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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

L'impression sur zinc n'est peut-être pas aussi facileet aussi certaine que sur les pierres lithographiques, etc’est là son principal défaut, auquel on remédiera sansdoute, mais il présente les avantages suivants :

Prix d’achat 5 fois moindre que celui des pierresde Munich , premier choix, et 3 fois moindre que cellesdo Châteauroux , premier choix.

2° Grain plus dur, plus serré, et par conséquent plusfacile à l’exécution et plus résistant à l’acidulation et àla pression.

3° Résistance au choc et à la chaleur.

4° Transport facile et beaucoup moins fatigantpour l’ouvrier.

5° Vente certaine et valeur réelle que l’on peut réa-liser sur l’heure au prix de 20 fr. à 30 fr. les 400 kilo-grammes , c’est-à-dire avec une perte de 20 à 30pour 4 00 ; tandis que la valeur de la pierre est fictiveet d’une réalisation difficile.

6° Les planches de zinc exigent la centième partiede l’emplacement que nécessite le classement despierres lithographiques.

7° Elles exigent moins d’embarras, moins de soinset de précautions de la part des ouvriers pour garantirles dessins des ravages du temps et de l’humidité.

Choix et propriétés du zinc laminé et propre à impri-mer. — On trouve dans le commerce du zinc laminéde deu£ qualités différentes que l’on distingue sousles noms de zinc dur et zinc mou (effets dus à la fusion,au recuit et au refroidissement au contact de l’air froid).f *e zinc dur doit être préféré pour l’impression, et on/e reconnaîtra facilement par le bruissement aigu etsonore qu’il rend lorsqu’on lui fait éprouver des o«cri-lations saccadées.

Un dessin fait sur zinc mou ne donne que des épreu-ves faibles ; peu à peu le trait graisseux disparaît ou sedépouille comme sur la pierre tendre.

Le prix modique de ce métal doit le faire préférer àtous les autres (cuivre jaune, bronze, cuivre rouge) quiprésentent, d’ailleurs, une densité plus considérable etqui exigeraient encore une main-d’œuvre et une pré-paration plus coûteuses.

En tout état, le zinc a de Vaffinité pour les corpsgras ; lorsqu’il est poji, il &st mouillé très difficile-ment par l’eau , mais, usé à sa surface simplement parle sable mêlé avec de l’eau, c’*est-à-dire grainé, oulorsqu’il a été attaqué par un acide faible ou affaiblipar l’eau, ou par un sel soluble, il se mouille presqueaussi facilement que la pierre lithographique, et les aspé-rités dout il est couvert retiennent les particules liquides.

Sa dureté est plus grande que celle de la pierre, elleaugmente lorsqu’il a été écroui et laminé, et son grainest surtout bien différent ; il est plus serré, plus distinctet plus uni.

On diminue et on corrige en partie les défauts de com-pressibilité, de ductilité, de flexibilité, de dilatabilitéet de contractilité du zinc laminé en doublant l’une de sessurfaces, préservée, au besoin, de l’oxydation, par unecouche d’une dissolution concentrée de tannin, avecplusieurs feuilles de papier ou de carton que l’on fixeavec de la colle de pâte, ou mieux de la colle au fro-mage ou de la céruse ; on dresse ensuite les surfaces eton régularise les épaisseurs en les soumettant succes-sivement sur toutes les dimensions à l’action d’unepresse à imprimer ou d’une machine plus puissante.On évite encore l’oxydation du zinc en le couvrant d’uncorps gras non acide.

On augmente l’attraction du zinc pour les corpsgras, l’eau et les liquides mucilagineux, en usant eten attaquant sa surface à l’aide ii : un grainoir en zincdont la surface frottante est composée de plusieurs rai-nures qui se coupent à angles aigus avec du grès fintamisé et de l’eau mêlés avec un peu de dextrine et decarbonate de potasse ou de l’essence de térébenthine,

qui a pour effet de diviser les particules et de lesempêcher de rayer le métal. On forme ainsi sur sa sur-face des vacuoles, des grains , des aspérités aiguës, fineset uniformes qui facilitent le travail de l’écrivain oudu dessinateur et qui retiennent très facilement lescorps gras et les liquides.

