Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

leur relief leur permet d’agir comme caractères typo-graphiques.

« Ain -i, on peut dessiner sur la pierre uue carte degéographie ou tout autre objet, y tracer des lettres oudes chiffres, écrire ou dessiner sur papier autogra-phique et faire le transport sur pierre, puis donnerensuite aux traits une saillie qui permette de moulerle tout et de le clicher avec la plus grande solidité. »

M. Tudot, dans son Traité de Lithographie , 4834,page I 24, ajoute :

« Mais il est indispensable, apres avoir fait mordre,de retoucher au dessin avec un burin, pour donner dela netteté à quelques traits, et avec Péchoppe de creu-ser dans les parties larges pour obtenir un bon cliché.

«L’acide hydrochlorique serait peut-être préférable àl’acide nitrique, en ce qu’il agit d’une manière plusuniforme. »

Depuis quelques années, M. Tissier, chimiste distin-gué, a perfectionné les procédés chimiques de la gra-vure sur pierre, et nous sommes heureux de publier unde ces travaux (fig. 4474) qui met nos lecteurs à mêmede juger le degré de perfection auquel il est parvenu.Disons, en passant, que la gravure sur pierre, exécutéepar ses procédés, présente une économie d’au moins30 p. 100 sur la gravure sur bois; et voici les perfec-tionnements qu’il a imaginés pour arrivera ce lésultat.

11 débite mécaniquement les pierres suivant la gran-deur du dessin et la hauteur que le type doit avoirpour être imprimé avec des caractères typographi-ques. L’artiste lithographe dessine sur la surface poliede la pierre à la manière accoutumée, et M. Tissierapplique sur ce dessin, par un procédé qui lui estpropre, un vernis très adhérent ; ensuite il fait mordrela pierre pendant un temps plus ou moins prolongésuivant la nature du dessin, avec une préparation qui.est, dit-on, composée d’acide pyroligneux rectifié, d’a-cide hydrochlorique et d’alcool en proportions définies ;puis il lave la pierre et la fait sécher.

Lorsque la pierre est parfaitement sèche, il appliquesur le dessin une deuxième couche d’un vernis liquidequ’il étend sur les deux côtés des traits en relief pardes procédés particuliers : les uns assurent qu'il étendd’abord le vernis avec un rouleau de gélatine et qu’ille fait fondre ensuite sur les côtés des traits par l’ac-tion d’un fer à repasser chaud qu’il promène sur toutela surface dla pierre; les autres prétendent, non sansraison, qu'il emploie des femmes dont le travail con-siste à étendre le vernis avec un pinceau.

Cela fait, M. Tissier fait mordre la pierre une se-conde fois, puis une troisième, et quelquefois mêmeune quatrième, en ayant soin de bien recouvrir chaquefois les traits en relief avec du vernis. On peut compterfacilement le nombre des morsures qu’il emploie parle nombre des crans ou escaliers qui sont formés surles deux côtés des traits.

Enfin, M. Tissier fait clicher ses gravures par lesprocédés connus; généralement les gravures elles-mêmes sont imprimées avec les textes sous la pressetypographique.

Le procédé de M. Neuber diffère un peu de celui deM. Tissier. Ainsi M. Neuber fait mordre la pierre d’unseul coup en la trempant dans un bain d’acide nitriquemarquant de 3 à 5° suivant la nature du dessin (3° pourles dessins fins et légers,, et 5 U pour les dessins pluslarges et plus fermes) et à la température moyenne de45 à 46°' La dureté plus ou moins grande de la pierreinflue beaucoup aussi sur le degré de la préparation.On laisse agir l’acide pendant un temps variable de 5 à25 minutes, en ayant égard à la nature du dessin, audegré de dureté de la pierre ët au relief qu’on veutavoir; on surveille pendant ce temps l’action de l’acide;on enlève et détruit, avec la barbe d’une plume, lesbulles qui se forment à la surface de la pierre.

Lorsqu'on croit que l’acide a agi suffisamment, onretire la pierre du bain, on la lave dans l’eau propreet ou la fait sécher.

M. Neuber emploie un vernis particulier, mais dontles principes constituants sont toujours, quoiqu’il neles dise pas : la cire en plus grande quantité,'le suif,la poix noire de Bourgogne , la colophane et le bitumede Judée purifié que l’on fond ensemble sur un feudoux.

DESSIN AU lavis. Imitation de l'aquatinta. Sénéfelder a encore indiqué, dans son ouvrage, les principes es-sentiels de ce genre de dessin, et nous allons donnerun aperçu des différents perfectionnements qui ont étéapportés depuis.

En 4849, Engelmau a pris un brevet pour un moyende faire des dessins au lavis, en appliquant successive-ment les différentes teintes dégradées sur la pierrepréparée, comme pour le crayon, au moyen d’un tam-pon fabriqué avec de la peau de mouton blanche quel’on remplit de coton, en laissant le côté de la chairà l’extérieur. On étend préalablement une légère cou-che de gomme, avec an pinceau, sur les parties clairesque l’on veut réserver.

Lorsque la gomme est sèche, on frotte le tampondans une encre lithographique mêlée avec de la téré-benthine de Venise (voir sa composition dans le tome XIdes Brevets expirés, page 287); on l’essuie sur unepierre lithographique pour enlever l’excédant de l’en-cre. Quand le tampon ne retiendra plus que l’encre né-cessaire au ton local que l’on veut donner au dessin, oncommence à tamponner les teintes du fond.

Lorsque les teintes dn fond sont sèches, on passeune seconde couche de gomme sur ces teintes, et ourenforce les antres, en les tamponnant de nouveaujusqu’à ce qu’elles aient atteint le ton désiré; aussitôtqu’elles sont sèches, on lave toute la pierre pour enle-ver la gomme. On la laisse sécher parfaitement, et ondessine ensuite par-dessus les teintes tamponnées avecun crayon lithographique.

M. Devéria s'est avisé depuis de faire des dessinsau lavis, en lavant d’abord la pierre avec un * encrelithographique ; puis il a modifié leô teintes foncées,posées du premier jet sur la pierre, en les usant avecun chiffon de flanelle (4).

De son côté, M. Dorschwiller a fait une applicationheureuse au dessin au crayon du procédé d’enlevageemployé par M. Devéria , en enlevant le crayon fixésur la pierre avec du papier végétal ; cet artiste distin-gué, doué d’une persévérance admirable, est parvenu,avec succès, à modifier les teintes, et, ce qui est plusdifficile encore, àlesjaire avec précision. Voici i-uquoiconsiste son moyen : On prend un morceau de papiervégétal; on l’applique sur le dessin ; et avec une pointeen bois on trace sur ce papier les parties que l’on veutenlever, en appuyant assez pour le faire adhérer aucrayon ; on soulève alors le papier ponr emporter laportion du crayon qui s’y est attachée; on reporteensuite une partie blanche du papier sur le contour ; eton recommence à frotter avec .la pointe en bois ponrenlever une nouvelle partie de crayon, et on répèteplusieurs fois la même opération jusqu’à ce qu’ou soitparvenu à enlever convenablement le crayon. La trans-parence du papier permet de tracer plusieurs fois apeu près dans le même contour.

Le principal mérite de ce procédé est de no pasdétruire le sommet des aspérités du grain et d’éviterle frottement que la flanelle exige pour enlever lecrayon auquel elle adhère trop. Seulement il ne fautpas chercher à enlever le crayon d'une seule fois en

(I) Ce moyen est dû, dit-on, à M. Motte, imprimeur litho-graphe, et M. Remercier a inventé le procédé de laver lapierre avec le crayon dissous dans l’essence de térébenthine.