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MACHINE A VAPEUR.

MACHINE A VAPEUR.

première CLASSE. Machines à cylindre oscillant surun axe situé au milieu de sa longueur. — Ces machinesont été importées en France par MM. Tamizier et Cavéqui, pendant plusieurs années, en construisirent seuls.Aujourd’hui deux nouveaux constructeurs sont venusse joindre à ces messieurs, ce sont MM. Kientzy etStoltz fils.

Chacun de ces mécaniciens a son système.

La machine de M. Tamizier est à un tiroir et enta-blement moyen âge.

Celle de M. Cavé est à deux distributeurs circulairesanalogues aux papillons servant de régulateurs à maindans les locomotives, et à entablement toscan h 2 ou4 colonnes.

La machine de M. Kientzy est à tiroir horizontalmonté sur Taxe même d’oscillation, et à entablementmoyen âge.

La machine de M. Stoltz fil« n’a pas de tiroirs; ladistribution se fait dans l'axe d’oscillation par le mou-vement seul du cylindre ; son entablement est toscan à2 colonnes.

De ces quatre systèmes, celui de M. Kientzy est leplus propre à recevoir la détente ; aussi oe mécanicienne construit-il pas une seule machine qui ne soit àdétente au moyen de deux tiroirs superposés.

Les machines oscillantes conviennent pour forcescomprises dans les trois premières catégories, c’est-à-dire au-dessous de 25 chevaux.

M. Cavé, le mécanicien habile par excellence, aappliqué son système de machines à des forces de beau-coup supérieures à celles que nous mentionnons ici.Sans parler de ses bateaux à deux machines, nous cite-rons la machine oscillante, horizontale, qu’il a établiedans lalaminerie de plomb de Saint-Denis . Cette ma-chine est de la force de 60 chevaux et fonctionne trèsbien. Ce n’est pas une raison, selon nous, pour quel’on doive suivre cet exemple : nous n’avons fait au-cune expérience sur cette machine, et ne pouvons direpar conséquent si elle donne beaucoup d’effet utile pourle combustible qu’elle consomme. Ce dont nous sommescertains, c’est qu’il n’est pas possible d’y effectuer unedétente efficace ; c’est encore que le mouvement d’os-cillation d’une masse de fonte considérable comme lecylindre doit absorber de la force. Jamais une ma-chine oscillante ne vaudra une machine à balancierpour forces au-dessus de 25 chevaux.

Les machines oscillantes sont tout à fait impropres àla condensation. C’est encore un motif pour les fairerejeter quand la force des machines est notable, at-tendu que dans ce cas on condense toujours.

La machine de Saint-Denis vient elle-même nousprouver qu’elle devait être à balancier et non oscil-lante.

En effet, cette machine est à condensation. Commeelle ne possède pas de balancier pour la transmissionde mouvement, on lui en a ajouté un qui sert à mou-voir les pompes. Il est bien entendu que nous n’atta-quons cette machine que pour prouver qu’au-dessusd’une certaine force, il est plus convenable d’employerla machine à balancier que la machine oscillante, etnon pour prouver que l’on s’est trompé en choisissantla seconde, attendu que nous ignorons complètementsi ce n’est pas par suite de considérations relatives àla localité qu’on lui a donné la préférence.

deuxieme CLASSE. Machines à cylindre oscillant surun are placé à son extrémité. — Il existe un grandnombre de systèmes de machines oscillantes en dessous.Les principaux sont les suivants, savoir :

\ ° Système Fèvre ;

2° Système Leloup ;

3° Système Frey;

4 ° Système Farcot.

M. Fèvre, ingénieur des ateliers de la maison De-

| rosne et Cail, est le premier qui ait exécuté des ma| chines oscillant sur un axe situé à l’extrémité du cy-; lindre à vapeur.

i Les premières machines de M Fèvre étaient d’unesimplicité réellement extraordinaire ; malheureusementelles ne donnèrent plus d’assez bons résultats pour con-tinuer à être adoptées. Elles consistaient en un cylindreà vapeur à simple effet y recevant la vapeur sous lepiston. Ce cylindre se terminait inférieurement parune rotule sphérique, se mouvant dans une cuvetteou capsule en fonte, dont la surface intérieure coïncicidait ou devait coïncider parfaitement avec la rotule.

Deux lumières ménagées à la partie inférieure de lacapsule opéraient la distribution avec une troisième lu-mière mobile pratiquée à la partie inférieure de la ro-tule.

L’oscillation du cylindre suffisait pour opérer la distribution.

Le piston était plein et d’un poids suffisant pour queson action sur la manivelle fût la même en descendantqu’en montant, ce qui produisait le même résultat quele double effet dans les machines ordinaires.

M. Fèvre appliquait ainsi des machines de J, 2,3, etc , chevaux dans les différentes parties de l’atelierpour mouvoir des machines-outils. Elles ne fonction-naient que quand l’outil marchait, se déplaçaient faci-lement, coûtaient peu, et ne se composant que de troispièces, devaient ne jamais avoir besoin de réparations.

Il y avait là une idée d’organisation du travail qui,si elle n’était pas la meilleure, présentait néanmoinscertains avantages pratiques assez importants.

L’usage de ces machines fit bientôt reconnaître plu-sieurs defauts inhérents à leur nature même et qu’ilfallut corriger.

D’abord, la rotule qui présentait, d’une part, le grandavantage de rendre insensibles les oscillations transver-sales du bouton de la manivelle, présentait, d’autropart, l’inconvénient de permettre au cylindre de tour-ner sur lui-même. 11 fallut, pour éviter cela, munir larotule d’un axe d’oscillation régulière ne se prêtantplus aux oscillations transversales.

Ensuite, au Lieu d’une seule lumière à la rotule, ilfallut en mettre deux, pour éviter la communicationentre l’entrée et la sortie, et augmenter les dimensionsde la section d’écoulement de la vapeur.

Malgré l’excellent rodage de la rotule on ne parvenaitpas à empêcher les fuites et quelquefois le grippemententre les deux surfaces en contact. On rendit alors lecontact des deux parties plus parfait en surmontant lurotule d'une zone, assemblée à boulons avec la cu-vette.

La rotule, une fois prisonnière, il était facile demettre la machine à double effet, ce qui la compliquaitencore ; on le fit.

D’un appareil simple on arriva ainsi à un appareilpassablement compliqué, possédant un assemblage àrotule difficile à exécuter, et ne possédant plus les avan-tages de l’idée première.

Tel est, sans doute, le motif pour lequel MM. Derosne et Cail, ne font plus, ou presque plus de ces ma-chines; peut être en est-ce un autre. Ce qui est certain,c’est que ces machines sont médiocres et ne peuventconvenir que pour des forces ne dépassant pas 5 ou6 chevaux.

M. Leloup eut ou n’eut pas, avant M. Fèvre, l’idéede son système, qui est une modification importante dupremier. Bien qu’il prétende être le premier en date,pour les machines oscillant en dessous, toujours est-ilqu’il n’exécuta les siennes qu’en second.

Les machines deM. Leloup different essentiellementde celle de M. Fèvre, en ce que la rotule et la cuvettey ont été remplacées par un axe fixe, sur lequel oscilleun coussinet en fonte, faisant corps avec le fond du