MAÇONNERIE.
une pute solide et parfaitement homogène ; on doitl'abriter du .contact de l’air jusqu’au moment où elle estmélangée avec le sable. Celui ci doit être entièrementpur de matières étrangères. Cette conditiou est toujoursmieux remplie.par le sable de rivière ; aussi est-il pré-féré. Cependant on trouve quelquefois du sable deplaine tout aussi pur, et qu’on peut employer sansinconvénient. Pour les constructions en pierre de taille,où les joints ont très peu d’épaisseur, on doit prendredu sable très fin : les proportions employées ordinaire-mont sont de 3 de sable et 4 de chaux. Dans les construc-tions hydrauliques, c’est-à-dire exposées au contact del’eau, on emploie, pour la fabrication des mortiers, de lachaux hydraulique naturelle ou artificielle qui a la fa-culté de durcir 30us l’eau, tandis que la chaux ordi-naire n’y acquiert jamais de consistance. La chauxhydraulique est donc toujours employée dans la con-struction des murs de quai, des piles et culées desponts, et souvent dans les voûtes des tunnels, lorsqu’ilstraversent des couches de terrain où s’infiltrent leseaux en plus ou moins grande quantité.
La solidité des ouvrages en raaçonuerie dépend natu-rellement des fondations sur lesquelles ils sont établis;cette première partie du travail doit donc être l’objetde toute l’attention de l’ingénieur et de l’architecte.Il est nécessaire de s’assurer avant tout de la nature dusol sur lequel on se propose de bâtir. Lorsque l’ouvrageque l’on veut construire est destiné à supporter ungrand poids, à résister à une poussée considérable, il estindispensable que la surface sur laquelle repose la pre-mière assise de maçonnerie soit incompressible, ou dumoins que la compressibilité soit assez peu considérableet assez uniforme pour que les tassements qui peuventen résulter, dans la maçonnerie, soient peu sensibles,et n'occasionnent pas de disjonctions dans les diversesparties du travail, de telle sorte que l’on n’ait à redouterni déchirements ni lézardes. Il arrive fréquemment que,après avoir poussé le creusement des fouilles des fon-dations jusqu'à plusieurs mètres de profondeur, on estloin d’avoir atteint un sol qui remplisse ces conditions. ,H est nécessaire alors, si l’on ne veut pousser les fouillesplus avant, de substituer à la résistance insuffisante dusol une résistance artificielle : pour cela, on a recoursau battage des pieux. On nomme pieux des pièces decharpente dont la longueur varie suivant les circon-stances, et d’un diamètre de 0"*,25 à 0^,40, taillés enpointe à leur extrémité inférieure, qui est revêtue d’unsabot en fer, tandis que leur bout supérieur est arméd’une frette ou cercle également en fer ; on enfonce cespieux dans le sol au moyen d’une machine nomméesonnette , et qui se trouve décrite nu mot choc . La frette,dont le bout supérieur des pieux est revêtu, a pour butd’empêcher qu’il# ne s’écrasent sous les coups répétésqu’ils reçoivent pour s’enfoncer dans le sol. Lorsque lespieux sont arrivés à une profondeur telle qu’ils ne s’en-foncent plus que de quelques millimètres pour dix coupssucces'ifs, ils sont considérés comme étant au repos;alors ou les recèpe, c’est-à-dire qu’on les coupe suivantun plan horizontal à leur partie supérieure; puis onétablit sur ces pieux un grillage en charpente, et c’estsur ce grillage qu’on établit la première assise desfondations, qui consiste ordinairement en pierres d’unfort échantillon nommées libages. Cette méthode estsouvent employée pour les travaux exécutés en lit derivière, pour les murs de quai, etc. Le plus souvent,lorsque les fouilles atteignent un bon sol sans qu’onsoit arrivé à une très grande profondeur, ou même,lorsque ce cas se présente, on remplit les fouilles jus-qu’à une hauteur voisine du sol avec du béton. Le bétonest un mélange de cailloux et de mortier fait à l’avanceavec beaucoup de soin. Nous ne décrirons pas ici lafabrication du béton dont il est question dans un autrearticle; nous dirons seulement qu’il doit être employé
aussitôt après la préparation. Tour cela, on le versedans la fouille des fondations par couches d’environque l’on a soin de pilonner avec soin, en laissantun intervalle de plusieurs heures entre chaque série detrois ou quatre couches successives. Il est bien entenduque, lorsqu’il s’agit de constructions exposées, mêmeaccidentellement, au contact de l’eau, le mortier qu'onemploie à la fabrication du béton doit être hydraulique.On peut, dans les localités où le caillou est rare, lemélanger avec une certaine quantité de fragments depierre. On emploie aussi fréquemment le béton pourfonder les piles et les culées des ponts construits sur lescours d’eau. (Voyez tont .)
Dans tout ouvrage de maçonnerie la face extérieureprend le nom de parement ; les murs de clôture ont doncdeux parements. Les parements s’exécutent avec plusou moins de soin, suivant la nature des travaux. Lors-qu’il s’agit de constructions importantes où l’on emploiela pierre d’appareil, cette pierre est taillée avec soin surla face extérieure et jusqu’à une certaine profondeursur ses deux faces latérales que l’on nomme faces dejoint et sur ses deux faces horizontales qui portent leuom de lits. Les pierres sont toujours disposées parrangées horizontales ou assises dont la hauteur variede U*,30 à à peu près. Les joints sont garnis
avec beaucoup de soin de mortier fait, comme nous l’a-vons dit, avec du sable très fin pour qu’il se répandeuniformément sur les deux surfaces qu’il est destiné àlier entre elles. Oç emploie pour le couler et l’étendreuniformément un outil nommé fiche (fig. 1491). Dans lamaçonnerie de pierre de taille les joints verticaux ne doi-vent pas avoir plus de 5 millim. d'épaisseur et les jointshorizontaux pas plus de 3 millimètres. Il faut avoirsoin de disposer les pierres de parement, de telle sorte
1491.
qu’elles se lient parfaitement avec le reste de la maçon-nerie, de manière que le tout forme une masse com-pacte; il suffit pour cela de varier la longueur de cha-que pierre dans le sens perpendiculaire au parement.
La maçonnerie qui existe derrière le parement s’exé-cute avec des matériaux de dimensions variables etqu'il est inutile de tailler; il suffit d’en détacher les*portions terreuses. On peut même pour cette partie destravaux utiliser les matériaux qui seraient susceptiblesde se fendre sous l’action de la gelée s’ils étaient em-ployés en parement.
Le plus souvent les parements des ouvrages de ma-çonnerie se font en moellons que l’on dispose aussi parassises réglées qui portent le nom de rangs et dont ontaille aussi la face, les joints et les lits. Mais ce travailne s’exécute pas, à beaucoup près, avec autant de soinque pour la pierre d’appareil; dans ce cas, en effet, lataille est faite par des ouvriers spéciaux et quelquefois,par l’habileté de l’exécution et la variété des formes,elle rentre presque dans le domaine de la sculpture ;pour le moellon, au contraire, il suffit de lui donner unesurface sensiblement plane ; les maçons n’emploientpour cela qu’un seul.outil nommé hachette 1492). Lemoellon ainsi préparé se nomme moellon piqué oumoellon essemillé. Le premier diffère du second en ceque sa face apparente et ses joints sont taillés avec au-tant de soin qu'en comporte la hachette, tandis que lemoellon essemillé est dressé grossièrement de manièreà obtenir des moellons de même hauteur pour un mêmerang. Les joints entre les moellons ont 1 ou 2 centime*