MACHINE A YAPEUK.
MACHINE A VA PEU!».
MACHINE A VAPEUR (historique et notionsgénérales). L’importance si grande dans l’industriemoderne de la machine à vapeur, nous engage à ex-poser sous forme historique, dans l'ordre chronologiquede leur découverte, les inventions successives qui ontconstitué la machine à vapeur telle que nous la voyonsde nos jours. L’intérêt qui s’attache à la question del’invention de la machine à vapeur, ainsi que le talentde l’auteur, expliquent l’éclatant succès de la noticeque le savant secrétaire de l'Academie des sciences,M. Arago, a publiée dans l’rl nnuaire du bureau des Jon-gitudes, pour 1830. Nous ferons de fréquents empruntsà ce remarquable travail, que nous ne saurions tropengager nos lecteurs à étudier dans son entier.
Plus récemment M. Lalannea publié dans le Magasinpittoresque une notice fort curieuse sur les origines dela machine à vapeur, dont nous profiterons également.
Posons d’abord avec M. Arago : a Qu’on a eu tortde considérer la machine à vapeur comme un objetsimple dont il fallait absolument trouver l’inventeur...Dans la machiner à vapeur, il existe plusieurs idéescapitales qui ne peuvent être sorties de la même tête.Les classer par ordre d’importance, donner à chaqueinventeur ce qui lui appartient, rapporter exactementles dates des diverses inventions, tel doit être l’objet del’historien. »
Quelles sont les idées capitales qui ont joué le plusgrand rôle dans l’invention de la machine à vapeur?Ce sont évidemment celles qui se rapportent aux pro-priétés de la vapeur, les organes et les dispositionsmécaniques ne tirant leur importance que des pro-priétés de la vapeur qu’ils permettent d’utiliser. Onpeut diviser en deux parties les notions principales re-latives à la vapeur d’eau ; celles qui résultent de la pre-mière inspection de tout vase plein d’eau qui est placésur le feu, et celles qui exigent des recherches, desmesures, c’est-à-dire :
1° Les premières, celles qui résultent de l’observa-tion de la pression, de la force qu’acquiert l’eau ense vaporisant, de la propriété qu’elle acquiert de sou-lever des poids, de la vitesse avec laquelle elle s’élèvedans l’air;
2° Los secondes notions se rapportent à l’observa-tion du volume considérable qu’occupe la vapeur, rela-tivement à celui de l’eau qui a servi à la produire; dela conversion rapide do la vapeur en eau lorsqu’on larefroidit, du vide qui en résulte, et par suite de l’actionque produit la pression atmosphérique en présence doce vide. Ces dernières propriétés devaient nécessaire-ment être postérieures aux grandes découvertes deGalilée et Torricelli sur la pression de l’atmosphère.
En réalité, il n’est guère que ces dernières notionsqui puissent être étudiées dans les écrits des inven-teurs de la machine à vapeur, car les premières sontpour ainsi dire connues de toute antiquité, et nous al-lons vpir que plusieurs anciennes inventions fort diffé-rentes de la machine à vapeur moderne reposaient surcelle-ci.
Le plus ancien ouvrage grec dans lequel on trouvela description d’appareils dont le jeu est fondé surl’emploi de la vapeur, sur ses propriétés facilementapplicables, est celui de Héron d’Alexandrie, né centvingt ans avant Jésus-Christ , dont le traité est connusous le nom de Spintalia. Il décrit eu ces termes l’ef-fet d’un jet de vapeur vertical sur un corps léger qu’ony plonge ;
« Les boules dansent de cette manière : une mar-mite contenant de l’eau, et munie d'une ouverture, estsoumise à l’action du feu; de l’ouverture sort un tubeterminé à son extrémité supérieure par une demi-splière creuse (fig. 1). Si nous jetons uue petite boulelégère dans la demi-sphère creuse, la vapeur qui sor-tira par le tube soulèvera la petite boule qui paraîtradanser. » (Vet. math. , p. 198.)
1 - 2 .
Les appareils à réaction étaient fort en honneurchez les Grecs, et il était naturel que l’on essayât deremplacer l’eau en mouvement par la vapeur. Tel estle cinquantième appareil décrit par Héron, qui pré-sente une application ingénieuse, quoique stérile, delàforce motrice de la vapeur (fig. 2). Laissons parlerl’auteur grec :
« Faire mouvoir une petite sphère sur des pivots aumoyen d’une marmite échauffée.
« Soit A B une marmite contenant de l’eau et soumiseà l’action de la chaleur. On la ferme au moyen d’uucouvercle que traverse le-tube recourbé FF, qui tra-verse la petite sphère creuse CD suivant un diamètre.De la sphère sortent deux tubes placés suivant un dia-mètre, et recourbés à angles droits en sens inverse l’undfe l’autre. Lorsque la marmite sera échauffée, la va-peur passera par le tube F F dans la sphère, et sortantpar les tubes infléchis fera tourner la sphère. •>
La propriété de la vapeur de fournir nn courant ra-pide était utilisée dans un petit appareil dont les an-ciens faisaient usage, nous voulons parler des toly-piles. Voici comment les décrit Vitruve :
« Les éolypiles, dit-il, sont des boules d’airain quisont creuses et qui* n’ont qu'un très petit trou par le-quel on les remplit d'eau. Ces boules ne poussent au-cun air avant d’être échauffées, mais étant mises de-vant le feu, aussitôt qu'elles sentent la chaleur, ellesenvoient un vent impétueux vers le feu, et ainsi en-seignent, par cette petite expérience, des vérités im-portantes sur la nature de l’air et des vents. »
Ou voit par ce passage que les anciens faisaient con-fusion entre la nature de l’air et celle de la vapeur;mais toujours est-il que le mouvement de celle-ci leurparaissait pouvoir fournir l’explicatiou de nombreuxphénomènes de la nature. C’est ainsi que Sénèque cherche à expliquer les tremblements de terre par le»effets que peut produire la vapeur d’eau.
En suivant les travaux qui se rapportent à l'utilisa-tion de la pression et de la vitesse de la vapeur sortant
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