LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
listes» puisque M. Lemercier, mû par un sentiment degénérosité digne des plus grands éloges» donne sescrayons à qui veut dessiner, et ne les vend jamais.Cependant nous croyons devoir dire en passant qu’onpeut fabriquer chez soi des crayons propres à l’estompe»avec de la bougie stéarique à laquelle on mêle à chauddu noir de fumée en quantité pour colorer» ou avec ducrayon noir de Conté que l’on imprègne de suif de mou-ton et d'un peu de savon» en les faisant bouillir danscette solution pendant un certain temps.
Dessin au frottis avec des lumières ou rehauts en blancet en relief , par M. Lemercier. Vous décalquez ledessin sur une pierre» acidulée et euduite d’un ver-nis mou, dans lequel on mêle du suif, ou du mas-tic un larmes, ou du vernis gras au copal. Le vernisétant un peu transparent , laisse voir le dessin ; et l'ar-tiste dégrade les blancs à l'aide d’un grattoir ; l’impri-meur fait mordre ensuite la pierre par l’acide nitriqueplus ou moins fort et à plusieurs reprises, afin d’obte-nir des blancs plus ou moins en relief; les fonds deciel, s’il y en a, sont faits en dégradant la couche devernis, soit avec de la pierre-ponce en poudre, soit, cequi vaut mieux, avec de la sèche; puis, à l’aide ducrayon d’estompe, on modèle tous les nuages que l’onveut avoir en vigueur, et, au moyen du graLtoir, on en-lève les parties que l’on veut produire en blanc.
Au moyen de points de repères et de deux impres-sions successives, on obtient des estampes qui sem-blent faites à l’estompe avec des rehauts en relief mis aupinceau.
TRANSPORT des écritures ou dessins à la plume ouimprimés. On fait remonter seulement jusqu’à Séné-felder l’emploi de ce procédé. Cependant un usageantérieur en avait été fait en France , vers l’an 1642,par Bosse, graveur du roi, pour composer des planchesdifférentes, propres à imprimer des estampes en plu-sieurs couleurs (voir son livre delà manière de graver àl’eau forte, édit, de 1778, pages 166 et 173).
Sénéfelder a inventé, cependant, et c'est là le pointimportant, la meilleure manière de faire les transports,au moyen du papier autographique et d'une encre spé-ciale, etc. Nous donnerons plus loin les préparationsdu papier autographique que l’on peut adopter avecassurance.
Procédé pour transporter sur pierre des gravures entaille-douce, des gravures sur bois, des caractères typogra-phiques , etc., par M. Kœpplin (extrait d’une noteadressée à la Société d’encouragement, par l’Auteur lui-même; voir Bulletin de 1842, page 223). — « Voicicomment je procède : je fais les épreuves des planches-mères, soit lithographiques, soit typographiques, avecde l’encre grasse ordinaire, dite de transport ; c’est-à-dire une encre qui n'a rien de particulier de celle desautres lithographes; je n’ai donc pas besoin de la dé-crire ici, puisque ces encres sont connues. Quant auxépreuves-mères, de taille-douce, je les fais avec uneencre grasse que je compose expressément pour ce tra-vail, afin que les tailles qui ont une certaine épaisseurne soient pas écrasées par la pression au moment dudécalquage. »
« Cette encre est composée de 12 parties de cire,1 p. de cire, 4 p. de savon d'huile, 16 p. de colophane,12 p. de vernis lithographique faible.
