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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

Dans la séance du 10 mai 1841, M. Kuhlmann, deLille, a communiqué à l’Académie des Sciences unprocédé pour la fabrication des pierres artificielles :

« On fait bouillir, dit-il, pendant deux heures, des ta-bles de craie de 5 à 6 centimètres d'épaisseur dans unedissolution de silicate de potasse d’une densité de 1,15 à1,20. La quantité de silice absorbée dans cette opéra-tion est celle qui se trouve dans le calcaire siliceuxqui constitue la pierre lithographique naturelle, c’est-à-dire 5 à 6 pour 100 du poids de la pierre. L’auteurn'a pas indiqué le mode de préparation ou d’acidulationavant l’impression, et c’est là un point très importantà connaître. Nous pensons, du reste, que cette pré-paration doit être un peu différente de celle qu’onemploie généralement sur la pierre; et, à l’appui denotre opinion, nous pouvons citer les essais infructueuxqui ont été faits par des lithographes distingués, sur lespierres calcaires et siliceuses que M. Petit a décou-vertes dans la commune de Mirecourt , département desVosges . »

ÉCRITURE ET DESSIN SUR PIERRE.

A la plume . On emploie généralement pour écrire etdessiner sur pierre des plumes faites avec une lame d’a-cier très mince que chaque artiste taille avec un canifet une paire de ciseaux. On dissout l’encre litnographi-que dans un godet avec un peu d’eau, comme on lefait pour l’encre de Chine. (Voyez encre lithogra-phique).

j4u crayon. Le dessinateur emploie pour manier lecrayon des porte-crayons en cuivre pour les teintes vi-goureuses; des porte-crayons en carton ou en roseau,ou même un cylindre de papier roulé autour du crayon,pour les demi-teintes.

Le dessinateur doit avoir aussi *. 1° un grattoir pourrectifier les fautes qu’il peut commettre, enlever lesblancs vifs , et nettoyer les marges de la pierre. Le grat-toir doit être en acier ; sa forme varie selon l’idée dudessinateur.

2° Une pointe. C’est un instrument destiné à enleverdu noir dans des parties trop vigoureuses. Il doit êtreen acier et monté sur un petit manche ; enfin, sembla-ble en tout à celui dont se servent les graveurs.

3° Un blaireau , pour nettoyer la pierre. On doit avoirsoin de le tenir très propre et éloigné des corps gras.Cette espèce de brosse ou pinceau sert à enlever lapoussière et les morceaux de crayon qui pourraienttomber ou rester sur la pierre pendant le travail dudessinateur.

4° Un ou plusieurs- canifs pour tailler les crayons.

5° Du papier-verre. Ce papier est destiné à faire lapointe du crayon lorsqu’elle est émoussée. Son usageévite l’emploi trop fréquent du canif et une perte detemps. Il faut que ce papier soit très fin.

6° Un miroir. Cet instrument varie selon la grandeurde la pierre qui doit recevoir le dessin : il est nécessaireau dessinateur qui copie toujours dans un sens in-verse.

9° De3 petits pinceaux en poil de blaireau (ou uneplume d’acier), un bâton d’encre lithographique et ungodet. Ces pinceaux sont destinés à donner des tou-ches vigoureuses. Pour cela, on fait chauffer le bâ-ton d’encre à la chandelle, et comme si l’on voulait ca-cheter une lettre; lorsque l'encre est presque fondue,on porte le bâton dans le godet et on remue de manièreà garnie les parois intérieures de cette encre ; ensuite,à l’aide d’une petite quantité d’eau distillée, on la faitdissoudre en remuant la solution au moyen d*un petittube de verre ou avec le doigt : on obtient de suite del’encre bien liquide. Si elle s'épaissit trop, ce qui arrivesouvent dans l’été, on y ajoute une petite quantité d’eaudistillée, en la faisant chauffer, et en agitant Tenu

chaude avec le bâton d’encre qui se dissout et qui four-nit l’encre liquide. Le mélange de cette encre avec lecrayon offre des ressources précieuses pour le dessin, etparticulièrement pour le genre du paysage ; mais il fautavoir soin de ne jamais l’employer que pour le trait,car on ne pourrait s’en servir pour faire un lavis. Ondoit avoir adssi le soin de laver son pinceau chaque foisque l’on s’en est servi : sans cela il serait perdu.

( Extrait du recueil de MM. Chevalier et Lanylumé ,page S8).

Taille-crayon mécanique pour dégrossir et affiler lapointe du crayon gras (fig. 1470). Ce taille-crayon sug-gérera peut-être à un autre plus habile l’idée de faireun meilleur instrument ; et comme le disait l’illustreinventeur de la lithographie, qui a cherché aussi untaille-crayon mécanique : « Si un autre le découvr-’avant moi, il aura de justes titres à la reconnaissancede tons ceux qui emploient le crayon lithographique, etil leur donnera beaucoup de facilité pour exécuter debons ouvrages. »

A, A, bâtis ou supports dont le socle est muni d’untiroir, dans lequel on renferme les crayons.

C, poulie à gorge adaptée sur axe horizontal, dontl’une des pointes tourne à pivot dans la vis creusée F, etdont l’autre extrémité reçoit la fraise ou taille-crayon E.

E, fraise on taille-crayon, composé de quatre lamesd’acier se coupant à angles droits et formant à l’Inté-rieur un cône régulier, suivant la forme de la pointe queTon veut donner au crayon.

D, grande roue que Ton met en mouvement àl’aide d’une manivelle pour faire tourner le taille-crayon E.

G, rainure dans laquelle on élève ou on abaisse l’axede la grande roue D, pour tendre plus ou moins la cordeà boyau qui transmet le mouvement à la poulie C ainsiqu’au taille-crayon.

L, règle servant de point d’appui à la main lorsqu’onveut tailler un crayon ; ainsi on tient le crayon de tamain gauche, on enfonce Tune de ses extrémités entreles lames du taille-crayon E. et on tourne simultané-ment la manivelle de la grande roue D.

Les lames du taille* crayon E rabotent et débitentla pâte du crayon en copeaux minces, qui s’engagenten partie dans les intervalles à jours ménagés entreles lames contiguës. On enlève ces copeaux de tempsen temps, pendant l’opération, à l’aide d’un piuccauen poils de sanglier. Cette précaution est indispensablepour éviter la cassure du crayon. On nettoie souvent leslames avec de l’essence de térébenthine, que Ton meravec uu pinceau, et on les essuie bien avec un lingepropre.

Comme les copeaux sont projetés autour du taille-crayon, en vertu de la force centrifuge, il est bon de lesarrêter et de les recueillir; pour cela, on pose la petiteboîte eu fer-blanc (fig. 1471), H I J, sur le taille-crayon, de manière que la rainure J glisse sur la règleR, et la fraise E s’engage ainsi dans le trou K.

Au moyen de cette disposition, le taille-crayon estrenfermé; mais on peut toujours voir le travail, en re-gardant au travers des verres à vitre I, qui forment lesdessus de la boîte.

On présente le crayon à la taille de la fraise, en l’engageant dans un petit trou pratiqué sur la face opposéeau côté IC.

Pour tailler les crayons carrés, on commence par lesarrondir un peu, eu les passant dans une espèce de fi-lière, formée d’une plaque de cuivre portant un trou dela grosseur du crayon que Ton veut avoir. Cette plaquede cuivre est montée, avec des vis, sur un morceau debois également troué dans toute sa longueur pour laisserpasser le crayon arrondi.

Taille-crayon circulaire de M. Coursier , mécanicien(fig. 1472). Cet instrument sert spécialement à tailler les