Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

MAÇONNEHIE.

2 ch ,H, c’est-n-dire fournir 160 litres 1 /2 par seconde,tombant de 1 “, ou plus généralement, V étant sou débiten litres par seconde, et H sa chute en mètres, on doitavoir VH = 160,50.

Si la machine soufflante était à piston et à cylindrealésé en fonte, on aurait n = 0,50 et F = l' 5h ,07.

P. DEBETTE.

MAÇONNERIE. On désigne, en général, sous lenom de maçonnerie, toute construction dans laquelle lapierre entre comme élément principal. Ce mot signifieégalement l’art de mettre en oeuvre les matériaux : cettedouble acception lui est commune avec presque tous lesmots servant à désigner les arts mécaniques.

11 est à remarquer que, si les peuples modernes ontlaissé bien loin derrière eux les peuples anciens dansl’art des constructions en général, cette supérioritén’existe plus dans les travaux de maçonnerie. Les Grecset les Romains ont fait preuve d'uue habileté et d’unart consommés dans le choix et la mise en œuvre desmatériaux qu’ils employaient aux constructions d’ap-parat, et même à celles qui n’avaient d’uutre but quel’utilité. Sans porter nos explorations jusqu’en Italie ,ou les souvenirs des Romains se retrouvent a chaquepas, il nous suffira de citer eu France les arènes et laMaison carrée de Nîmes, le pont du Gard , les arènesd’Arles , etc. Ce n’est pas seulement par leur caractèrede grandeur et d’élégance que ces monuments doiventservir de modèles aux ingénieurs et aux architectes ; lechoix minutieux des matériaux, le soin avec lequel ilssont assemblés, nous offrent aussi le meilleur exempleà suivre.

La France abonde heureusement en matériaux pro-pres aux travaux de maçonnerie : en première ligne,il faut citer les granités de Cherbourg, de la Bretagne ,de l’Auvergne et de quelques localités du midi de laFrance . Ces matériaux, dont la durée est bien connue,présentent l'inconvénient d’être très difficiles à tailler,très lourds, et par suite d’un transport difficile et coû-teux; aussi ne sont-ils guère employés qu'à certainesparties des constructions exposées à des chocs et à unefatigue continuelle, telles que les bordures des trottoirs,les dallages, les bornes, les soubassements de certainsédifices, les piédestaux, etc. Certaines espèces de gra-nité sont susceptibles de recevoir un très beau poli,elles ont été employées comme pierres d’ornement dansl’antiquité, et notamment dans les colonnes des ancienstemples et des palais d’Egypte ; c’est aussi dans le gra-nité qu’étaient taillés les obélisques qui conservent en-core, après plus de 3000 ans, toute la vivacité de leursarêtes, comme on peut s’en convaincre en examinantcelui de Louqsor .

Après les granités, et dans l’ordre de durabilité,vienuent les calcaires des terrains secondaires et ceuxdes terrains tertiaires. Les premiers sont d’une duretéremarquable, et par suite très difficiles à tailler; mais,à cause même de cette dureté, ils conservent longtempsla vivacité de leurs arêtes, et sont par cela même trèspropres aux constructions d’un ordre très élevé.

Les calcaires des terrains tertiaires abondent enFrance , et fournissent aux constructeurs en grandeabondance le moellon et la pierre de taille. Moins dursque les calcaires des terrains secondaires, ils offrent ce-pendant une solidité et une résistance suffisantes pourêtre employés dans les grandes constructions. La villede Paris est entièrement bâtie avec des matériaux decette nature. Parmi les plus durs et les plus résistants,il faut citer la meulière, qui est d’un emploi généraiet souvent obligé dans les constructions les plus expo -sées à l’humidité, telles que les égouts, les fosses d’ai-sance , etc. ; la meulière résiste aussi très bien auxchocs ; c’est pour cela qu’elle a été employée exclusive-ment dans les fortifications de Paris . Dans quelques

MAÇONNERIE.

localités, et notamment dans les VoBges, on emploieaussi le grès comme pierre à bâtir; mais le grès a prèsque toujours le défaut d’être ou trop dur ou trop ten-dre. Dans le premier cas, il est d’une taille difficileet coûteuse ; dans le second, au contraire, il ne peutconserver la vivacité des arêtes. On trouve cependant,dans les Vosges , des couches de grès qui donnent unebonne pierre de taille, c’est celle qui a servi à la con-struction de la cathédrale de Strasbourg.

