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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

portion des parties graisseuses est trop forte, relative-ment à la quantité de matières colorantes, l’épreuvevient au tirage plus noire que le dessin ne parait sur lapierre. Si, au contraire, il y a plus de noir, le dessinprésente une épreuve plus pâle.

Mais, d’après les confidences qui nous ont été faitespar M. Philippon, fondateur du Charivari , on peut par-venir h faire avec un seul corps gras acide des crayonsd'une bonne qualité, toujours semblables, possédantl’avantage d’être peu sensibles à l’influence de l'humi-dité, comme à celle de la chaleur, et de résister plusfortement à la préparation de la pierre par la dissolu-tion d’eau gommeuse et acide. Nous dirons même quecet artiste distingué compose pour ses besoins personnelsdes crayons excellents, qui ne contiennent ni suif, nicire, ni résine, ni savon. Ce fait, qui renverse toutes lesthéories ou conjectures existantes, peut guider l’opinionsur le choix des matières à employer, et épargner ainsides essais coûteux à ceux qui voudraient faire des re-cherches pour perfectionner les crayons.

3° LAVAGE DE LA PIERRE AVEC UNE SOLUTIONd’eau de gomme et d’acide. — Composition décritepar M. Tudot : 20 parties de gomme du Sénégal dis-soute à froid dans 75 à 80 parties d’eau distillée, ou, àson défaut, d’eau clarifiée ; une partie d’acide nitriqueà 34°. On applique cette composition sur la pierre avecun pinceau de putois, dit queue de morue.

Manipulation. «On fait fondre la gomme dans l’eau ;et, quand la dissolution est complète, on la fait passerait travers d’un linge fin. Cette solution, ainsi préparée,doit marquer 10° environ au pèse-acide de Baume.Si le degré est plus élevé, on ajoute de l’eau ; et, s’ilest moindre, on ajoute de la gomme.

« On verse, dans cette solution, la partie d’acide ni-trique qui doit augmenter sa densité d’un degré deplus que celui donné par l’eau de gomme seule.

, « Cette préparation seconservepeu de temps «ans alté -

ration, et le plus prudent est de ne faire le mélange quequelques heures auparavant de s’en servir. En outre,a vont de verser l'acide dans l’eau gommée, il faut s’assu-rer, avec du papier de tournesol, si elle n’est pas un peuacide ; et, dans ce cas, on recommencerait à faire d’autreeau de gomme non acide. Si on fait chauffer l’eau pour ac-tiver la solution, il est importance la laisser ensuite re-froidir ; car, la chaleur diminuant ladensité delà liqueur,on s’exposerait à commettre quelque erreur, surtout sile refroidissement avait lieu dans l’intervalle de la peséede l’eau gommée et de celle de l’acide. Le refroidisse-ment ayant' augmenté la densité de la solution degomme, on pourrait attribuer à l’addition d’acide l’aug-mentation qui serait causée par le refroidissement. »

Autre préparation qui ne s'altère pas. 125 grammesde gomme arabique ; 500 grammes d’eau distillée ;25 grammes d’acide hydro-chlorique.

M. Ridolphi, imprimeur lithographe h Turin , em-ploie tout simplement une légère dissolution de nitrate

de elumx parfaitement neutre. Ce sel liquide jouit dela propriété de décomposer le savon contenu dans l’en-cre ou dans le crayon, sans exercer aucune action surla pierre, et il -n'endommage nullement le dessin qu’ony a tracé.

M. Ridolphi prépare le nitrate de chaux dont il faitusage, en mettant dans de l’acide nitrique du commercedes éclats de pierres lithographiques, en continuant d’yen ajouter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’effervescence,étendant en>uite le liquide av»c do L’ean de puits, fil-trant et conservant la liqueur pour l’usage.

Préparation de MM. Chevalier et Langlumé . On prend\ 87 grain, de chlorure de calcium >cc que l’on fait fondredans 59$ gr. d’eau ; on passe la solution à travers un filtrede papier gris. Lorsque la îiqueurest passée, on y ajouteun mucilage de gomme arabique fait avec 125 gram. degomme en poudre, et on mêle. Lorsque le mélange estcomplet, on y ajoute 31 gram. d’acide hydro-ehlo-rique pur. On conserve ensuite dans des bouteilles deverre.

Voici les avantages que les auteurs ont cru recon-naître dans l’emploi de cette préparation : « 1° elleoffre, disent-ils, une certitude que la préparation à l’a-cide nitrique n’offre pas, puisque le lithographe mêmele plus exercé n’emploie cette dernière qu’avec unejuste défiance. 2° Répandue à l’aide d’un pinceau, elleprépare également, et d'une manière uniforme, toutesles parties de la pierre ; n’étant pas saturée au momentoù on l’applique, elle agit avec la même énergie surtoutes les parties de la surface, et son action est égale.3° Elle peut être employée avec autant de facilité surles grandes pierres que sur les petites. 4" Elle n’exigepas que la pierre soit retournée, ensuite immergée àl’aMe d’une grande quantité d’eau; opération désa-gréable, qui rend les ateliers insalubres, nuit u la con-servation des planches et à la santé des ouvriers ; deplus, elle dispense encore de recouvrir la surface de lapierre d’une couche de gomme arabique, cette gommefaisant partie de la composition. 5° Les teintes les plusvigoureuses, de même que les plus légères, viennentégalement bien, lorsque les pierres ont été acidulées decette manière. 6° Cette préparation peut être étenduesur les pierres avec la plus grande facilité, et l’opé-ration peut être confiée même à un enfant, pourvuqu'il 9oit intelligent. 7° La pierre préparée reste con-stamment humide; effet dû à ce que la préparationcontient une grande quantité d’un sel déliquescent quipénètre la pierre, et lui conserve pendant longtempsl’humidité indispensable.

« Cette propriété est d’un grand avantage ; car ona remarqué qu’une pierre qui sèche trop vite est plusdifficile a encrer, et donne beaucoup plus de peine àl’imprimeur, forcé d’employer alors un noir d’impres-sion plus dur. Coupée avec de l’eau gommée, la pré-*paration devient encore d’un grand secours pendantl’été ; elle empêche la pierre de sécher et par-là pré-vient les difficultés que l’ouvrier rencontrerait pourtirer 9on dessin pur et d’un noir bien frais, difficultésque quelques imprimeurs lithographes cherchent avaincre en employant des substances diverses (tellesque l’urine, le vinaigre, l’acide nitrique, la salive, etc.)dont l’inconvénient est d’endommager souvent les des-sins. La pierre, recouverte de préparation, rend autravail sa première fraîcheur; il ne faut, pour c>la,que la laisser reposer un quart d’heure après lui avoirfait subir cette opération. 8” Elle procure une grandeéconomie ; car l’ouvrier, n’ayant pas besoin d’employerun noir aussi dur, obtient dans le même espace dotemps, et sans être fatigué, un pins grand nombred’épreuves beaucoup plus régulières (on a reconnuqu’il pouvait en tirer un tiers en plus). 9 U Cette pré-paration sert encore à enlever des taches qui se se-raient formé: s sur la pierre pendant l’impression, tacher