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MACHINE A VAPEUR.

MACHINE A VAPEUR.

Leipzig : « AA est un tuyauégal d’un bout à l’autre, etbien fermé pareu bas; B B estun piston ajusté à ce tuyau ;

N est le manche attaché aupistou ; G une verge de ferqui peut se mouvoir autourd’un axe, un ressort pressela verge de fer G, en sortequ’elle entre dans l’échan-crure de N sitôt que le pistonavec sou manche est élevéassez haut pour que laditeéchancrure paraisse au-des-sus du couvercle ; M tige quise visse dans un trou prati- 'qué au piston par où l’air peutsortir du fond du tuyau AA, lorsque l’on y enfonce lepiston pour la première fois.

« Pour se servir de cet instrument, on verse un peud'eau dans le tuyau AA jusqu’à la hauteur de trois ouquatre lignes (8 à 9 millimètres) ; on y fuit ensuiteentrer le piston et on le pousse jusqu’au bas, en sorteque l’eau qui est au fond du tuyau regorge par dessus.Alors on ferme ledit trou avec la verge MM, et onadapte le couvercle H qui a autant de trous qu’il enfaut pour entrer sans obstacle. Ayant ensuite mis unfeu médiocre sous le tuyau AA, il s’échauffe fort vite,parce qu’il n’est fait que d’une feuille de métal fortmince, et l’eau qui est dedans se changeant en vapeursfait une pression si forte qu’elle surmonte le poids dei’atmosphèro et pousse le piston B B en haut, jusqu’àce que l’échancrure paraisse au-dessus du couvercle H,et que la verge de fer G y soit poussée par le ressort quiy est attachée, ce qui ne se fait pas sans bruit. Alorsil faut incontinent éloigner le feu, et les vapeurs dansce tuyau se condensent bientôt en eau par le froid,et laissent le tuyau absolument vide d’air ; alors iln’y a qu’à tourher la verge G autant qu’il est né-cessaire pour la faire sortir de l’échancrure et lais-ser le piston en liberté descendre, et il arrive queie piston est incontinent poussé en bas par tout lepoids de l’atmosphère, et produit le mouvementqu’on veut avec d’autant plus de force que le dia-raètro du tuyau est plus grand. Et il ne faut pointdouter que l’air n’agisse snr ces tuyaux avec toutela force dont sa pesanteur est capable ; car j’ai vupar expérience que lo piston ayant été élevé parla chaleur jusqu’au haut du tuyau AA, est en-suite redescendu jusque tout au fond, et cela plu-sieurs fois de suite; en sorte qu’ou ne saurait soup-çonner qu’il y ait eu aucun air pour le presser au-dessous et résister à sa descente... »

Voilà bien la description la plus claire, la plusméthodique de la machine appelée plus tard a/-mosphérique , parce qu’elle met en jeu la pressionde l’atmosphère. Dans les appareils de Iléron d’A-lexandrie, de Salomon de Caus , de Branca, la va-peur avait un mode d’action tout différent; ici elleagit dans un corps de pompe contre un piston mo-bile qui s’y meut à frottement doux, alternative-ment de bas en haut et de haut en bas. C’est làle principe de la machine à vapeur telle qu’oul’emploie encore de nos jours, et l’on voit claire-ment comment cette admirable invention procédaitde la découverte de la pression atmosphérique, destravaux de Galilée et Torricelli .

Papin n’avait pas moins bien compris quelleforce on pouvait attendre de ce nouveau moteur*et les applications qu’on en pourrait tirer, a L’onvoit, disait-il, combien cette machine, qui est sisimple, pourrait fournir de prodigieuses forces età bon marché... » Et plus loin : « Il serait trop

long de rapporter ici de quelle manière cette inventionse pourrait appliquer à tirer Veau des mines , jeter desbombe*, ramer contre le vent f et à plusieurs autres usa-ges de cette sorte : mais il faut que chacuu, selon lesbesoins qu’il en aura, imagine les constructions lesplus propres pour ses desseins. Je ne puis pourtantm’empêcher de remarqner ici, en passant, combienceite force serait préférable à celle des galériens pourallervito en mer... »

Ainsi, tout en cherchant avant tout à tirer de sa ma-chine atmosphérique un moyen nouveau d’élever l’eau,Papin avait bien vu que le mouvement alternatif dupiston daus le corps de pompe pouvait recevoir d’autresapplications, et devenir un moteur universel. Il avaitparticulièrement proposé l’emploi de la vapeur pour lanavigation.

Ce magnifique ensemble d’idées fondées sur des ex-périences positives se trouve consigné, comme nousl'avons dit, dans les Acta eruditorum , pùbliés à Leip-zig en août 1690. 11 n’y occupe quo l’intervalle com-pris de la page 410 à la page 414. Ce fut seulementcinq ans plus tard, en 1695, qu’elles furent repro-duites avec quelaaes développements dans un petitvolume publié à Cassel en français , sous le titre :Recueil de diverses pièces touchant quelques nouvellesmachines ; et à Marbourg , en latin, sous le titre :Fasciculus dissertationum de no vis quibusdam machi-nas, etc.

Nous avons dit que Salomon de Caus n’avait pasexécuté sa machine; Papin n’a, lui, exécuté qu’un pe-tit modèle qui ne pouvait servir qu’à la démonstra-tion. Il parait cependant résulter d’une lettre récem-ment découverte, adressée à Leibnitz, que Papin avaitemployé ses dernières ressources à construire un ba-teau mû par sa machine. Il fut mis eu pièces par lesbateliers du Wcser, et l'inventeur, vieux et ruiné, pa-

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