LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
feuille, la passer de même entre Jes rouleaux, laditeestampe aura fait sa contre-épreuve sur la planchevernie. Après quoi, il faut graver sur cette planche lesrehauts et les faire fort profondément creuser à l’eau-forte. On peut faire la même chose avec le burin etmême plus facilement.
« Or, la plus grande difficulté que je trouve encoreest de trouver du papier et une huile qui ne fasse pointjaunir ni roussir le blanc; le meilleur est de se servird’huile do noix très blanche, et tirée sans feu, puis de lalaisser dans deux vaisseaux de plomb et de la mettre ausoleil tant qu'elle soit épaissie à proportion de l'huilefaible dont nous allons parler, et, pour l'huile forte, onlaissera un de ces vaisseaux bien plus de temps ausoleil.
« Ensuite, il faut avoir de beau blanc de plomb biennet, et l'ayant lavé et broyé extrêmement fiu, le fairesécher et en broyer avec de l’huile faible bien à sec,et après l’allier avec de l’autre huile plus forte et plusépaisse, comme on fait pour le noir. Puis, ayant im-primé de noir on antre couleur sur du gros papier grisla première plaocbe qui est gravée entièrement, vousen laisserez sécher l'impression pendant dix ou douzejours; alors, ayant rendu ces estampes humides, ilfaut encrer de ce blanc la planche où sont gravés lesrehauts, de même façon qu’on imprime, et lessuyer àl’ordinaire, puis la poser sur la feuille de papier grisdéjà imprimée, en sorte qu’elle soit justement placéedans le creux que la première planche y a fait, et pre-nant garde de ne point la mettre à l’envers ou le haut enbas. Etant ainsi bien ajustée, il ne s’agit plus que dela faire passer entre les rouleaux, comme on a dit pourl’impression sur l’enluminure.
« Quant à imiter le travail des enlumineurs, au lieud’appliquer les couleurs sur l’impression, je m’avisai defaire en sorte que cette impression fût sur les couleurs.
« Supposons que vous ayez une planche toute gravéed’une figure que vous voulez vêtir de deux ou troiscouleurs; par exemple, le chapeau gris, les cheveuxun peu bruns, le manteau rouge, l'habit d’une couleur,les bas d'une autre, etc.
« Premièrement, vous aurez une planche de cuivretoute polie, ajustée et limée de la même grandeur del’autre, de sorte qu'étant appliquée dessus , elle s'yrapporte exactement de tous côtés, et ayant verni laplanche d’un vernis blanc (voyez vernis), et prenantune épreaye tonte fraîche tirée de la planche gravée,mettez cette planche vernie blanc sur ladite impression,précisément dans la même place où la planche gravéea fait son empreinte, ayant étendu auparavant sur latable deux linges par-dessous l’estampe. et deux outrois autres par-dessus la planche, vous ferez passer letout entre les rouleanx, après quoi vous verrez que lafigure ou estampe imprimée st^r le papier aura fait uneempreinte sur la planche vernie en forme de contre-épreuve.
« Ensuite vous graverez sur la planche vernie avecune pointe bien fine les simples contours du chapeau,des cheveux, du manteau, etc., et les ferez creuser fortpeu à l’eau-forte; puis vous en ôterez le vernis et enferez tirer des estampes sur du papier fort et aluné, ousur du carton très mince et battu que vous aurez hu-mecté en le mettant à la cave pendant quelques nuits,ou bieu en le laissant quelque temps en presse entredes papiers mouillés. Ces contours étant imprimés etle papier ou carton étant bien sec, il faut coucher à platde rouge toute la place renfermée dans le contour dumanteau, mettre une couohe de bistre dans la place duchapeau, et ainsi du reste.