Dans le midi de la France , on emploie aux construc-tions la craie blanche qui, dans ccs contrées, jouitd'uue assez grande dureté.

Choix et mise en œuvre des matériaux. Il s’en fautde beaucoup que tous les matériaux provenant d’unemême carrière soient également propres à bâtir. Lesbancs supérieurs donnent, en général, des pierres beau-coup moins dures et moins résistantes qui ne doiventjamais être employées dans les parties apparentes desouvrages en maçounerie. En outre, les differents bancssont souvent séparés par des matières terreuses quiadhèrent plus ou moins aux matériaux de bonne qua-lité, et que l’on doit en séparer avec soin ; c’es. ce qu'onappelle ébousiner les moellons ou la pierre de taille.Certaines pierres qui paraissent très dures sont inca-pables de résister à l’action de la gelée, sous l’influencei de laquelle elles se fendent en tous sens. C'est surtoutdans le calcaire dur, qui abonde dans la vallée de htSeine , quo ce défaut se rencontre le plus.souventL’habitude de l’emploi de ces matériaux peut seulefaire connaître ceux qui sont défectueux ; cependant onpeut les distinguer, en général, en ce qu’ils offrentune teinte plus blanche, et qu’ils se fendent facilementsous l'action du marteau. On le9 désigne sous le nomde pierres gelives. Il arrive que des pierres d'une assezbonne nature deviennent gélives pour avoir éié em-ployées immédiatement après leur extraction de la car-rière. Il faut toujours laisser écouler quelques semainesentre cette opération et la mise eu œuvre des maté-riaux. Enfin, quelle que soit la nature plus ou moinsrésistante des pienvs que l’on emploie, il faut toujoursavoir le soin de les poser sur leur lit de carrière, sur-tout lorsqu’elles ont un poids considérable à suppor-ter : si l’on n’avait pas soin de suivre cette règle, oncompromettrait la sûreté des constructions que l’onéleve.

Certains travaux de maçonnerie sont entièrementexécutés en pierres de taille, c’est-à-dire en pierres d’unéchantillon assez fort, et dont les parties apparentesou parements sont taillées régulièrement suivant dessurfaces planes ou courbes : ce sont les constructionsde luxe, les monuments, les grands ouvrages d’art, telsque les grands ponts et viaducs situés dans le voisinageou dans l'intérieur des villes; mais ces constructionssont très coûteuses. Aussi, dans les travaux ordinaires,on emploie de préférence le moellon, c'est-à-dire unepierre de petite dimension, dont le parement est dresséavec beaucoup moins de soin. Cependant, dans les tra-vaux qui exigent une grande solidité, les angles, lescordons, les parapets, sont presque toujours en pierrede taille. C’est ainsi que sont bâtis, en général, les mursde clôture et de soutènement, les ponts et ponceauxpour routes, canaux et chemins de fer, la plupart desmaisons d’habitation et des grands établissements d’in-dustrie, les hôpitaux, magasius, etc.

Il ne suffit pas d’avoir à sa disposition de bons maté-riaux pour faire des constructions solides et durables ;il est indispensable aussi d’y employer des mortiersde bonne qualité et convenablement préparés. Nous ueferons pas ici la description complète des mortiers, quiseront l’objet d’un autre article ; nous nous borneronsà dire que la chaux et le sable qui les composent doi-vent être choisis avec beaucoup de soin. La chaux doitêtre bien éteinte, et présenter, après cette opération.