LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
Quelques auteurs ont affirmé cependant qu'on nepeut effacer convenablement avec la préparation deMM. Chevalier et Langlumé. Le fait est exact, si l'en-cre qui recouvre le dessin à effacer est composée d'huilede lin seule, ou d’un corps gras, parmi lesquels l’huilede lin domine. Cette encre, étant anciennement apposéesur le dessin, est trop oxydée , et difficile alors à enle-ver en la saponifiant.
D’un autre coté, si le dessin est en relief, ce qui arrivesouvent par suite d'une acidulation trop forte et del'impression très prolongée elle même, il est indispen-sable de frotter la pierre avec du sable ou de la pierre-ponce pour unir sa surface.
Autre moyen d'effaçage , par M. Knecht, auquel laSociété d'encouragement a décerné une médaille d’oren 1828 (voir Bulletin de septembre 1828, page 356).
Ce moyen, applicable principalement à l’effaçagepartiel d’uu dessin, consiste à enlever avec de l’essencede térébenthine la partie du dessin qu'on veut effacer,en y revenant à plusieurs reprises et jusqu'à ce qu’onn’aperçoive plus de traces anciennes ; on lave ensuite àl’eau simple, on acidulé avec du vinaigre la partie net-toyée avec de l'essence et de l’eau; on laisse sécher lapierre, et on raccorde ou on termine le dessin.
Il faut avoir soin surtout de ne pas attaquer la partiedessinée qui ne doit pas être effacée, et de ne dessinersur la pierre que lorsqu'elle est bien sèche.
Senefelder avait déjà indiqué, dans son ouvrage,le moyeu d'effacer les dessins avec de l'essence et duvinaigre, et nous saisissons avec empressement cetteoccasion pour restituer l’invention à son véritable au-teur.
Autres moyens d'effacer des dessins incises ou gravésen creux daus la pierre. (Extrait d’un rapport fait à laSociété d’enrouragemenl , par M. Gauthier de Claubry.Voir le Bulletin de décembre 1830).
« L’acide acétique enlève bien les traits superficiels*mais il pénètre mal dans le fond des tailles profondes,et enlève difficilement la portion du dessin sur laquelleil agit.
a L’acide sulfurique attaque fortement la pierre, larecouvre d'une couche mince de sulfate de chaux, surlequel ou grave mal ensuite.
L’acide nitrique efface bien, mais il donne à la pierreun grain particulier; son action doit être prolongéequelque temps.
« L’acide liydrochlorique efface avec la plus grandefacilité; les traits les plus fins disparaissent et la pierrene change pas de grain dans le point attaqué ; l’actionde cet acide demande à être bien dirigée pour ne pasattaquer la pierre.
« Mais l’acide phosphorique enlève parfaitement ledessin; son action est modérée, facile à borner auxpoints où il est nécessaire de la produire, et le grainde la pierre n’est pas changé. C’est cet acide queMM. Knecht et Girardet avaient indiqué, et dont ilsfont usage dans la correction de la Flore du Brésil.
« Il est nécessaire que la pierre soit mise préalablementà l'encre grasse avant <f enlever à l’essence le dessin quiest tracé., et détruire ensuite, par le moyen de l'acide,les traits à remplacer. Par ce moyen, on ménage lesparties environnantes et on ne risque pas de fatiguerla planche.
« La potasse ne produit que très difficilement un effetsur la pierre incisée ; elle n’attaque que très peu le fondde$ tailles, son usage aurait d’ailleurs l'inconvénientd’être long. »
Senefelder avait dit aussi, dans son ouvrage, p. 147,que l’acide phosphorique est encore meilleur que l’eauforte pour effacer ; et la Société d’encouragement a ac-cordé, en 1830, un prix de 1,000 fr. à MM. Knecht etGirardet, pour l'emploi de cet agent à effacer , sans mêmeciter Senefelder , le premier inventeur.
GRAVURE EN CREUX A I.A POINTE SECHE.
