LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
pas suffisamment profonds; on les crense encore à l’é-choppe ou au burin d’une quantité suffisante pour quel’irnpripieur, avec ses balles, ne puisse atteindre le fondde la gravure, ce qui noircirait le papier.
Comme on voit, le procédé de Duplat diffère peu'decelui déjà décrit par Dufay, et il lui est même infé-rieur sous le rapport de la promptitude et la sûreté desopérations. On comprend aisément qu’il est plus long etplus difficile de creuser la pierre avec un burin, commel’a fait Duplat, que de dessiner et d’écrire dessus avecun pinceau ou une plume, comme Dufay l’a pratiqué.
Au résumé, le point difficile de la gravure en reliefest de composer un vernis susceptible de s’employerfacilement, de s’attacher fortement à la pierre, et de
« On y ajoute peu à peu 62 grammes de poix grecque,ou asphalte réduit en poudre fine (1 ).
u On laisse cuire le tout jusqu’à ce que le mélangesoit bien fait : on retire alors le vase du feu ; on lelaisse un peu refroidir, et on verse la matière dansl’eau tiède, afin de la manier facilement ; on en faitde petites boules que l’on dissout au fur et à mesure dubesoin dans de l’essence de lavande en quantité suffi-sante pour obtenir un vernis du degré de consistauceconvenable.
« Ce vernis s'applique avec la plus grande facilitésur la pierre, en se servant du rouleau à la manièreordinaire. Quand la quantité que l’on juge convenabley a été fixée, on borde la pierre avec de la cire comme
m. %
-N^
4474.
ne pas se détacher par l’action de l’acide ; en un mot,le meilleur moyen consiste à dessiner et à écrire à lamanière lithographique ordinaire sur la pierre, à cou-vrir les traits avec un vernis, à attaquer ensuite celui-ci par le moyen d’un acide, et à obtenir des traits assezen relief pour qu’il soit possible d’eu tirer des épreuves.
Voilà le problème que M. Girardet a résolu, et pourlequel la Société d’Encourageuient lui a décerné unprix de 2,000 francs en 4831 (voir le rapport fait à laSociété d’Encouragement par M. Gauthier de Claubry,Bulletin de décembre 4 831 ;.
« C’est à la confection d’un vernis facile à prépareret peu coûteux, dit le rapporteur, qui s’applique avecune grande facilité sur le dessin lithographique et quiadhère tellement à la pierre qu’il peut supporter l'ac-tion d'un acide assez fort pour la creuser profondémentsans qu’il s'en détache, même dans les plus petits dé-tails, que M. Girardet a dû le succès qu’il a obtenu.
« Voici le procédé qu’il a suivi pour sa préparation.On fait fondre dans un vase neuf en terre vernissée endedans :
62 grammes de cire vierge,
16 grammes de poix noire,
pour une eau-forte, et on verse dessus de l’ean à lahauteur de quelques lignes, puis de l’acide nitriqueétendu d’eau en quantité suffisante pour que l’actionuesoit pas trop vive; au bout de cinq minutes, la li-quenr ayant été retirée et la pierre lavée, on la laissesécher et on passe de nouveau le rouleau imprégné dumême vernis, de manière à bien garnir les caractèresou les traits du dessin, et, après qu’elle a été bordée depouveau, on l’acidule une seconde fois, pendant trois àquatre minutes, et on lave comme la première fois.
« Par cette seconde application, le vernis, qui adhèrefortement aux traits, forme un relief assez considérablepour que l’on puisse tirer des épreuves à sec.
^ Les essais faits en présence de vos commissairesont prouvé que des traits faits sur une pierre et encrésavec le vernis dont nous nous occupons viennent danstoute leur intégrité, lorsqu’après l’action üe l’acide
fl) La recette de ce vernis est exactement la même quecelle qui a été publiée en 4775 dans un livre intitule : L'Artde graver au pinceau, par Stapart, qui l’avait uuisee,comme il l’avoue lui-mème, dans VEncyclopédie. C’ost cequi a fait dire, depuis, à plusieurs auteurs, que M. Girar-det n’avait rieu invente.