LITHOGRAPHIE
LITHOGRAPHIE.
dues à ce que certains endroits ont été graissés par lecrayon ou par la chaleur delà main. Ces taches parais-sent au tirage et sont détruites par l’usage de la liqueursaline acide. »
Malgré tous ces avantages que nous n'avons pas étéà même de constater jusqu’à présent, les plus habilesimprimeurs accordent la préférence à l’acide nitriquepour la composition du liquide destinée à la prépara-tion des pierres dessinées.
Effets de la solution d'eau de gomme et d’aride ou d’unneutre soluble. — Déjà nous avons dit pourquoi onse servait de cette solution, dans le*but; 1° d’enleverau crayon et à l’encre l’alcali qu’ils contiennent, et de lesrendre ainsi insolubles à l’eau ; 2° de rendre la pierreplus poreuse et susceptible de retenir l’eau avec plus defacilité.
L’eau acidulée par l’acide nitrique ou hydrochlo-rique, ainsi que la solution de nitrate de chaux ou dechlorure de calcium, avec ou sans addition d’acidc,sont les solutions généralement employées; chacune aune action différente sur la pierre. Ainsi le chlorure decalcium ou le nitrate de chaux agissent sur l’encre seulesans altérer la pierre. Les acides nitrique et hydroçhlo-rique agissent tout à la fois sur l’encre et la pierre à la-quelle ils donnent un grain particulier. Ils remplissent cedouble but de décomposer l’encre ou le crayon, d’aug-menter leur adhésion sur la pierre, et de déterminer enmême temps la décomposition de cette dernière endonnant naissance à un composé particulier d’où résultela solidité du dessin.
Les acides atteignent encore un autre but, qued’attaquer la pierre calcaire soumise à leur action, et deformer à sa surface un poli grenu, des vacuoles quiretiennent l’eau gommée et facilitent ainsi l’application«le l’encre d’impression et le tirage proprement dit.(Jes effets, du reste, sont parfaitement définis danslin excellent mémoire de M. Houzeau, intitulé : Aperçuchimique sur la Lithographie , et publié dans le tome XII,page 174, année 1826, du Journal de Pharmacie. Nousengageons les personnes qui désirent s’instruire à lelire en entier.
« L’immersion de l’acide, dit M. Houzeau, a un buttrès important, c’est de mettre le dessin un peu enrelief, et surtout de changer la surface de la pierre cal-caire en nitrate, et de la rendre ainsi imperméable auxcorps gras. En effet, quelque soluble que soit le nitratede chaux, il en reste cependant une couche minceintimement unie à la pierre. Cette couche est très lisse ;et si, lorsqu’elle est légèrement humide, on la toucheavec un corps gras, elle n’est pas tachée; tandis qu’unesurface de carbonate de chaux, placée dans les mêmescirconstances, absorbe ce corps avec beaucoup de faci-lité. C’est une propriété qu’on observe à chaque instantdans la pratique lithographique ; car si l’on gratte une;.*ortion de la pierre préparée, et qu’on oublie d’y passerde nouveau l’acide nitrique, on voit cet endroit, quel-que bien mouillé qu’il soit, prendre le noir d'impres-sion et salir les épreuves. Les acides sulfurique etbydrochlorique- agissent à peu près de même, maisl’acide nitrique est préférable, parce que le sel qu’ilforme étant plus soluble que le sulfate et moins quele chlorure, laisse sur la pierre une couche suffisammentépaisse, tandis que le chlorure serait enlevé en entier, etque le sulfate, n’adhérant que très faiblement à lapierre, s’en détacherait par l’action de la presse et durouleau et laisserait à nu le carbonate calcaire. »
Suivant l’explication donnée parScnefelder et rappe-'lée depuis par M. Tudot , comme la pression, agissantperpendiculairement sur les traits du dessin, tend à écra-ser l'encre et à l’étendre au-delà du point où elle est fixéepar l’impression, la gomme seule s’oppose à ce que l’ex-tension de l’encre aille progressivement ; et, s’il n’yavait pas de gomme, après quelques épreuves, le dessin
aurait perdu toute sa pureté, en admettant même qu’onait pu l’encrer, ce qui exigerait beaucoup de talent. Lagomme est retenue mécaniquement dans les pores de lapierre par leur capillarité ; lorsque, après les épreuvesd’essai, on gomme de nouveau, elle remplit les poresagrandis et colore en jaune la surface de la pierre.
