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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

un peu de PeLteticité qu’elles ont gagnée et que lecray on acquiert presque toujours avec le temps, et qu’iln’a p:ts lorsqu’il est récemment fait.

Quand cette addition est faite eu agitant toujours, etqu’on a parfaitement mêlé cette ancienne pâte avec lanouvelle, on retire la casserole du feu et on agite lamasse tout en la laissant un peu refroidir ; alors onapproche le moule (fig. 1469) (1)et on le coule en versantsur le milieu de toute son étendue ; si ce moule est troppetit pour recevoir tout le produit, une seconde per-sonne doit remettre la casserole sur un feu doux etl’entretenir à la chaleur convenable pour que la pâtene refroidisse pas. Immédiatement après avoir coulé,ou ajuste le dessus du moule, puis on exerce une pres-sion pour former les crayons, et de suite on coupe avecun couteau les bavures de chaque côté du moule ; onenlève le dessus, puis on dégage les crayons qui tien-nent encore au moule par leur moitié inférieure ; ils nese dégagent facilement que lorsqu’on a coulé au degréde chaleur et au degré de caisson convenables. Avantde couler les crayons, on peut avec la spatule fairetomber sur un morceau de verre quelques gouttes depâte et essayer de l’enlever pour voir si elle tient auverre; dans le cas où elle tiendrait, on élève le degréde chaleur jusqu’à ce que la pâte puisse prendre feu;on laisse brûler quelques secondes ; et ayant éteint laflamme, on attend que la masse soit refroidie jusqu’audegré convenable pour couler; il ne faut pas que cedegré soit trop abaissé, car alors le crayon se gerceet n’est pas lié dans toute sa longueur ; et si la pâteest coulée à un degré trop élevé, le crayon, devientporeux au même instant. C’est au degré convenablequ’il faut s’arrêter, et l’expérience seule peut le préci-ser. On peut frotter le moule avec du savou ; mais lemeilleur moyen est de couler au degré de cuisson et àla chaleur convenables, alors les crayons s’enlèventaisément. On a vu que les coulées doiveut se succéderpromptement.

Si le noir n’a pas été bien délayé, la pâte est grume-leuse et il faut la faire refroidir; alors elle se mêlebeaucoup mieux. Plusieurs fabricants emploient cemoyen pour rendre la pâte très fine. Ils la font peucuire d’abord, la laissent refroidir complètement et lafont refondre ensuite ; ce moyen est très bon (extrait duTraité de Lithographie , par A. Tudot).

Moulage des crayons. Le moule (fig. 1469) se composede deux pièces ou jumelles de bois ou de cuivre fondu,jointes par une charnière fixée avec des vi^. Ces deux ju-melles portent des cavités ou rigoles juxtà-posées, quiout chacune le diamètre du crayon qu’on veut avoir; lajumelle inférieure est armée d’un boulon à vis, et cellesupérieure est terminée par une poignée. t

Avant de couler les crayons, on fixe de chaque côtédu moule une petite règle de bois que l’on assujettit aumoyen de deux clous à crochets. Ces petites règles sontdestinées à retenir la matière lorsqu’on la verso dans lemoule ; elles doivent avoir un peu de jeu pour laisseréchapper l’air et l'excédant de la matière coulée, quel’on presse fortement pour augmenter son homogénéitéet sa densité.

En 1b38, M. Fichtcnberg a publié dans le journal leLithographe , page 297, un nouveau procédé de fabrica-tion des crayons lithographiques, qui peuvent êtremoulés, dit-il, de plusieurs manières :

1° On se procure un petit châssis en cuivre de 5 à15 centimètres de longueur sur 8 centimètres de lar-

