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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

tographie, de laver la planche de zinc poncée avec del'eau légèrement saturée d’acide hydrochlorique, demanière que cette dissolution marquât 2 à 3° à l’aréo-mètre. Illavait cette planche à plusieurs eaux, l’essuyaitbien avec un linge propre et doux et la faisait sécherpromptement. Ensuite il transportait l’autqgraphie parles procédés ordinaires; il acidulaitet lavaitde nouveaula planche de zinc, puis il la recouvrait d’une couchede gomme non acide et la faisait sécher devant unfeu doux. Après cela, il imprimait comme à l’ordi-naire.

Nous avons appris ce procédé par l’employé lui-même qui opérait la préparation et les tirages, et quinous a affirmé qu’il avait imprimé avec facilité jusqu’à3,000 circulaires, suivant le besoin du service admi-nistratif.

Il est facile de comprendre le but de l’acidulationpréparatoire, qui a pour effet : \° d’enlever et de dis-soudre l’oxyde qui recouvre la surface du zinc, de secombiner avec lui pour former un chlorure de zinc so-luble ; 2° de décaper le zinc en attaquant sa surface, etproduisant des cavités qui reçoivent et. retiennent plusfacilement les corps gras.

Emploi d'une planche de cuivre plané, et doublée d'uneseconde planche de zinc laminé. L’assemblage de cesdeux planches forme nn véritable couple voltaïque, quiest très propre à l’impression lithographique, commenous l’avons expérimenté nous-même.

La première idée de cette application appartient àM. Legey, ingénieur-opticien, qui a adressé ses premiersessais à la Société d’encouragementen 1833 (voir le Bul-letin de cette Société, décembre 1 834). Nous avons fait im-primer sous nos yeux, en 1840, un millier d’exemplairessur une pareille planche qui avait été disposée parM.Le-goy lui-même dès 1834. Nous pouvons attester que lesépreuves n’ont pas été inférieures à celles qu’on obtieutjournellement sur la pierre lithographique.

Manière de procéder : On prend une planche de cuivreplanée, polie, et on la double d’une planche mince dezinc que l’on fixe, en retournant seulement les angles,suçla planche de cuivre, sans les souder, afin de con-server aux deux métaux la faculté de se dilater et des’allonger sous la pression et selon la température.

On décape la surface du cuivre avec de la cendre debois tamisée et délayée dans de l’eau, en frottant douce-ment, et toujours dans le même sens, avec un chiffonde linge ou d’étoupe. On essuie ensuite la planche avecun linge propre pour enlever la poussière qui, dans l’ac-tion du décapage, a sali sa surface; puis on décalquel’autographie, on l’acidule et on l’imprime par les procé-dés ordinaires.

L’effaçage de l’autographie s’opère avec de la cendreet de l’eau; mais on pourrait l’effectuer plus aisémentet plus convenablement avec de la pierre ponce en pou-dre très fine et de l’essence de térébenthine : c’est unmoyen que nous avons employé sur ziuc et qui nous aréussi parfaitement.

Emploi des compositions pierreuses et calcaires. Sene-feîder avait pris un brevet, en 1819, pour diverses com-positions de cette espèce ; la Société d’encouragement luia accordé, en 1820, une mention honorable, particulière-ment pour cette invention (voir le tome XIX, p. 212).

Le 30 mars 1819, M. Joseph Guilloud et Laprevôteont obtenu un brevet pour un procédé de fabricationd’une pierre factice pour la lithographie.

En 1838. M. Berhend a demandé un brevet d’inven-tion, actuellement déchu, pour des pierres artificielles.

Nous donnons textuellement la composition d’aprèsl’original du brevet lui-même, déposé au Conservatoire,et dont le titre seul est publié (voir la publication desBrevets expirés).

