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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

avec un mélange d'acide et d'eau, dans la proportionde 1 partie d’acide nitrique pour 8 parties d'eau.

« Quand l'original daxe de plus de deux mois, onl’introduit dan3 un vase de verre ou de porcelaine conte-nant un mélange d’acide nitrique, pendant un espacede temps qui varie de 4 heures à 7 jours; l’expérienceseule servant à décider le temps qu'un original doit de-meurer dans la liqueur.

« Quand on a, par ce moyen, obtenu un originalimprégné d’acide, on le comprime entre deux feuillesde papier brouillard, atin d’y faire répartir l’acide etd’enlever ce qui pourrait être superflu. En cet état,l'original est prêt à donner une impression, et on lepresse sur une plaque de zinc. L’acide attaque cetteplaque, excepté dans les points où elle est pçotégée parl'encre et produit ainsi une eau forte négati ce.

On voit que le succès de ce procédé repose sur lapropriété que possède l’encre de résister à l'acide, etque cette encre doit être de nature grasse ou savon-neuse comme l’encre lithographique, et avoir été char-ge en quantité suffisante; par conséquent ce procédéserait peu applicable aux vieilles gravures ou impres-sions chez lesquelles l’encre se serait altérée. Pour re-médier à ce défaut, on encre de nouveau l’original parun procédé chimique.

« On trempe la feuille imprimée dans une solutiond’abord de potasse, et ensuite d'acide tartrique. Il ré-sulte de là que toute la partie non imprimée s’imprègnede petits cristaux de bi-turtrate de potasse. Comme cesel repousse l’huile, on peut passer le rouleau chargéd’encre sur la surface du papier, et l’encre ne s’attachequ’aux parties imprimées. On enlève ensuite le tartrepar un lavage à l’eau, et l’on contre-épreuve l’impres-sion sur la plaque de zinc. On la laisse reposer pendantquelque temps (1 ).

« On acidulé, on prépare ensuite la planche de zincavec une solution de gomme et d’acide phosphoriqueaffaibli par de l’eau, et l’on imprime comme à l’ordi-naire. Mais au bout d’un certain nombre d’épreuves, leslignes s'épaississent et le dessin s’altère ; cet acci-dent est évité en frottant de temps en temps la plancheavec une solution d’acide phosphorique affaibli, u

Procédé de M. Knecht , pour transporter les vieillesgravures (extrait du Technologiste , décembre 1840).« Imbibez la feuille à réencrer de gomme arabique,posez-la sur un mnrbre, versez dessus de la soude caus-tique de 12 à 15 degrés. Laissez cet alcali de quinze àvingt minutes, en essayant de temps en temps sur unmot, si le corps gras commence à revivre. Aussitôt quevous verrez que la soude aura assez agi sur les carac-tères, jetez de l’eau sur la feuille pour enlever l’alcali,versez-y de l’essence de térébenthine, elle doit se fixersur les caractères. Laissez séjourner l’essence pendantun quart-d’heure ; tenez cependant la feuille constam-ment humide.

« Préparez une encre composée de : 1/2 partie decire-vierge, 1/2 p. de suif, 1 p. de vérins faible, 1/4 p.de térébenthine de Venise, 1/4 p. d’essence de térében-thine, 1/2 p. de vermillon.

« Garnissez un petit cylindre de drap fin (ou un tam-pon) de cette encre, et cherchez à encrer doucement lescaractères.

« C’est de cette opération que tout dépend. Si on s’yprend mal, le corps gras ou le noir quittera le papierpour se marier à l’encre rouge. Si on laisse sécher lepapier, le rouge les salira. Si l’on tamponne, ou pro-mène le rouleau avec peu d’attention, on déchirera lepapier.

« Il faut, pour cette opération, une grande patience,de la pratique ; mais avant tout, du jugement pour com-

(4) 11 conviendrait de la faire chaufferàun feu doux» pouraugmenter l’adhérence de l'enerc.

prendre les modifications à apporter dans l’encre et cemode d’encrage.

« On fera bien d’avoir un second petit rouleau garnide drap pour nettoyer et enlever la surabondanced’encre.

« Lorsqu’on verra que l’encre rouge sera fixée surles caractères, on mettra la feuille entre des macula-tures, et on ne la transportera que très faiblement hu-mide.

Les transports d'impressions fraîches sur cuir, tôlevernie, toile cirée, etc., se font de même que les au-tographies; mais ceux sur porcelaine nécessitent quele dessin soit imprimé avec une encre qui contienne,au lieu de noir de fumée, un oxyde métallique suscep-tible de se vitrifier.

Les procédés, du reste, sont parfaitement décrits parBrongniart , directeur de la manufacture de porcelaine,à Sèvres . (Voir son Traité des arts céramiques,tom. Il, page 648). Nous en extrayons quelques détailsqui peuvent donner lieu à des applications ingénieuses,entre les mains de lithographes habiles.

Impression sur papier et transport sur porcelainefatmee. « Le tirage sur papier n’a rien de particulier,mais le choix et la qualité du papier sur lequel on tireles épreuves, sont très importante; ce doit être du pa-pier dit Joseph, c’est-à-dire du papier fin, absolumentsans colle et humecté convenablement. On lui faisaitsubir autrefois diverses préparations avec du sel marin,du savon, etc. ; mais on a reconnu l'inutilité de ces pro-cédés. Aussitôt que le dessin a été transporté de la plan-che sur le papier, on place ce papier dans l’eau, ouplutôt sur l’eau.

a On prépare alors la pièce à imprimer avec une espècede mordant qu’on nomme mixtion, composé d’essencede térébenthine, à laquelle on a ajouté environ un dou-zième de vernis de copal, ou fait complètement séchercet enduit à l’étuve. La pratique a fait connaître quecet enduit n’est pas indispensable sur la faïence, nimême sur la porcelaine, mais il rend plus certain lesuccès du décalcaqe. On peut remplacer cette mixtionqui exige un séchage à l’étuve, par une mixtion saline,comme l’a fait à Sèvres le chef imprimeur Tristan ; elleest composée simplement d’une eau d’alun très faible,qui sèche assez promptement sans qu’on ait besoin d’é-tuve.

« On prend alors le papier qui porte l’épreuve de laplanche, et dont on a enlevé l’eau en excès, en le fai-sant égoutter sur du papier buvard et sur de la flanelle,on mieux encore sur une plaque de dégourdi de porce-laine, et on l’applique sur la pièce de poterie, de ma-nière que le dessin ou la gravure soit uni dans laplace qui lui convient; on décalque cette gravure enappuyant sur le papier au moyen d’un tampon de feutreou à l’aide d’un petit rouleau.

« Impression à la gélatine avec axtgmentation et réduc-tion. Un graveur en taille-douce, le sieur Gonord, a sudonner, en 1818, une remarquable application à ce pro-cédé d’impression, en tirant de la même planche, et aumoyen de la gélatine, des épreuves plus petites et plusgrandes que la gravure originale et parfaitement régu-lières. Il a tenu son procédé secret tant qu’a duré sonbrevet d’invention, et personne que je sache n’a pu ledeviner. A son échéance, en 1833, il a été publié dansle tome 24 des brevets d’invention ; mais cette descrip-tion est tellement obscure, le procédé est tellementcompliqué qu’on n’y voit qu’une chose, c’est la propriété qu’a une plaque de gélatine de gonfler régulière-ment dans l'eau froMe ét de se rétrécir régulièrementdans l’esprit de vin.

<• D’après cette propriété, nous avons mis, àSèvres, àexécution le procédé Gonord, mais d’une manièrebeaucoup plus simple, et par conséquent plus expé-ditive.