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MACHINE A VAPEUR.

MACHINE A VAPEUR.

par un orifice d’un vase dans lequel elle est produitepar l’action de la vapeur, nous trouvons le projet d’uncanon à vapeur, découvert dans les manuscrits deLéonard de Vinci . Il est assez remarquable que l’au-teur rapporte à Archimède l’invention de l’arcAi'/on«erre, comme il appelle sa machine Comme le re-marque M. Lalaune, il y a en effet une liaison intimeentre l’appareil de Héron, que nous avons rapportéen commençant, et le canon à vapeur que Léonard deVinci attribue h Archimède , dont le nom est proba*blement pour lui une personnification de l’époque grec-que. Il suffit en effet d’ouvrir brusquement à l’aided’un robinet le passage de la vapeur renfermée dansune chaudière, pour que la balle placée dans un longtube dans lequel passe cette vapeur soit lancée avecforce, et qu’on obtienne un appareil très voisin de ce-lui de l’ingénieur italien. Léonard de Vinci , né en1452, mourut en 1519.

Nous renvoyons à la notice de M. Arago pour ladescription d’un essai d’application de la vapeur à lanavigation, qui parait avoir été fait en 1543, à Barce-lonne, par Blasco de Garay . M. Arago montre que,suivant toute probabilité, le capitaine espagnol ne fitque tenter une application ingéuièuse de l’éolypile deHéron, qui n’eut et ne pouvait avoir qu’un intérêt decuriosité.

En 1629, Giovanni Branca , ingénieur et architectedistingué, publia un volume intitulé Le machine delSig. Branca . Dans les machines décrites dans ce livre,il en est une qui consiste en une tête creuse qui seremplit d’eau, et qui, chauffée, lance par la boucheun jet de vapeur qui vient pousser les palettes d’uneroue horizontale et la fait tourner. Cette machine apresque été reprise dans ces dernières années parM. Pelletan, qui, s’exagérant les effets de la vapeur enmouvement, avait cru que des dispositions ayant quel-que analogie avec celles de la machine de Brancapourraient être utilisées pour les machines de force mi-nime. L’expérience lui a indiqué, ce que montre bienla théorie, qu’il n'y avait pas de résultats avantageuxà obtenir de la vapeur non emprisonnée dans un vasepour produire une impulsion. Revenons à la voie sui-vie par les inventeurs de la machine à vapeur moderne,qui ont utilisé les propriétés de la vapeur d’eau quenous avons énumérées en second lieu.

Dans un livre devenu célèbre et actuellement fortrare (1), Salomon de Caus montre qu’il connaît lesprincipales propriétés de la vapeur. Il sait que la va-peur se condense par le froid, de manière à reformerprécisément le volume de l'eau qui s’était vaporisée.Ailleurs il dit qu’une balle de cuivre d’un pied ou deuxde diamètre, et épaisse d’un pouce, étant remplie d'eaupar un petit trou que l’on bouche ensuite, éclate avecfracas lorsqu’elle est chauffée sur un grand feu. Enfin,notre fig. 3 représente un appareil qui, tout imparfaitqu’il est, peut être considéré comme le germe de celuiqu’employa plus tard le capitaine Savery. Cette figureest insérée d ms le théorème V de l’ou\rage de Salomonde Caus , ainsi conçu : « L'eau montera par suite du feuplus haut que son niveau...

« Le troisième moyeu de faire monter l’eau parl’aide du feu, dont il s& peut faire diverses machines.J’en donnerai ici la démonstration d'une :

« Soit une balle de cuivre marquée I, bien soudée-tout alentour, à laquelle il y aura un soupirail mar-qué D par où l’on mettra l’eau, et aussi un tuyau mar-qué BC qui sera soudé en haut de la balle; et le boutC approchera près du fond, sans y toucher ; après fautemplir ladite bulle d’eau par le soupirail, puis le bienreboucher et la mettre sur le feu ; alors la chaleur,

donnant contre ladite balle, feramonter toute l’eau par le tuyauBC. »

On ne pont supposer, d’ail-leurs, que Salomon de Caus igno-rât la cause de l’ascension du li-quide par le tuyau BC. Car, dansson théorème I, à l’occasion d’uneexpérience toute semblable, il ditque « la violence de la vapeur(produite par l’action du feu) quicause l’eau de monter est pro-venue de ladite eau, laquelle va-peur sortira après que l’eau serasortie par le robinet avec grandeviolence* »

Il est juste de dire que Salo-mon de Caus ne paraît pas avoirpensé à tirer parti dans un bnt pratique de sa décou-verte. Toutefois, on doit considérer que le passage del’idée qu’il exposait à la conception d’une machine d’é-puisement agissant par la vapeur, n’était plus infran-chissable.

Nous ne parlerons pas du marquis de Worcester,que, par un patriotisme exagéré, les Anglais ont voulus’obstiner longtemps à considérer comme l’inventeurde la machine à vapeur. Mais ils ont dû y renoncer,sa publication, faite en 1663, ne renfermant qu’unedescription d’un système analogue à celui publié parSalomon de Caus cinquante ans auparavant. Il n'ad’ailleurs pas appliqué ou construit en grand sa ma-chine, et n’a pû être considéré par suite comme ayantutilement coopéré à l’invention de la machine à va-peur.

1690-1695. — Premières machines à vapeur à pistonet à cylindre , par Denis Papin . Les actes de Leipzigde 1690 renferment un mémoire en latin, traduit enfrançais quelques années plus tard par l’auteur lui-même, Denis Papin .

Celui-ci avait aidé le célèbre Huyghens dans des ex-périences curieuses pour élever l’eau à l’aide d’un videproduit par l’explosion de la poudre à canon % Voici enquoi consistaient ces expériences : Une petite quantitéde poudre était placée au bas d’un corps de pompevertical, dans une chambre à ce destinée. On mettaitle feu à la poudre, l’explosion soulevait jusqu’au hautdu corps de pompe un piston équilibré par un contre-poids, et chassait en même temps l’air et les gaz con-tenus dans ce corps de pompe, à travers deux tuyauxlatéraux en cuir flexible faisant office de soupape. Levide une fois fait à l’extérieur, le piston pressé par lepoids de l'atmosphère redescendait en soulevant unecertaine charge additionnelle au contre-poids.

« Mais, dit Papin, nonobstant toutes les précautionsqu’on y a observées, il est toujours demeuré dans letuyau environ la cinquième partie de l’air qu’il contientd’ordinaire, ce qui cause deux différents inconvénients :l’un est que l’on perd environ moitié de la force qu’ondevrait avoir; l’autre est qu’à mesure que le pistondescend, la force qui le pousse de haut en bas diminuede plus en plus...

« J’ai donc tâché, ajouta-t-il, d’en venir à bout d’uneautre manière, et comme l’eau a la propriété, -étantpar le feu changée en vapeur, de faire ressort commel’air, et ensuite de se recondeuser si bien par U froid ,qu’il ne lui reste plus aucune apparence de cetto forcede ressort; j’ai cru qu’il ne serait pas difficile do fairedes machines dans lesquelles, par le moyen d’une cha-leur médiocre et à peu de frais, l’eau ferait ce videparfait qu'on a inutilement cherché par le moyen de lapoudre à canon. »

j L’appareil dont la fig. 4 est le fac-similé est figuréet décrit dans les termes suivants dans les actes de

S

£J) J.esraùoMs des forces mouvantes. Francfort , ICI5.