(0 M. Eugelnmn s’attribue à tort (voir son Traité com-plet de la Lithographie , 4842, page 245) l’invention de cemoule, que le célébré Conte employait déjà au commence-ment de ce siècle pourformerdes crayonscylindriques noirsD'autres l’accordent à M. Brissetpère, qui est un constructeurhabile, mais exécutant généralement d’après les modèlescounus,

geur, et de 6 à 7 millimètres d’épaisseur ; on place oecadre sur une planche unie et recouverte d’une toile fineou d’un taffetas ; on le remplit de composition que Tonbat avec un maillet pour l’entasser convenablement,c’est-à-dire pour la rendre exempte de soufflures, puis onunit la surface avec la lame d’un couteau ; enfin, on re-pousse la matière hors du châssis avec une planchette dela même dimension. Les tablettes sont ensuite divisées encrayons à l’aide d’une lame mince, ou bien avec un filde laiton très fin :

2° Au lieu de châssis, on peut dresser la pâte entredeux planches dans une presse, jusqu’à ce qu’elle aitl’épaisseur désirable; on en forme ensuite des crayonsde longueur assez irrégulière, il est vrai, mais d’une ma-tière très compacte. Les crayons moulés par ces deuxmanières sont carrés ; il serait trop long de les arrondir.

La troisième manière est extrêmement ingénieuse, etle moulâge se fait avec une grande rapidité. L’appareilconsiste en un cylindre ; le corps du cylindre est encuivre, d’environ 30 centimètres de longueur sur 8 à10 centimètres de diamètre intérieur. Un chapeau demême inétal est vissé solidement à une extrémité. Cech&peait retient une petite plaque, percée d’un trou de lagrosseur que l’on vôut donner au crayon.

On emplit ce cylindre de la pâte à crayon, que l’ona pressée au moyen d’un pistou à vis que l’on meut àl’aide d’une manivelle ou d’un moulinet. Le piston scvisse dans un écrou fixé sur un établi, et maintenu àun écartement fixe du cylindre au moyen de forts cram-pons en for. La pâte est bientôt refoulée dans le cha-peau, de manière que le crayon se moule en passant parcette sorte de filière. On reçoit les crayons sur une ta-blette en les maintenant avec les doigts. On les disposeainsi sur la tablette, où, après les avoir bien égalisés, onles coupe de la longueur que l’on veut.

Mais M. Fichtenberg n’a pas dit, et M. Desportes lui-même, ré-lacteur en chef du Lithographe , n’a pas ajoutéque ces trois manières de mouler le? crayons étaient déjàconnues et employées depuis longtemps dans la fabrica-tion des crayons noirs ( voir les Brevets expirés deConté, et le Manuel du papetier, par JuliadeFontenelleetPoisson, 1828, pages 213 et suivantes).

Disons aussi qu’à l’aide du troisième moule à cylindreon obtient des crayons défectueux, tortus et très cas-” sants ; que la première manière est la seule employéeaujourd’hui r et encore la meilleure, sinon la plu9prompte.

Propriétés et qualités d’un bon crayon lithographique.D’après les compositions que nous avons données ci-des-sus, et surtout d’après les résultats de l’expérience et dela pratique, il résulte que le meilleur crayon peut êtreconsidéré comme composé de trois parties essentielles,et susceptibles de bien s’unir ensemble en proportion!définies :

1° D’une partie savonneuse ou grasse propre à péné-trer et à se fixer sur la pierre lithographique, et à lor-mer avec elle un savon calcaire susceptible d’attirer etde retenir l’encre d’imprimerie. Engelman dit doncavec une certaine raison, qu’il faut éviter d’employer lesavon ou la dissolution de gomme-laque partout où onpeut s'en passer,parce qu’elle ne se combine pas avec lapierre calcaire, et ne forme pas avec elle de savon cal-caire ;

2° D’une substance grasse, compacte, qui lui donne duliant, de la solidité, pour qu’on puisse le tailler finementsans le rompre, ni le casser, et assez de fermeté, afinque la pointe puisse résister à la pression de la mainquand on dessine;

3° Enfin d’une matière colorante noire, en quantité, suffisante, afin que le dessiuateur puisse juger de l’effet! de son dessin, et que ce dessin soit rendu identiquementI par l’impression.

I. Aussi, dit Engelman, lorsque dans le cra ls