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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

exacte des teintes, on se sert d’une machine dite à repérer,et l’on imprime sur du papier sec et laminé. Tel est le pro-cédé pour lequel feu Èngelmann, avait pris un brevetd’invention dé dix ans, le 31 août 1837, et qui a valu à icet habile exploitant un prix de 2,000 fr., décerné parla Société d’encouragement en 1838; disons cepen-dant, pour rassurer les praticiens qui exploitent aujour-d'hui l’impression lithographique en couleurs, que lamachine à repérer de AI. Eugelmann, et le moded’imprimer sur du papier sec et laminé étaient connusdepuis longtemps. Ainsi, on lit dans le Traité pratiquede la gravure sur bois, par Papillon (1706, tome II,page 149), que l’on peut faire les gravures en camaïeux,comme des impressions en lettres, par le moyen depointes à la frisquette ou autres repères, par les ma-chines qu’avait imaginées Georges Lalleman (1), etpar le moyen d’un châssis que Nicolas Lesueur avaitinventé (voir la description de ce châssis dans le mêmeouvrage, page 366).

Dans son Traité de Lithographie , page 175, Sénéfel-der a donné la description, un peu confuse peut-être,d’un châssis à repérer que M. Brisset père a perfec-tionné ou modifié depuis d’une manière assez heureuse.

La fig. 1479 est le plan de cette machine à repérer,ainsi modifiée, qui est actuellement en usage danstous les établissements qui s'occupent d’impression li-thographique en couleurs; elle est représentée dans laposition qu’elle occupe sur la presse.

Cet appareil consiste en un cadre rectangulaire enfer, qui est adapté à charnières sur le côté du chariot,en face de l’imprimeur.

Sur les deux grands côtés parallèles, glissent à flotte-ment deux règles en cuivre très minces que l’on fixe à la

distance convenable, au moyen de vis, suivant le formatdu papier à imprimer. Ces règles sont armées d’aiguillesd’acier, servant de points de repères , sur lesquelles onpique et accroche carrément la feuille de papier, commesur une frisquette d’imprimerie typographique : on re-couvre les côtés parallèles de la feuille de papier pardes bandes de cuivre à charnières qui la maintiennentdans une position fixe, et garantissent aussi les pointesd’aiguilles de tout accident. L’on imprime ensuitecomme à l’ordinaire.

On met en rapport les points de repères tracés d’a-vance sur les différentes pierres, avec ceux qui sontgravés sur les bandes transversales en cuivre, en avan-çant ou en reculant la pierre, au moyen de vis liéesavec des règles en fer, que l’on comprime ensuite forte-ment pour éviter tout dérangement.

Quant aux procédés pour faire des impressions litho-graphiques, en bronze, en or ou en argent, iis sont abso-lument les mêmes que ceux employés pour imprimerle dessin à la plume; seulement, on encre les traitsavec du vernis faible dans lequel on mêle une certaine

(0 G. Lalleman, peintre et graveur, qui Ûorissait versl'année loîo.

i quantité de vernis gras au copal. On laisse ensuite sé«cher l’impression pendant un certain temps; et, lorsque| le vernis happe ou poisse encore le doigt, on appliqueI la feuille d’or ou d’argent, ou le bronze en poudre avecun tampon en coton, et on enlève l’excédant de l’or, del’argent ou de bronzu non fixé, à l’aide d’un blaireau.

On lait sécher les épreuves pendant 24 heures, aumoins, et on les soumet alors à l’action de la presse àsatiner. *

AUTOGRApniE. Nous terminerons cet article parladescription des procédés servant à obtenir des autogra-phies. (Voyez écriture et encre autographiques).

Papier autographique et de transport par if. Cruzel,auquel la Société d’encouragement a décerné en 1830,à la suite d’un concours, un prix de 400 francs.

Composition. 1 ° 3 couches légères de gélatine de piedsde mouton ; 2“ 1 couche d’empois blanc ; 3° 1 couchede gomme-gutte.

Préparation. « On met la première couche avec uneéponge trempée dans la dissolution de gélatine chaude,bien également sur toute la feuille et en petite quantitépour que la feuille étant étendue sur une corde, la gé-latine ne coule pas, ce qui produirait des épaisseurs etdes cavités. Lorsque la première couche est sèche, onmet la deuxième, et la troisième quand la deuxième estsèche; la dernière couche de gélatine étant sèche, onmet avec une éponge la couche d’empois qui doit êtreassez légère pour pouvoir s’étendre également sur lepapier. Cette couche d’empois étant sèche on appliquesur le papier une couche de gomme-gutte pilée récem-ment et dissoute dans l’eau. Lorsque le papier est sec,on le lisse à la presse lithographique ; plus il est lissé,plus il est facile d’y tracer à l’encre lithographique desdéliés fins.

« La gélatine seule ne convient pas, parce qu’elle6’étend lorsqu’on humecte le papier, mais employée decette manière, elle facilite le départ de iacouche d’empois.

« L’empois a l’avantage de ne pas s’étendre lorsqu’ile>t humecté; mais on ne pourrait l’employer seul, parcequ’il s’attache trop au papier, qu’il absorbe l’encre, etque tes transports seraient imparfaits si, pour obvier àcet inconvénient, on n’employait la couche de gomme-gutte.

« La couche de gomme-gutte seule réussirait quel-quefois, mais elle ne tiendrait pas lieu du procédé quenous indiquons.

Transport sur pierre . « Le transport de ce papier,comme on peut s’en convaincre par sa composition, estinfaillible, puisque le papier étant humecté, la gommese sépare du tracé lithographique, l’empois se séparede la gélatine, et si, après avoir enlevé le papier, on lepince sur une pierre blanche, et que l’on jette de l’eauchaude dessus, il reviendra dans son état primitif.

« Comme le transport est parfait, il est facile de re-connaître les causes des défauts de l’épreuve, qui pro-viennent de ce que l’encre est mauvaise, de ce qu’elle aété employée trop liquide ou de ce que le papier n’a pasété assez lissé.

« Si l’encre et le papier sont bons, il est encore plusfacile de reconnaître ces fautes, et de les éviter par lasuite. v

« La gélatine doit être assez légère pour que, étantprise en gelée, elle paisse encore être étendue facile-ment avec une éponge et à froid sur du papier noncollé ; elle ne s’attache alors qu’à la surface.

« Lorsqu’on l’emploie à chaud, elle peut être plusforte, parce qu’elle s’étend davantage.

« La gomme-gutte doit être employée le même jourqu’elle est dissoute, attendu qu’à la longue la dissolution devient huileuse; elle ne nuit pas, en cet état autransport, mais elle donne un brillant au papier quipourrait rendre le tracé plus difficile, surtout à des per-sonnes peu exercées.