Procédé décrit par MM. Chevalier et Langlumé. « Onchoisit une pierre grise, d’une pâte bien homogène etdure et dont les deux faces sont partaitement unies; onla polit à la pierre ponce. Lorsqu'elle est bien poncée,on l’acidule comme s’il y avait un dessin dessus; onlaisse agir la préparation pendant 25 à 30 minutes, onla lave ensuite à grande eau, et on la laisse égoutter«n moment ; on la gomme très légèrement une secondefois avec une éponge pour ne pas éprouver de peine enfaisant agir le burin, qui, sur une couche épaisse, glis-serait et n’atteindrait pas. Il faut que cette couche soitseulement assez forte pour que la main ne puisse l'enle-ver entièrement, lorsqu’on l’appuie dessus, et que lesouffle (l’haleine) ne la détrempe pas. Lorsque lagomme est sèche, ce qui ne demande que quelques in-stants, on la noircit et on la rougit (selon la volonté del’artiste) en jetant sur la couche de gomme de la poudrede sanguine, de vermillon ou de noir de fumée; à l'aided’un léger frottement, et en se servant de coton, onétend la couleur sur toute la surface ; elle est nécessairepour qu'on puisse apercevoir le travail que fait la pointe.On procède ensuite au décalque du dessin, en se ser-vant d’une encre opposante à celle qui est sur la pierre,en passant sur tons les traits du dessin avec une pointeémoussée, afin de ne pas égratigner la couleur degomme ou la pierre ; on peut aussi, et sans faire de dé-calque, tracer directement son dessin sur la pierre.(Voy. dessin).
« Le calque terminé, ou l’esquisse faite au crayon,le dessinateur, muni de pointes et de burins de diffé-rentes sortes, grave son dessin, qui doit paraître enblanc, pour faire opposition à la couche noire ou rouge,fl faut avoir soin de ne pas trop creuser les lignes fines,bans cela, le dessin ne viendrait pas au tirage, le papier! ne pouvant pénétrer au fond de ces lignes. Les ligneslarges se pratiquent, soit avec un burin qui donne d’uneseule fois toute la largeur du trait, soit avec de petitespointes, en y revenant à plusieurs reprises. A mesureque l’on grave la pierre, il y a production de poussièreblanche, qu’on doit enlever, soit avec une petite brosse,soit avec un blaireau, ou bien encore en soufflant dessusavec un soufflet; il ne faut pas se servir de l’haleine,dans la crainte de donner au travail une humidité quilui serait nuisible. Lorsqu’on s’occupe de graver surpierre, il faut éviter de laisser tomber sur la pierre, entravaillant, des corps gras, et même d’y porter lesmains. Le travail, lorsque la pierre a été salie par de lagraisse ou de l’huile, devient très difficile; la pointe estsujette à glisser et peut donner lieu à des accidentsdans le dessin ; en outre, la couche de gomme étant trèsmince, elle peut être pénétrée par le corps gras, ce qui,lors du tirage, donnerait lieu à des taches.
« On doit aussi éviter de laisser tomber de l’eau surla pierre, ou de la mouiller de toute autre manière ; l’eaudissolvant la gomme, la solution pourrait s’introduiredans les traits et les rendre impropres à prendre le noir.La gravure sur pierre offre quelques difficultés pendantles temps froids. La pierre plus froide que la tempéra-ture du lieu, se couvre d'eau qui dissout la gomme etdonne lieu à des accidents qui empêchent le travail. Ondoit donc, pour éviter ces accidents, tenir la pierredans tin lieu dont la température soit égale, afin quel’eau ne se condense pas sur la surface de la pierre et nedissolve la gomme.
Corrections. « Il est difficile de corriger tes faux traitsI qui auraient pu échapper à l’artiste dans la gravure de; la planche. On est obligé, pour ces corrections, de grat-• ter ; et si l’on n'y prend garde, on forme alors une con-! cavité dans laquelle on trace une partie du dessin quiI ne vient pas au tirage : pour éviter cet inconvénienti grave, il faut donc avoir soin de gratter légèrement, en