On prend : 1 ° caséine pure ( la matière caséeuse dulait); 2° Albumine; 3° Cérnse (carbonate de plomb);

4“ Chaux vive ; 5° Potasse ou soude caustique ; 6° Sul-fate de zinc ou de cuivre ; 7° Alun cristallisé.

« On mêle toutes ces substances dans des proportionsvariables selon la dureté et la consistance que l’on désiredonner à la masse pierreuse. On met une couche mincede cette masse sur une planche de zinc, de cuivre, d’é-tain ou sur une feuille de papier, et on la laisse sécherauprès du feu ; ensuite on presse chaque planche quiest encore polie ou grenée. »

Nous empruntons au journal le Lithographe (4* année,page 226) la manière de traiter ces planches pour l’im-pression ; mais le rédacteur en chef, M. Desportes, nousappreud que les détails lui ont été communiques parM. Berhend lui-même.

a Lorsque le travail du dessinateur ou de l’écrivainest terminé, on fait subir un lavage d’alun à la planche,s’il y a eu des grattages pendant l’exécution. Ce lavagesc fait en laissant la planche environ dix minutes dansun bain d’eau alunée, on la lave ensuite à grande eau,puis on l’acidule avec un peu d’acide hydrochlorique,étendu d’eau ; c’est là le point le plus délicat et le plusimportant de l’opération, celui qui exige le plus d’ex-périence. Le degré de l’acide ne peut être indiqué quepar le genre de travail confié à la planche artificielle;il faut» tenir compte, 1° de la qualité de l’encre ou ducrayon ; 2° de la fermeté du dessin ou de l’écriture ; ledessin à l’encre supporte une bien plus forte acidulation.On peut, par approximation, juger du degré de forcede l’acide en en faisant tomber une seule goutte sur lebord de la planche; l’apparition de petites bulles, aubout de quelques secondes, indique généralement le de-gré necessaire. C’est au praticien à estimer la rapiditédu dégagement des bulles et de leur nombre suivantles circonstances. On ajoute à l’acide une dissolution dogomme arabique ; on étend le mélange sur la planche eton le laisse aiusi trois ou quatre minutes.

« Après cette acidulation on lave la planche commeprécédemment, et on la plonge dans une décoction denoix de galle contenue dans un vase assez étendu pourpouvoir la contenir tout entière. La planche reste dansce bain deux ou trois heures; après, on la lave sansfrottement, et on la couvre d’une forte dissolution degomme arabique, à laquelle on ajoute une petite décoc-tion d’acide gallique.

« Il est nécessaire que la planche reste dans cet étattrois ou quatre heures.

« Pour encrer la planche artificielle de M. Berhend,on la fait tremper dans de l’eau; on l’essuie légère-ment; on la pose sur une pierre lithographique caléedans la presse; on prend avec une éponge un peud’essence de térébenthine et de l’encre d’impression dé-layées ensemble; on fait avec cette éponge de légèresfrictions sur la planche, jusqu’à ce que l’encre ou lecrayon du dessin soit remplacé par l’encre de l’éponge.Péndant cette opération, il ne faut pas négliger detenir de l’eau sur la planche; enfin, on passe légère-ment le rouleau, et on tire les épreuves : la pression nedoit pas être forte, surtout pour commencer.

« Si la planche faisait mine de s’empâter, ce quidénoterait une acidulation trop faible, il faudrait l’en-crer à l’encre de conservation, et la couvrir avec ladissolution de gomme arabique mêlée à la décoction denoix de galle.

«Si, au contraire, le dessin prenait difficilementl’encre, défaut qui provient d ; une acidulation tropforte, il faudrait le frictionner légèrement avec unmorceau de flanelle ou de drap imprégné d’huile depied de bœuf et d’encre d’impression. Pendant l’opéra-tion, il est essentiel de tenir la planche mouillée.

« Pour fixer ces planches sur la pierre pendant letirage, on les enduit par derrière d’un mélange composéde parties égales de colophane, do térébenthine et d’es-prit de vin.»