a Je fais fondre tous ces ingrédients ensemble, etje broie le tout avec du noir de Francfort qui me serta tirer mes gravures. Après avoir mis mes épreuves-mères sur du papier autographe, je fixe sur une feuillede papier ordinaire, avec de la colle à bouche, ces dif-férentes épreuves, à la place qu elles doivent occuper ;je porte alors le tout sur la pierre lithographique, et jefais le décalque, et le reste de l’opération, comme pourune simple autographie »
Diverses manières de contre-épreuver des estampes an-
ciennes. On lit dans le Traité pratique de la gravure, parPapillon (édit, de 1766), la méthode suivante, qui estexcellente pour contr’épreuver :
» On prend du savon de Venise qu’on coupe en pe-tits morceaux, une pareille quantité de cendres de boisde chêne, et autant de chaux vive(1); on fait bouillirle tout dans un pot, on frotte légèrement avec uneplume trempée dans cette liqueur, l’estampe dont onveut tirer la contre-épreuve ; on aura aussi préparé unefeuille de papier. Lorsqu’elle est bien humectée, on l’ap-plique sur l’estampe, et on la met sous la presse d’unimprimeur en taille-douce ; à défaut de la presse onpeut se servir d’un lissoir . »
Sénéfelder est le premier qui ait songé à contre-épreuver une vieille gravure sur pierre, et à sVn servirensuite comme d'un type original pour imprimer. Sespremiers essais datent, dit-on, de 1810 (voir sonTraité, page 188).
M. Marcel de Serres a publié le premier en France ,en 1814, dans une notice sur l’arf de la Lithographie tun procédé possible de transporter et de reproduire unevieille gravure en la colorant de nouveau avec uneencre typographique ordinaire ou résineuse (voir t. LII,page 79, des Annales des arts et manufactures .)
« Il faut, dit-il, humecter.le papier avec des acidesétendus d'eau, qui attaquent la colle du papier pour lerendre plus perméable à ce dernier liquide, en empê-chant le papier de recevoir le noir du tampon. Mais,pour que l’encre ne se mêle point avec les acides, onpasse sur la planche une couche légère de gomme,qu’on a soin d’étendre avant de tirer des épreuves. »
En 1839, MM. Dupont frères ont pris un brevet d’in-vention pour un moyeu de reproduire les vieilles im-pressions ; ce procédé offre de l’avantage, eu ce qu’onpeut reproduire l’original sans l’altérer sensiblement;mais son emploi, comme tant d’autres, est difficile etne réussit pas toujours. Depuis, une foule de litho-graphes de tous les étages se sont ingéniés à vou-loir reproduire les vieilles gravures sur bois par l’im-pression lithographique. Aussi les procédés ont-ils étévariés à l'infini, et chaque artiste a-t-il un prétendu se-cret pour arriver au but avec plus ou moins de succès.
Ce qu’il y a de certain et de bien positif, c’est quepersonne encore n’a reproduit des gravures en taille-douce, et la difficulté tient à plusieurs causes que nousexpliquerons plus tard, en indiquant les procédés quenous avons essayés, sans les porter au degré de perfection dont ils sont susceptibles.
Autre moyen de transporter et d'imprimer sur le zincune gravure ou impression quelconque, que l’on appelleen Allemagne impression anastatique ( voir le Poly-technische Journal de Üingler , 1 er cahier de juin 1833).
« Il faut que la surface du zinc soit d’abord polie hl’émeri et à l’eau, puis, après l'enlevage de la boueavec un papier brouillard, bien propre, on polit à sec avecde l’émeri ou du papier fin, jusqu’à ce qu’elle présenteun poli parfait. Pendant le polissage il faut avoir soinde ne frotter que dans un sens, afin que le frottageproduise sur la plaque une foule de lignes parallèlesqui soient coupées le moins possible par d’autres, leparallélisme facilitaut beaucoup l’application de l'encre.
« Lorsque l’impression, ou ce qu’on appelle l’original,n’a pas plus de deux mois de date, il est encore suffisammeut frais pour donner une impression, en le préparant de la mauière suivante :
a On le presse entre deux feuilles de papier, et ou lalisse avec un brunissoir; alors on le place sur unefeuille de papier brouillard et on l’humecte à l’envers
(4) Cette composition est remplacée aujourd’hui par unproduit similaire que l’on nomme dans le commerce po-tasse caustique.