On plonge la feuille de zinc, après l’avoir dégagéede toute malpropreté, dans de l’eau de chaux ou autredissolution alcaline (carbonate de potasse, de soude oud’ammoniaque) qui décompose complètement le fer etfacilite, au contact de l’air, l’oxydation et la combi-naison du plomb qui est contenu dans le zinc. Onlave la planche à grande eau, on l’essuie avec unlinge, et on la fait sécher très promptement en la plon-geant dans delà sciure de bois blanc légèrement chaaffée.

Manière de préparer la planche de zinc dessinée* —On prépare l’empreinte de l’écriture à l’encre et du des-sin au crayon faite sur le zinc, par un lavage superficielà l’eau saturée de chlorure de zinc ou d’un acide affaibli(nitrique, hydrochlorique, phosphorique) qui le rendinsoluble , décape la portion non dessinée du métal etenlève l’oxyde qui la recouvre.

On lave ensuite la planche dans l’eau claire et onl’enduit aussitôt, avec un pinceau de putois, ditqueue de morue, d’une décoction tiède et concentrée denoix de galle qui se fixe sur les parties qui n’ontpoint été dessinées, qui contracte avec elles une adhé *sion, une cohésion intime. Cette couche insoluble detannin garantit le zinc du contact immédiat de l’eau etle rend plus susceptible de recevoir, sans altérationsensible, l’eau et les liquides mucilagineux.

Pour imprimer proprement, et pour éviter ce qu’onappelle en terme d’imprimerie Vempâtage ou Vempâte-ment , il est essentiel de mouiller la planche convenable-ment, ni trop, ni trop peu, à l’aide d'une éponge fine,avec de l’eau rendue un peu visqueuse par la dextrineblonde, à laquelle on a ajouté un peu d’alcool pour ladisposer à la dissolution.

La grande difficulté, nous le répétons, est de passerle rouleau d’impression sur toute la surface du dessin,de manière que l’encre ne s’attache qu’aux traits. Ony arrive, cependant, avec un peu de pratique et de pré-caution. Une amélioration utile serait, nous le croyons,de recouvrir le rouleau d’une couche très légère decaoutchouc, et d’employer surtout une encre spéciale,comme nous l’avons dit précédemment, dans laquelle iln’entrerait que peu ou point d’huile cuite Nous avonsfait des essais qui nous permettent de prédire des résul-tats avantageux à qui voudra bien nous comprendre.

Le 4 juin 4834, M. Brugnot, géographe, a pris unnouveau brevet d'invention de quinze ans, pour uumoyen de remplacer la pierre lithographique par le zinc.Ce brevet est exploité aujourd’hui par M. Kœpplin,imprimeur lithographe à Paris ; mais le seul procédésusceptible d’être breveté, ne peut consister que dansla formule ou composition propre à préparer ou aci-duler le zinc.

A la rigueur, l’invention de cette composition, quin’est autre chose que le résultat de la combinaison dçstrois acides (gallique, nitrique,hydrochlorique), peut êtrecontestéeàM.Brugnot, puisque M.Tudot avaitdjt, avantlui, en indiquant le mode de la préparation des pierres :« On essaiera les combinaisons d’acides, car les acidespeuvent se combiner entre eux sans s’altérer, et donnernaissance à de nouveaux acides doués de propriétés par-ticulières. »

Il y a quelques années, M. Laurent, sous-préfet deNeufcbâteau (Vosges ), a imaginé un moyen tout diffé-rent de celui qu’on employait jusqu’à ce jour pour pré-parer ou aciduler le zinc, et le rendre propre à imprimerun grand nombre d’épreuves autographiques.

Il s’avi e a, avant de transporter l’empreinte de Vau-