laspatule, le feu reprend; s’il ne reprend pas, il suffitd’approcher de nouveau le fer rouge. Supposant par31 grammes chacune des parties des proportions ci-dessus indiquées, on laisse brûler encore pendant deuxminutes, et on éteint la flamme. Si à la surface duproduit il restait une espèce d’écume, il faudrait fairebrûler encore une minute ; mais quand le mélange aété bien fait et la chaleur bien soutenue, trois minutessont suffisantes, et la pâte du crayon est moins cas-sante que lorsqu’on a laissé brûler plus longtemps.Quand on opère sur une quantité moins forte que celleprécitée, ou doit réduire proportionnellement la duréede cette combustion, et surtout étouffer le feu plussouvent pour éviter une trop haute élévation de tempé-rature, qui, en ne permettant pas d’éteindre la flamme,carboniserait une grande partie du produit. Ayantéteint la flamme et ôté le couvercle, on laisse refroidirle tout quelques secondes; alors ou ajoute le noir enle faisant tomber peu à peu et le délayant avec la spa-tule jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de grumeaux ; le noirétant bien mêlé, on remet la casserole sur le feu ; etlorsque la pâte est ramenée à l’état liquide, on la laissecuire quinze minutes environ.

« C’est ici particulièrement qu’il faut de l’habitudepour diminuer ou augmenter la durée de cette cuissonsuivant l’activité du feu ; car la différence du feu lent àun feu vif, pendant toute l’opération, nécessiteym chan-gement à ces données. Deux ou trois minutes avant lafln de la cuisson, on met fondre dans cette nouvellepâte les bavures qui restent chaque fois que l’on couledes crayons. Un fait singulier est que cette anciennepâte, ajoutée à la première qui cnit, lui donne unequalité moins cassante que celle qu’elle a lorsqu’on n’ya pas fait cette addition. Peut-être les bavures con-tiennent-elles de l’humidité prise après avoir subi la cuis-son nécessaire, mais toujours est-il qu’elles lui donnent