« Cela étant fait, vous mettrez encore cette feuilleainsi colorée à la cave pour la rendre humide, commeon vient de le dire, puis ayant bien étendu quelqueslinges sur 1 a table de la presse, vous l'y poserez le côté
, de la couleur en dessus, et apt es avoir encré la première
* planche qui est entièrement gravée, vous la mettez sur| cette feuille, le côté gravé en dessous, précisément dans) l’enfoncement que la planche des contours y a déjà fait,
puis deux ou trois linges par*dessus, et vous la ferezpasser entre les rouleaux. Alors, en relevant la feuille,vous trouverez l’estampe imprimée par-dessus ces cou-leurs, ce qui les rend plus transparentes et infinimentplus belles que les enluminures ordinaires.
« Vers le commencement du dix-neuvième «siècle,Jacques Leblon, peintre, natif de Francfort-sur-le-Mein ,a inventé le véritable moyen de faire des copies de ta-bleaux et des estampes en couleurs, à l’aide du mélangedes trois couleurs primitives et par le moyen de troisplanches de cuivre gravées à la manière noire.
« Suivant Lebloà, l’art d’imprimer en couleur seréduit ;
« 1° A représenter un objet quelconque avec troiscouleurs et par le moyen de trois planches qui doiventse rapporter sur le même papier ;
«2° A faire dessiner sur chacune des trois planches,de façon que les trois dessins s’accordent exactement ;
« 3“ A graver les trois planches à la manière noireet de façon qu’elles ne puissent manquer de se rap-porter ;
« 4" A trouver les trois vraies couleurs primitives, et
• à les pr.parer de manière quelles puissent s’imprimer,être belles et durer longtemps ;
« b° Enfin à tirer les trois planches avec assez d’a-dresse pour que l’on ne s'aperçoive pas, après l’impres-sion, do la façon dont elles sont tirées.
a Une quatrième planche donne le moyen d’opérerplus promptement, et une cinquième rend la transpa-rence à certaines parties du tableau, comme les vitrauxd’architecture, voiles dans les draperies, nuées dansle ciel. »
Le rédacteur de l’article Gravure en couleurs, dansle Dictionnaire encyclopédique de 4777, indique cetteméthode ; mais il trouve que le mélange des trois cou-leurs est dur et mal entendu.
Cette critique n’est pas très exacte, et tout porte àcroire qne l’auteur n’avait pas vu les belles productionsde Leblon.
Au résumé, il est certain qu’en appliquant ainsi àl’impression, comme Leblon l’a pratiqué avec succès, lemélange des trois couleurs primitives (rouge, jaune etbleu) avec du blanc, pour éclaircir les teintes, et laterre de Sienne pour les brunir, on peut réunir toutce que l’on peut désirer de mieux dans une estampe co-loriée (Voyez couleur et dessin). Pourtant, l’em-ploi de ce mélange est peu ou point en usage dans l’im-pression lithographique, et l’ou préfère généralementaujourd’hui imprimer en couleurs par teintes plates,méthode qui a été indiquée en 4 84 4, par Marcel deSerres (voir tome LU des Annales des arts et Manufac-tures y pages 66 et 4 47).
La manière de procéder, c’est-à-dire de décalquer le| sujet sur la pierre, est la même que celle déjà décrite| par Bosse et Leblon ; seulement, il faut employer au-| tant de pierres que de couleurs différentes et néces-I saires pour exprimer le modelé des formes. Le dessina-teur remplit d’encre lithographique chaque portion dusujet qui doit fournir une couleur distincte, en ayantsoin de suivre les contours, de manière que tous les tonssoient imprimés exactement les uns à côté des autres,sans se confondre ni se mêler, et sans laisser entre euxaucun intervalle ou blanc qui nuirait a l’effet généraldu dessin.
On acidulé les pierres comme à l’ordinaire, et l’onencre chaque teinte avec un rouleau en cuir, dont lecôté de la chair est placé en dedans, avec une encrepréparée d’avance suivant le ton que l’on veut avoir.
Four obtenir la juxta-positiun ou la superposition