« Enfin, le mélange d’acide et de gomme a l’avan-tage de retenir l’acidulation sur les parties foncées,au lieu que sans ce moyen la graisse repousse con-stamment l’acide, ce qui s’oppose à son action surces parties, et expose à aciduler trop fortement lesparties claires. Un fait bien observé est que l’a-cide nitrique agit avec énergie sur la pierre, et qu’ilfaut, pour que cette action ait lieu, qu’elle soit prolon-gée quelque temps; mais soit que cet acide neutralisecomplètement la partie superficielle du crayon sur la-quelle il peut agir, soit qu’il n’agisse pas sensiblement,il ne présente aucun inconvénient sur ce point ; son ac-tion sur la pierre n’étant pas simultanée, on a le tempsd’étendre la préparation sur toute la surface du dessin,la solution de gomme diminuant sa fluidité, l’empêchede pénétrer profondément dans les pores de la pierre,rend sen action superficielle, et par conséquent meil-leure. C’est donc cet acide que l’on doit employer. »
4° encre d’impression. Sa composition est : huilede lin brûlée, et noir de fumée ou de résine calcinée(voyez encre d’imprimerie).
Nous n’insisterons pas davantage sur cette matièrequi est décrite suffisamment, page 1340, mais nous per-sistons toujours dans l’opinion que nous avons émiseprécédemment, sur le mode de fabrication d’une bonneencre d’impression, composée de suif, de résine, debaume-résine, de cire, de savon de résine, etc., qui sècheou se carbonise beaucoup moins que l’huile de lincuite.
Nous sommes conduits à cette conclusion, en exami-nant les effets de l’influence réciproque de l’air et del’huile; quand on imprime, les résultats de ces effetssont de plusieurs sortes, et très pernicieux. Le premierrésultat est que l’encre d’imprimerie ordinaire, qui estun composé d’oxygène, d’hydrogène et de carbone aune tendance naturelle à se combiner avec l’oxygène del’atmosphère, et à former'promptement, lorsqu’elle estétendue en couche mince, une combinaison particu-lière, une résine plus ou moins noire et dtrrc, qui perdplus ou moins son affinité pour les corps gras ; de làvient la difficulté que l’imprimeur éprouve souvent pourprendre l’encre d’impression sur la table au noir et ladistribuer également et uniformément sur le dessin.
Le second vice se retrouve à nu haut degré dans l’im-pression des l&hographies en couleurs. Ainsi, la cou-leur jaune du vernis altère et modifie la nuance et lavivacitéde certaines matières colorantes. On peut faire,sans doute, un vernis gris-blanc, en y ajoutant après lacuisson, du chlorure de zinc, de chaux ou une petitequantité de lait de-chaux; mais ce vernis offre d’autresinconvénients dans la pratique, par exemple, celui des’étendre, de se distribuer difficilement sur le rouleaud’encrage, et sur la pierre, etc. Il détruit les couleursvégétales.
Les oxydes de plomb, de fer surtout, mélangés avecl’huile, se désoxydent au contact de l’air et prennentdifférentes teintes noirâtres. Les couleurs composées d’a-cide carbonique ou de chaux, et d’un corps métallique,lechrôme, la cendre bleue ou verte, par exemple, formentavec l’huile un savon métallique, et-les substances per-dent la plus grande partie de leur couleur. Le bleu d’ou-tre-mer factice mêlé avec l’huile prend une teinte terneet plus foncée.
de la zincogràphie. Senefelder a fait de nombreuxessais pour remplacer la pierre lithographique par desplanches de zinc, d’un emploi beaucoup plus commode,surtout pourl’autographie.